Condamné en première instance pour menace de crime sur la journaliste et son enfant, il avait fait appel. Sa peine a été alourdie.
Mercredi 24 août, l’homme qui avait été condamné à cinq mois de prison avec sursis simple et 2.500 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral par le tribunal correctionnel de Rennes a, en appel, vu sa condamnation s’alourdir : cinq mois de prison avec sursis probatoire de trois ans, assortis d’une obligation de soins psychologiques, et 4.000 euros pour préjudice moral.
C’est lui qui avait fait appel de la décision sanctionnant des menaces contre la journaliste Nadia Daam et sa fille. Cette affaire était l’un des premiers procès pour cyberharcèlement sexuel et le coupable persistait à se croire dans son bon droit.
La journaliste Nadia Daam qui travaillait à Europe1 en 2017 avait été la cible d’un déferlement de haine et de menaces répétées de mort et de viol sur elle et sur sa fille. Dans une chronique, elle fustigeait les « trolls antiféministes » du forum Blabla 18-25 du site Jeuxvidéo.com édité par Webedia. Sa chronique portait sur le cyberharcèlement subi par les militant·e·s Elliot Lepers et Clara Gonzales, à l’origine d’un numéro de téléphone « anti-relous », un outil contre les harceleurs de rue.
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Ce cyberharcèlement avait poussé la journaliste à déménager et à inscrire sa fille dans un nouvel établissement scolaire. Elle vivait dans la peur, sa vie professionnelle avait également été chamboulée.
Le 20 mars 2019, alors qu’il était jugé en première instance par le tribunal correctionnel de Rennes pour « menace de crime contre les personnes matérialisée par écrit, image ou autre objet », le cyberharceleur, Charlie Vidal, avait été relaxé pour menace de mort mais déclaré coupable de menace de crime envers la fille de la victime avant de voir sa peine alourdie en 2022.
Il faudra sans doute encore beaucoup de condamnations sévères pour faire évoluer les mentalités. Devant la Cour d’appel le 13 juin dernier, le cyberharceleur de 31 ans, étudiant en philosophie, expliquait avoir exercé « un droit de réponse » et simplement usé d’une « figure littéraire » empruntée à Sade… Et son avocat n’exclut pas de former un pourvoi en Cassation…

