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Des couples égalitaires… en théorie

par La rédaction
Par David Goehring sur Flickr (CC BY 2.0)

Par David Goehring sur Flickr (CC BY 2.0)

Selon un sondage, 8 Français sur 10 pourraient « vivre dans un couple où c’est la femme qui travaille et l’homme qui s’occupe des enfants. » Dans la pratique, c’est une autre affaire…


 

Un partage égalitaire des rôles au sein du couple… sur le papier, cela semble possible. Selon un sondage sur « le couple en 2013 » réalisé par l’IFOP pour le magazine Femme Actuelle, « l’attachement à vivre dans une famille organisée selon le modèle bourgeois traditionnel – c’est-à-dire où la mère est inactive et où le père travaille à plein temps – est de moins en moins fort ».

Selon ce sondage, seuls 13% des Français estiment « gênant pour un homme que sa femme gagne plus d’argent que lui ». Ils étaient 37% en 2004.

De plus, les trois quarts des hommes (76%) et plus de huit femmes sur dix (83%) pourraient « probablement » ou « certainement », répondent-ils, « vivre dans un couple où c’est la femme qui travaille et l’homme qui s’occupe des enfants ».

L’égalité serait-elle en marche ? Prière de patienter, tout de même. Car ces belles déclarations d’intention ne se retrouvent pas dans les faits. Le modèle traditionnel de l’homme pourvoyeur de revenus reste bien ancré.

En 2007, selon une étude de la DREES, les enfants de moins de trois ans gardés à la maison l’étaient dans les deux tiers des cas par leur mère, et dans le tiers restant par les deux parents ou le père seul.

Selon les tous derniers chiffres de la CNAF, les pères ne représentaient en 2011 que 3,5% des bénéficiaires du congé parental. (Lire : Les pères restent réfractaires au congé parental). Et même lorsqu’ils le prennent, c’est en moyenne deux fois moins longtemps que la mère. « S’ils s’en démarquent, [les pères] ne rompent ainsi pas avec le modèle prescriptif de travail masculin : être pourvoyeur de revenu », soulignait alors cette étude.

Certes, « les hommes sont désormais plus investis dans l’éducation de leurs enfants, et ce, au quotidien. Ils consacraient 11 minutes par jour en moyenne à leurs enfants en 1999, contre 8 minutes en 1975. » C’est ce que relevait l’INSEE en 2011 (Lire : Travail, vie familiale : les opinions évoluent, les inégalités demeurent) tout en nuançant aussitôt ce constat. Car les femmes consacrent encore près de 4 fois plus de temps à leurs enfants : 38 minutes par jour en 1999, comme en 1975. » La même étude faisait part de cet autre constat : un quart des Français sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle « lorsque l’emploi est en crise, les hommes devraient être prioritaires sur les femmes pour trouver un emploi ».

 

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6 commentaires

Fajrino 12 février 2013 - 10:04

Le chiffre qu’il me manque à chaque fois dans ces études, c’est la durée du congé parental d’un père dans un couple où c’est lui qui gagne le moins, par rapport aux couples où le père gagne plus que la mère. La même chose avec les temps partiels choisis.
Parce que mon ressenti, c’est que le plus souvent c’est un critère économique qui fait décider de qui reste à la maison. On tente de perdre la portion du salaire la plus faible possible…
Ce qui renvoie ce déséquilibre au déséquilibre des salaires hommes/femmes.

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de profundis 12 février 2013 - 13:05

@Fajrino… oui, tout est lié. tant que les salaires ne sont pas égaux, à la maison c’est pareil

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Amenesh 12 février 2013 - 15:56

Le temps « consacré aux enfants » est-ce le temps nécessaire ou le temps global ?

Sinon, j’abonde dans le sens de fajrinole concernant le congé parental.
Vu la perte de revenu que celà engendre avec un plafond assez bas, autant que le salaire le plus bas soit sacrifié plutôt que le plus haut.
De fait, les différences dans le congé parental ont sans doute un lien réel avec les différences de salaires (globales et pas seulement celles dues à la discrimination en fonction du sexe)

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AAAA 13 février 2013 - 12:56

Qu’est ce qui empêche au couple que les hommes s’arrêtent ?
Evidemment, la précarité que suppose un seul revenu, et qui plus est, un revenu de femme…
L’urgence de la survie nuit au choix : la société impose aux femmes des petits salaires.

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asc 14 février 2013 - 15:11

« Et ton papa qu’est-ce qu’il fait? »
Notre fille de 5 ans répond « rien » en ayant l’air gêné. Je crois que c’est aussi à nous, « parents modernes » où les rôles sont inversés de créer ce discours de valorisation du parent au foyer, homme ou femme.

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Isa2 14 février 2013 - 21:09

Bonjour

J’ai vécu dans un couple de ce type : je travaillais, mon conjoint ne travaillait pas et s’occupait de notre fille parfaitement en lui donnant énormément d’amour…. mais c’est moi qui m’occupait de toutes les autres tâches ménagères et administratives car cet homme, comme beaucoup d’autres, se serait senti déshonoré de faire le ménage, les courses, les repas, le rangement, etc…
Je m’occupais aussi de toute l’intendance pour ma fille (inscriptions, gestion de la nounou, vêtements, etc…) pour les mêmes raisons.

Lorsque ma fille était à la crèche puis à l’école, son père ne faisait rien. Il s’ennuyait et il jouait sur internet.

Une fois l’addiction à internet installée, il s’est mis à jouer jour et nuit, m’empêchant de dormir. Ma santé s’est dégradée, celle de ma fille aussi. Nous avons développé de multiples allergies, générant notamment des asthmes et des insomnies.

Quand notre fille a eu 5 ans, du fond de mon trou, j’ai décidé que ma fille avait besoin d’une mère vivante et j’ai rassemblé mes dernières forces pour quitter son père. Lorsque j’ai obtenu sa garde, ma fille a eu très peur que je ne sache pas m’occuper d’elle ! J’ai réalisé qu’en plus de perdre la santé, j’avais failli perdre ma fille…

Cela fait 5 ans que j’ai quitté son père. Aujourd’hui, je travaille et je gère toute l’intendance sans problème. Tout est tellement plus simple. Ma fille est totalement guérie. Pour moi, c’est un peu plus long…
Ma fille est une petite fille heureuse et épanouie. Elle adore son père. Il s’est remis à travailler à temps partiel, ce qui a été très dur car il avait perdu toute structure. Mais il progresse et arrive maintenant à s’occuper d’elle un week end sur deux en plus de son travail.
Bien entendu, c’est moi qui paie tout…

« S’occuper des enfants » n’est pas tout. Le chemin jusqu’à la vraie égalité est beaucoup plus long…

Isa

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