Entre injonctions sexistes au sourire et répartition très genrée du pouvoir à l’Assemblée nationale, les députées Ayda Hadizadeh et Gabrielle Cathala ont dénoncé le patriarcat parlementaire.
Lors de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la protection des enfants, le 30 juin à l’Assemblée nationale, la députée socialiste Ayda Hadizadeh a relevé que les prises de parole étaient très majoritairement assurées par des femmes. Un seul homme est intervenu. En revanche, a-t-elle souligné, « dans la salle d’à côté », où siégeait la commission des finances, « ce sont principalement des hommes qui s’occupent du budget ».
Conclusion : « Un message à nous-mêmes, mesdames : il faut aller dans la salle d’à côté, il faut prendre le pouvoir… Parce qu’on ne peut pas ici réclamer des moyens qu’on nous refuse à côté. »
Sur Instagram elle écrit : « Définition des violences faites aux femmes et aux enfants : un problème causé par les hommes, que les femmes essayent de réparer sans plus de moyens car pas la priorité des hommes »
Un constat validé par les chiffres : le sommet de la commission des finances est un boy’s club : président, rapporteur, vice-présidents sont tous des hommes. Puis, sur 3 secrétaires, une seule femme. Et, parmi les membres 18 femmes et 45 hommes. Autrement dit 51 hommes et 19 femmes.
« Ces hordes de Brad Pitt »
Le lendemain, lors des questions au gouvernement, la députée LFI Gabrielle Cathala a demandé à faire un rappel au règlement. Elle a repris les propos de son collègue Ensemble pour la République, Sébastien Huyghe qui, faute d’arguments sur le fond, s’était permis une remarque sexiste assurant qu’une autre députée disait « les choses avec le sourire ». La députée précise que les sujets ne prêtaient pas à sourire : violences sexuelles et délabrement de la justice… Alors que Gabrielle Cathala tentait d’expliquer que ce genre d’injonction sexiste était à bannir, des remous se sont fait entendre sur les bancs de l’assemblée. « N’en déplaise à ces messieurs, la horde de Brad Pitt assise en face sur ces bancs, les femmes ne sont » pas obligées de sourire. »
Ajout le 2 juillet : En Allemagne aussi !
Un échange tendu au Bundestag fait le tour des réseaux sociaux. Interrompue par un député de l’AfD alors qu’elle parlait des violences faites aux femmes, la députée de gauche Kathi Gebel a répliqué : « Le clitoris a 3 000 terminaisons nerveuses, et pourtant c’est vous qui êtes le plus sensible. » La séquence a suscité de nombreuses réactions. Par la suite, la députée a précisé s’être trompée sur le chiffre : selon des recherches plus récentes, le clitoris compterait plus de 10.000 fibres nerveuses. «Je dois présenter mes excuses, car j’ai récemment raconté des bêtises au Bundestag. Le clitoris ne compte pas 3 000 terminaisons nerveuses. Il en compte 10 000. »
Elle explique ensuite que cette confusion est compréhensible, étant donné que le corps et la santé des femmes ont longtemps été négligés par la recherche. Elle ajoute également qu’elle ne cherchait pas à comparer Martin Reichardt à une vulve, car la vulve est forte et résistante — alors que, selon elle, lui ne l’est pas.
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