Accueil Economie Coups de de semonce contre le plafond de verre

Coups de de semonce contre le plafond de verre

par Arnaud Bihel

Examen de la directive européenne sur les quotas, publication d’un classement en France : la place des femmes aux postes de décision des grandes entreprises sera au cœur de l’actualité de la semaine.


 

C’est une semaine placée sous le signe de l’égalité professionnelle. Au Parlement européen les comités Égalité des genres et Affaires juridiques donneront leur avis, lundi 14 octobre, sur le projet de directive difficilement imposé par la commissaire Viviane Reding à ses pairs un an plus tôt. Le texte fixe un quota de 40% de femmes, « devant être désignées en fonction de leur mérite », dans les Conseils d’administration (CA) des grandes sociétés européennes d’ici 2020, et dès 2018 pour les entreprises d’État (Voir : L’Europe dit oui aux quotas dans les CA).

Progrès significatifs dans le CA

La part de femmes siégeant dans les conseils des sociétés européennes cotées en bourse a atteint 15% en 2013. Un progrès porté par la pression réglementaire. C’est en effet dans les pays ayant déjà fixé de quotas, comme la France, la Belgique ou la Norvège, pionnière, que la féminisation des CA a le plus progressé.

En France s’ouvre ce lundi la première « semaine de l’égalité professionnelle », à l’initiative du ministère des Droits des femmes. Dans le pays, les femmes représentent désormais 28 % des administrateurs du CAC 40 (et 26% de celles des 120 principales entreprises cotées en bourse, le SBF 120). Elles n’étaient encore que 10% trois ans plus tôt, avant que la loi Copé-Zimmerman qui impose un seuil de 40% en 2017… et de 20% dès le 1er janvier 2014.

La France est ainsi le deuxième pays le plus vertueux d’Europe en la matière, après la Norvège. Et le ministère des Droits des femmes annonce la mise en place, à la fin du mois de novembre, d’une plateforme en ligne « permettant la mise en relation des candidates aux sièges d’administrateurs avec les décideurs. »

Prendre en compte les postes de direction exécutifs

Le ministère dévoilera par ailleurs jeudi 17 octobre, dans le cadre de cette semaine de l’égalité professionnelle, un classement des entreprises du SBF 120 en matière d’égalité hommes/femmes. Ce classement ne se réduira pas aux Conseils d’administration, car « féminiser les CA n’implique pas nécessairement une bonne représentation des femmes dans l’ensemble des instances dirigeantes », souligne le ministère.

Ce classement prendra ainsi en compte l’ensemble des postes de direction, dont les Comités exécutifs (COMEX) et de direction (CODIR). « Le vrai sujet pour la promotion de la diversité concerne la façon de favoriser l’accès à davantage de femmes à des postes de direction exécutifs », insistait en décembre le High Pay Center, un think tank britannique.

Car la loi française, pas plus que le projet de directive européenne, n’impose la féminisation de ces comités, qui sont les vraies instances de décision des entreprises. Et contrairement aux CA, elle n’a quasiment pas progressé depuis 2010 : 10% dans le CAC 40, 12% dans le SBF 120.

En début d’année, 43 des 100 plus grandes entreprises européennes disposaient d’un comité exécutif 100% masculin. En France, c’est encore le cas de 36% des acteurs du SBF 120.

 

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