Décès de Doris Lessing, Nobel pour « expérience féminine »

par Isabelle Germain

Doris lessing 20060312Femme engagée, auteure d’une œuvre polymorphe, Doris Lessing aurait pu recevoir le Nobel pour de multiples raisons. Mais le jury n’en a souligné qu’une…


 

Doris Lessing, est décédée à son domicile londonien dimanche 17 novembre à l’âge de 94 ans. Et les hommages affluent, annonce The Guardian.

Qualifiée d’icône du féminisme et comparée à Simone de Beauvoir, manifestement à son corps défendant, Doris Lessing illustre l’incapacité des « grands hommes » à admettre que les femmes peuvent avoir une pensée universelle.

Auteure d’une cinquantaine d’ouvrages engagés et militants, ayant vécu notamment en Rhodésie du Sud, devenu Zimbabwe, elle a défendu les causes marxiste, anticolonialiste ou anti-apartheid. Le biographe Michael Holroyd, son ami, souligne sa contribution à la littérature « exceptionnellement riche et innovante ». Pour lui, « ses thèmes ont été universels et internationaux, des problèmes de l’Afrique postcoloniale à la politique ou à l’énergie nucléaire ».

Penser l’universel ou la singularité de la condition féminine…

Mais lorsque le Nobel de littérature lui a été attribué en 2007, ce dernier a couronné « la conteuse épique de l’expérience féminine qui, avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire, scrute une civilisation divisée ». Oubliés les autres thèmes de ses livres. Les « Nobel » n’ont vu que « l’expérience féminine »… Que serait « l’expérience masculine » ? Difficile à imaginer. L’homme pense l’universel, la femme pense la singularité de sa condition.

C’est Le Carnet d’or, écrit en 1962, qui a fait d’elle, involontairement, une icône du féminisme. Il raconte l’histoire d’une romancière Anna Wulf qui remplit des carnets de note de couleurs différentes : noir pour les souvenirs et le travail littéraire, rouge pour l’engagement politique, bleu pour la psychanalyse et l’introspection, jaune pour la fiction… pour donner le « carnet d’or ».

Doris Lessing n’a pas apprécié cette étiquette féministe. Elle pensait, ne pas être assez « politiquement correcte » pour le Nobel et s’en réjouissait même. Conter « l’expérience féminine » l’a faite rentrer dans le rang sans qu’elle le veuille… En 2001 au Festival du livre d’Edimbourg, elle s’en prenait aux féministes : « femmes devenues horribles avec les hommes ». Selon elle « après avoir fait une révolution, beaucoup de femmes se sont fourvoyées, n’ont en fait rien compris. Par dogmatisme. Par absence d’analyse historique. Par renoncement à la pensée. Par manque dramatique d’humour. »  Et elle a persisté lorsqu’elle a reçu le Nobel en 2007.

 

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23 commentaires

nelly 18 novembre 2013 - 15:04

Du coup, je ne comprends pas pourquoi tous les journaux aujourd’hui titrent sur « Doris Lessing, romancière féministe ». J’ai un peu de mal à saisir, surtout qu’elle-même rejetait cette « étiquette ». Je n’étais pas au courant de ses déclarations et je trouve que ça craint… Ca me déçoit beaucoup (bon ok, on se connait pas mais ça fout les boules ce genre de clichés éculés sur les féministes, surtout venant d’elle…).

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Aziza 18 novembre 2013 - 18:55

Le féminisme dans les pays anglo-saxon a été très différent du féminisme français ou italien.
Dans les années 70, certains groupes sont devenus assez violents, comme le SCUM (Society For Cutting Up Men) tout un programme.; certaines personnalités féministes ont fait des « happenings » assez spectaculaires, et pas toujours de bons gout; certaines féministes lesbiennes radicales ont affiché leur répulsion pour les hommes…Shulamith Firestone(Canada) a décrété que la grossesse était barbare, et fut la première à parler de bébés éprouvettes en 1974… Tout ce ci, bien sûr, n’est rien à côté de la violence machiste, mais ça peut agacer! Ce qu’elle dit n’a pas de rapport avec des clichés, mais probablement avec ce qu’elle a vu et entendu. Sans oublier les « repenties »(Germaine Greer) qui dans « A Mad Woman’s Undercloth » nous incitait à retourner faire des confitures , car le féminisme était une erreur… Oui, dur dur tout cela. Alors, ne jugez pas trop rapidement Mrs Lessing8

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Seb. 19 novembre 2013 - 09:43

Il y a aujourd’hui des manifestations du féminisme mainstream qui n’ont pas grand chose à envier aux exemples que vous citez, qui considèrent par exemple que tout coït est nécessairement un viol. Il y a également dans le féminisme mainstream une forme de sectarisme et d’hermétisme à la contradiction qui fait obstacle à toute mise en perspective.

Lorsque Doris Lessing reproche aux féministes leur manque de sens historique, je la rejoints totalement. Ponctuellement, le féminisme a permis de mieux appréhender certaines situations de l’histoire, et de repenser à certains égard sa représentation, mais ensuite ces analyses qui peuvent être à la base pertinent perdent tout intérêt historique à force d’être montée en épingle, en se contentant de transposer les attentes d’une société contemporaine pour juger du statut des femmes dans une perspective historique.

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nelly 19 novembre 2013 - 11:26

Okay merci de m’avoir restitué le contexte, que je ne connaissais pas. Bien sûr je ne la juge pas, j’ai juste été un peu choquée de voir que tout le monde titrait sur le féminisme de Lessing alors qu’elle même rejetait cette appréciation… En tout cas quand elle dit en 2001 : «J’aimerais que l’on me dise qui sont ces femmes qui n’arrêtent pas de déprécier les hommes. Des femmes stupides, ignorantes et méchantes s’attaquent aux hommes les plus intelligents et les plus gentils qui soient, et personne ne lève le petit doigt. Les hommes ont désormais tellement l’air de chiens battus qu’ils ne répliquent même pas. Il serait temps qu’ils contre-attaquent » concrètement ça pue du bec non ? (Ok, là je juge).

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Seb. 19 novembre 2013 - 11:51

« nelly »
En tout cas quand elle dit en 2001 : «J’aimerais que l’on me dise qui sont ces femmes qui n’arrêtent pas de déprécier les hommes. Des femmes stupides, ignorantes et méchantes s’attaquent aux hommes les plus intelligents et les plus gentils qui soient, et personne ne lève le petit doigt. Les hommes ont désormais tellement l’air de chiens battus qu’ils ne répliquent même pas. Il serait temps qu’ils contre-attaquent » concrètement ça pue du bec non ? (Ok, là je juge).

C’est excessif mais il y a un fond de vérité. J’en fais l’expérience régulièrement, les hommes n’ont pas le droit à la contradiction dans les espaces féministes sans qu’on les mette en cause personnellement. Il y a souvent des réactions excessives de mouvements féministes à des propos masculins qui ne sont pas nécessaires sexistes, mais qui pourraient l’être. Donc il y a nécessairement un bridage de la parole masculine en anticipation de ces éventuelles réactions. En revanche, aucune réaction féministe, si ce n’est pour minimiser, lorsque Aubry commente le physique de Hamon ou lorsque une parlementaire qui en plus a été la présidente de la Halde, demande à Montebourg s’il est célibataire. Aucun homme politique ne s’autoriserait de tels commentaires à l’égard de leurs homologues féminin.

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Lène 19 novembre 2013 - 12:32

« Seb. »
(…), demande à Montebourg s’il est célibataire. Aucun homme politique ne s’autoriserait de tels commentaires à l’égard de leurs homologues féminin.

Vous vous moquez du monde. Je ne me prononcerai pas sur la première partie de votre commentaire. Mais cette dernière assertion est effarante de mauvaise foi. Je vous conseille la lecture d’un excellent site d’information qui vous ouvrira peut-être les yeux à ce sujet: les Nouvelles News. Dénigrement, remarques et propos déplacés (y compris à l’Assemblée Nationale) envers les femmes politiques par leurs homologues masculins sont monnaie courante.

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Seb. 19 novembre 2013 - 13:10

Justement, il y a deux poids, deux mesures. Il est notoire que dans l’hémicycle les insultes fusent de toute part. Ce n’est probablement pas digne d’un débat démocratique, mais c’est hélas ainsi. Les insultes sont adressées aux hommes comme aux femmes, par des hommes comme par des femmes. Cela ne fait un sujet que lorsque l’auteur de l’insulte est un homme et que l’insulte est adressée à une femme.

Il y a eu deux épisodes. Le premier est particulièrement significatif puisqu’il s’agissait d’une parlementaire qui était en difficulté dans la mesure où elle n’avait pas réussi à mobiliser la majorité à laquelle elle appartenait sur son texte. Un parlementaire du camp adverse lui fait signe de se taire de la main, ce qui effectivement n’est pas de très bon goût mais qui est hélas pas vraiment exceptionnel dans ce cadre, et la parlementaire en question l’interpelle à son tour en le traitant de « beauf misogyne ». Je ne vois pas vraiment le lien entre le signe de se taire et le sexisme, et il n’est pas non plus interdit de s’interroger sur la hiérarchie entre fait de faire signe à quelqu’un de se taire et celui de traiter une personne de beauf misogyne. En tout cas on est clairement dans une instrumentalisation de la question féministe à des fins politiciennes, ou comment transformer un échec en succès. La parlementaire n’est pas dupe, elle sait qu’elle est filmée, et que si elle parle de sexisme le trucs va être repris, que les sites féministes vont le reprendre, et que ca va faire le buzz.

En revanche, il n’est pas imaginable qu’un homme politique demande une femme politique, posément devant caméra, dans une émission de télé, si elle est célibataire. Au surplus, la personne qui avait posé cette question à Montebourg avait été à la tête d’une institution chargée de lutter contre les discriminations, ce qui est un comble. Je n’ai pas vu cette question traitée par un site féministe.

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taranis 19 novembre 2013 - 14:01

Cette phrase « le coït est une punition » est simplement dite par un personnage dans le roman féministe Ice and fire. Le personnage paraphrase Franz Kafka Quant au point de vue des « pseudo féministes » qui pensent que Les femmes sont supérieures aux hommes c’est a l opposé du principe d’égalité des sexes .Doris Lessing disait : « j’aime trop les hommes pour les combattre » Je pense de même car nous ne combattons pas les hommes mais la prééminence de la masculinité et que ceux qui s’activent à maintenir un système dominants/dominées :« Quel homme peut se vanter de n’avoir jamais fait l’objet de ridicule, de critique, de discrimination ou de rejet parce qu’il est un homme ? Depuis l’avènement du mouvement féministe, on constate que les attaques contre les hommes se sont multipliées Pour les féministes, l’homme représente l’ennemi à abattre ou l’animal à dresser. » voila ce qu ils disent pour demontrer que l’égalité entre les femmes et les hommes porte préjudice aux hommes. Doris L était de cette génération de femmes qui n’aimaient pas se dire féministes alors que toute leur vie était un hommage constat au combat des femmes pour leurs droits. Pour autant, l’auteure ne mâcha pas ses mots, dans les années 2000, vis-à-vis des féministes, jugeant « qu’elles n’ont rien compris ». Sans doute elle même n’avait pas trop compris ce que signifiait le féminisme. Lors d’un entretien qui remonte à 2007, l’année où elle reçut le Nobel, elle jugeait ainsi le mouvement des femmes : « Je n’ai jamais rencontré dans ma vie une femme qui n’était pas féministe. Cela ne veut pas dire que je soutiens la vague féministe actuelle que je trouve assez déprimante. » Sans doute ce rejet venait-il de son marxisme.

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Seb. 19 novembre 2013 - 15:07

J’ai lu la théorie de l’assimilation du coït au viol développé sur un certain nombre de sites féministes français, et également de mémoire sur Sisyphe. Il n’y a jamais d’article sur les sites féministes pour condamner les franges les plus radicales et leurs discours. Je ne vois pas ce qu’il y aurait d’indécent à condamner un discours qui sous prétexte de féminisme s’autorise le pire. Il y a un silence suspect, une prise de position et une condamnation claire permettrait de lever un doute et surtout de dire aux extrémistes de tout poil, nous ne vous soutenons pas. Peut être que ca les calmerait car les seuls qui leur oppose une contradiction ont souvent un zizi, et visiblement ca leur pose un problème.

Les Femens font moins l’actualité. Elles ont perdu certains de leur soutien, dont un emblématique en la personne d’Amina. Il y a eu assez peu de condamnation de ce mouvement. Certaines féministes ne sont désolidarisées publiquement mais d’une manière si modérée qu’elles semblaient s’en excuser. Les Femens ont été longtemps soutenu sans modération. Sur leur site, il y avait en bandeau la photo d’une femme tenant une serpe sanguinolente dans une main et des testicules dans l’autre. On a reproché à ceux qui réagissaient sur cette photo de manquer d’humour, sauf que se reproche était adressé par des personnes qui ont pris l’habitude de sur-réagir lorsqu’un propos visant des femmes pourrait éventuellement être interprété de manière sexiste, donc c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

(à suivre …)

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Seb. 19 novembre 2013 - 15:09

Le soutien au femen était d’autant plus incompréhensible, que passé les slogans et la provocation, il y avait un vide sidéral. Elles ont quitté leur pays car en solidarité aux Pussy Riot, elles ont scié une croix commémorative des victimes du stalinisme. C’est quoi le rapport ? On peut regretter les méthodes policières en Ukraine, ne pas être croyant, et considérer que cette croix représentait peut être quelque chose pour ceux dont un membre de la famille a été victime du communiste de l’URSS. On peut mettre au crédit des Femens un courage physique mais il faut aussi du courage pour courir de nuit, les yeux bandés sur l’autoroute, mais on ne voit pas bien à quoi ca sert. Pourtant il y a un côté Punk chez les Femens qui me fait bien marrer, mais les Punks n’ont pas la prétention de servir de modèle, et ne donne pas de leçon.

Il ne sert à rien d’affirmer qu’on ne combat pas les hommes lorsque l’on ne les traite pas à égalité.

Ici http://www.lesnouvellesnews.fr/les-oeuvres-males-de-la-fiac lorsqu’une participante écrit : « j’ai choisi d’essayer dans ma vie de toujours observer le comportement des hommes et de critiquer celui-ci. Je pense que critiquer le comportement des femmes est contre productif (non pas qu’il n’y ai rien à critiquer). Ils nous poussent (les hommes) à nous critiquer entre nous ce qui leur permet d’être tranquille. Une fois que tous les mauvais comportements masculins auront été éradiqués (il est permis de rêver) je m’occuperai de critiquer les mauvais comportements féminins. (…) Je m’évertue à avoir une vision gynocentrée tant que faire se peut ».
Personne ne lui tombe dessus, de mon point de vue ca vaut ce qu’écrit Eric.

(à suivre… )

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Seb. 19 novembre 2013 - 15:10

Peut être que son rejet venait aussi de son humanisme, et qu’il est difficile de se revendiquer d’un mouvement qui malgré certaines de ses bonnes intentions, se retrouve souvent dans des postures plus caricaturales que celles qu’il dénonce. Peut être aussi que son rejet venait du fait que c’était une intellectuelle et qu’à ce titre elle aimait la liberté d’expression, et croyait à la contradiction.

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taranis 19 novembre 2013 - 16:02

OK SEB ,je prends très bien vos critiques, mais la forme ne fait pas le fond et trop souvent des anecdotes certes justes vous servent de prétexte a l’amalgame Mais n’est ce pas vous qu’il m’avez dit que le Féminisme n’existe pas mais qu’il y avez toutes sortes de féminismes du bon à l’exécrable. Sa force, réelle – dans l’extrême diversité de ses modalités d’expression, et sans doute, plus encore, du fait des silences étouffés de toutes les femmes – est très massivement sous-estimée. Il n’en est que plus craint. L’abstraction des débats pour penser le féminisme (au pluriel) : autant d’écrans empêchant de voir, de lire, de comprendre et donc d’analyser et de critiquer le réel patriarcal. La censure, l’étouffement, la déformation auxquels la pensée féministe est confrontée révèlent aussi l’impossibilité morale, historique, théorique, politique de contester le principe même du féminisme. Analyser cette impossibilité et en tirer les conséquences : les silences, généralement présentés et vécus comme relevant du mépris, sont aussi impuissance à la critique. Plus les féministes – du moins celles qui sont gênantes et méritent ce qualificatif – sont contraintes au silence, plus le discours féministe est censé être obsédant. La plus petite timide remarque faite par une femme dans un océan de déni et des femmes et du féminisme est si souvent suivie par : « Ah non, pas encore le féminisme ! »

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taranis 19 novembre 2013 - 16:03

Aucune analyse critique n’est pensable dans le cadre des concepts forgés par les personnes, les idées, les intérêts, la pensée du monde que l’on combat. L’emploi d’un seul d’entre eux suffit à interdire la justesse d’un raisonnement. Or, si l’on admet que toute la pensée est patriarcale et que la pensée féministe n’a que fort peu déstabilisé les normes dominantes, force nous est de reconnaître que, la plupart du temps, nous n’avons en notre possession que des outils intellectuels inappropriés à une critique féministe. Le féminisme dit « Radical » est devenu en quelques années, par on ne sait quelle opération du Saint Esprit, synonyme de « conformiste » et « réactionnaire »… sauf si, après s’être ainsi auto-qualifié, il affirme justifier le proxénétisme, la pornographie, les films X et tutti quanti. Que les choses soient claires : nous sommes à mille lieux en deçà d’une critique radicale du patriarcat. Et à la genèse de son analyse. Ce n’est pas moi qui « suis » féministe, c’est le monde qui « est » patriarcal : affirmer cela interdit toute justification et place la réflexion là où elle doit se situer.

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Seb. 19 novembre 2013 - 16:24

Aussi anecdotiques que puisse paraître mes exemples, ils illustrent des phénomènes systématiques. Il y a un certain nombre de féministes qui en off ont un discours très critiques sur la manière dont s’expriment aujourd’hui le féminisme mainstream, mais se refusent à le condamner publiquement. Les seuls qui assument publiquement cette critique sont des réactionnaires. Donc entre deux caricatures, il n’y a plus rien, le vide.

A termes cela ne peut que générer de plus en plus de clivages, et un renforcement des extrêmes, dont font partie les masculinistes.

Il faut admettre que des hommes aient dire sur ces questions, sans que cela soit nécessairement identique à ce qui a pu être dit jusqu’à présent. A défaut, le seul recours de ceux qui voudront aborder ces questions ce sera le masculinisme. J’ai déjà eu des débats avec ceux-ci, pour l’instant il n’y a pas grand chose à en tirer c’est effectivement généralement assez sordide, il n’est pas dit pour autant qu’émerge des formes de masculinismes plus modérés. Reste que je suis philosophiquement opposé à l’idée d’un mouvement qui ne se préoccuperait que de la défense d’un sexe, car in fine il ne peut difficilement le faire sans s’opposer à l’autre sexe. Il y a quelque chose de très de régressif dans cette démarche, et un nombrilisme dans lequel je ne me retrouve pas.

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taranis 20 novembre 2013 - 13:32

Vous citez des faits marginaux au regard de la moitié de l’humanité. Votre vision accusatrice ciblant uniquement les désordres de méthodes,Vos embrouilles obsessionnelles dogmatiques voir morales ne discréditent pas et encore moins ne diabolisent l’action générale vers une mixité humaine c’est celle qui intéresse la majorité entre noues Vos critiques sont peut-être la réalité, mais ce qui n’est pas normal c’est notre situation actuelle Notre effort partagé pour construire quelque chose de meilleur n’est jamais naïf, ce n’est jamais un échec. Parce que s’accrocher à l’espoir est toujours un gage de succès. Cet espoir a bâti le legs de services qui existent aujourd’hui pour les femmes, les enfants et les hommes victimes de violences et d’intimidation. Les Feministes ont fait transformer les lois, écrire de nouvelles, inspirer des cœurs et des esprits et sauver des vies. Notre travail est maintenant de protéger ces gains, parce que grâce à nos sœurs qui nous ont précédées, nous avons quelque chose à perdre, et il nous reste à gagner une des plus anciennes révolutions de la terre.

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taranis 20 novembre 2013 - 13:35

Votre théorie de l’assimilation du coït au viol est encore une manipulation de votre courant de pensée, Nous luttons simplement pour inventer une sexualité de plaisir, basée sur nos organes sexuels : clitoris et nymphes. La lubrification est une réaction physiologique au risque d’abrasion et de lésion, donc loin de prouver qu’il faille pratiquer la pénétration compulsive, elle prouve qu’il faut procréer de manière moins brutale et moins profonde. Qualifier cette réaction « d’éjaculation », comme qualifier le clitoris de « petit pénis qui peut bander », sont autant de réquisitions viriles de notre anatomie pour noues faire croire, avec Gallien, que le sexe féminin est un organe en miroir du sexe masculin, le fourreau « fait pour » l’épée.

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taranis 20 novembre 2013 - 13:37

Quant à l’existence des Femen . Mais dans quel monde vit-on ? Il faudrait les damnées pour insoumission …Elles qui risquent le viol et la mort, qui n ont d’arme que d’exposer le corps qui appartiendrait qu’ à la société ! Elles manifestent contre le harcèlement sexuel, contre la misogynie de l’Église, contre l’islamisme, contre le fascisme, contre la corruption… Y a-t-il un seul de ces combats qui soit indigne ?… » leur manière de manifester serait contre-productive… c’est de la provocation. C’est trop violent… Il faudrait surtout qu’elles rangent leurs seins, ce symbole ultra-violent ! Arrêtons de chipoter. Elles luttent contre les violences faites aux femmes par des moyens non violents. Elles se trompent de cible ? Vu les réactions des cibles, on se rend compte qu’elles voient juste.Maintenant que cela soit utile , je ne pense pas non plus. Mais les medias sont tenus par les hommes et leur marketing reste efficace. Et dernière chose ce n’est pas le féminisme qui est responsable du clivage des sexes mais ceux qui hiérarchisent l’être humain en «sexe fort» et «sexe faible» Inverser la pensée féministe pour l’utiliser contre noues n’a rien de pro-féministe. Quant toutes les critiques de n’importe quel article publié sur ce site va de le même sens cela n’a rien d’une opinion modérée mais c’est bien une prise de position i rédhibitoire

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Seb. 21 novembre 2013 - 07:26

C’est le propre du droit que d’évoluer pour s’adapter à la société qui elle aussi évolue constamment, même si droit est nécessairement toujours un peu conservateur, pas nécessairement dans le sens moral ou moralisateur du terme, mais parce qu’il est le garant d’une forme de stabilité, de prévisibilité, sans quoi il perd tout objet. Il y a quelques milliers d’années, la loi du talion « œil pour œil, dent pour dent » que l’on invoque aujourd’hui pour dénoncer une approche de la justice archaïque et vengeresse, était un progrès en ce qu’elle introduisait le concept de proportionnalité là où auparavant il était concevable de tuer pour un vol.

Je ne diabolise en rien une quelconque action générale vers la mixité, je la réclame pleine et entière, dans toute sa dimension. Je veux un féminisme mixte, et lorsque je parle de mixité cela implique la possibilité pour tout le monde, quelque soit son sexe d’exprimer son expérience de genre dans sa spécificité.

Lorsque vous écrivez « notre travail est de protéger ces gain », je regrette cette vision, d’ailleurs très répandue, patrimoniale du féminisme. Ces gains ces acquis doivent être partagés. Le féminisme ne doit pas être un capital à opposer aux hommes, sans quoi ce genre d’initiatives (…) va se multiplier. Avec cette approche, il y aura nécessairement une moitié de l’humanité qui ne voudra pas investir sur le féminisme et qui sera de plus en plus tenté d’investir dans des initiatives concurrentes. Et je n’ai pas de consigne à donner aux gens sur la manière dont ils doivent pratiquer ou ne pas pratiquer leur sexualité, avec ou sans pénétration, que cette dernière soit d’ailleurs compulsive, profonde ou brutale. Tout le monde n’aime pas la même chose.

(à suivre…)

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Seb. 21 novembre 2013 - 07:29

Le féminisme ne doit pas être un capital à opposer aux hommes, sans quoi ce genre d’initiatives (http://www.lesnouvellesnews.fr/journee-internationale-des-hommes-a-t-elle-un-sens) va se multiplier.

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Seb. 21 novembre 2013 - 07:29

Ce n’est pas moi qui ai inventé la théorie de l’assimilation du coït au viol, tapez « coït viol » dans google vous verrez. Je n’ai pas parlé « d’éjaculation » ou assimilé le clitoris à un petit pénis.

Je ne vois pas en quoi il serait un problème à évoquer des difficultés quand à la méthode, d’autant lorsque celle-ci a un impact direct sur le fond et le contenu.

Effectivement, les femens font preuve d’un certain courage, mais à quelle fin ? Une personne peut courir les yeux de nuit, les yeux bandés sur l’autoroute pour protester contre la peine de mort, y aura-t-il moins d’exécution pour autant ? C’est quoi le lien entre les Pussy Riot et le fait de tronçonner une croix en mémoire des victimes du stalinisme ? Pourquoi pas profaner un cimetière pendant qu’on y est. On peut penser que la religion c’est de la merde, mais il faut tout de même un certain mépris d’autrui pour décider de raser un monument dans lequel il est évident que certaines personnes ont investi un affect. Il y a des tas d’hommes et de femmes qui ont lutté avec courage dans des pays totalitaire, et qui ont réussi à le faire sans cracher à la figure de gens qui ne leur avaient rien fait et qui n’avaient rien à voir avec cette revendication mal dégrossie. La réaction des autorités ukrainiennes est elle aussi condamnable, mais il n’est pas interdit d’avoir des nuances dans ses analyses.
Qu’est ce qui va rester des Femens si ce n’est l’image d’hystériques à moitié à poil, et convaincues de détenir à elles seules la vérité ? Les Femens c’est tout de même l’apothéose du narcissisme et du nombrilisme.

(à suivre…)

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taranis 22 novembre 2013 - 14:38

Je sais bien que vous n’avez a inventez la théorie du coït/viol puisque c’est moi qui l’aie prise a mon compte Mais vous êtes totalement égaré sur son sens qui est symbolique. Si je suis d’accord avec vous que le rapport sexuel accompli est que chaque partenaire y trouve son compte, Je vous explique que la sexualité féminine est culturellement soumise au plaisir de l’homme par le culte la virilité que beaucoup assimile à la brutalité Nous retrouvons ces inégalités dans le mariage, l’excision, le viol la prostitution Le Marquis de Sade ne disait pas mieux : « J’ai le droit de jouir de ton corps, dirai-je à qui me plaît, et ce droit, je l’exercerai, sans qu’aucune limite m’arrête dans le caprice des exactions que j’aie le goût d’y assouvir ». La société actuelle s’apparente de plus en plus à l’utopie sexuelle de Sade qui a entrevu le règne sur les individus d’un mode de production basé sur l’objectivation marchande généralisée dans lequel « le corps de l’opprimé ne lui appartient pas », il est un « objet de plaisir ». Et si l’opprimé ne s’appartient pas, « il n’est pas jusqu’au plaisir que son oppresseur ne prétende exiger de lui12 ». Le monde capitaliste exalte le plaisir tout en effaçant le désir féminin, célèbre l’autonomie individuelle tout en réduisant les relations interpersonnelles à des échanges marchands. Dans le cadre d’une telle société, où la « liberté sexuelle […] devient une valeur marchande et un élément des mœurs sociales », le plaisir « engendre la soumission ». Toutes les lois féministes ont été votées par des assemblées masculine, le féminisme est bien l’égalité des sexes, c’est donc un compromis, il n’existe pas d’intérêt purement féminin même dans la contraception et l’avortement puisque un enfant se fait à deux et j’adhère tout à fait a votre vision de la mixité harmonieuse

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taranis 22 novembre 2013 - 14:41

Quant aux Femens je les critique pour leur ligne politique, mais ce n’est pas un jugement moral sur les « choix individuels » des personnes mais la dénonciation des méthodes des agresseurs, qui impriment leurs idéologies haineuses dans nos consciences par un tas de moyens complexes, pour mieux maintenir leur emprise sur nous. si les journalistes parlent de la lutte des femmes, c’est pour que les hommes puissent se masturber dessus – une des stratégies antiféministes les plus utilisées actuellement pour humilier notre mouvement et nous déshumaniser publiquement. Nous sommes donc aussi d’accord sur l’extrémisme qui s’autoalimente…

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Seb. 23 novembre 2013 - 09:39

Plus généralement, mon propos était surtout de mettre en perspective une tendance gynocentriste du féminisme notamment lorsque :

– il ne dénonce pas certaines manifestations condamnables du féminisme, tant sur le fond que sur la méthodologie ;

– il rejette en son sein tout parole masculine autonome ;

– il dénonce, ou met en doute, toute appropriation autonome par des hommes des problématiques liées à leur expérience de genre.

Sur les deux derniers points, ce sera nécessairement l’un ou l’autre. Pour ma part, je préfère le premier au second, je m’en suis déjà expliqué. J’ai été notamment assez surpris des réactions du féminisme institutionnel notamment sur le fait d’obliger les juges à se prononcer sur sur la question de la garde alternée, ou celui imposant aux parents divorcé qui ont obtenu la garde d’avertir l’autre parents en cas de déménagement. Je suis généralement assez surpris de ce qui est modéré et de ce qui ne l’est pas sur les sites du féminisme institutionnel.

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