Accueil MédiasBruits et chuchotements Des débats entre hommes pour les élections départementales et régionales

Des débats entre hommes pour les élections départementales et régionales

par Isabelle Germain

Parité invisible dans l’espace médiatique régional, alors que la loi impose autant de candidates que de candidats. Retour sur une évolution douloureuse.

A quelques jours des élections départementales et régionales, les débats télévisés vont bon train partout en France. Mais les femmes n’encombrent pas trop les plateaux des chaînes de télévision régionales.

Pourtant, pour la deuxième fois de leur histoire, les élections des conseillers départementaux suivront un mode de scrutin binominal paritaire : « Les électeurs de chaque canton du département élisent au conseil départemental deux membres de sexe différent, qui se présentent en binôme » dit la loi votée, dans la douleur, le 17 avril 2013 (lire : La parité dans les départements en 2015). Une loi qui avait même dû être validée par le Conseil Constitutionnel (Lire : Feu vert à la parité dans les départements et les conseils municipaux). Cette loi a fini par passer mais les résistances à la parité demeurent.

En 2015, autant de femmes que d’hommes ont été élu.es dans les départements mais pour les présidences, ce fut une autre affaire. Le nombre de présidentes de départements est passé de 6 à 10 sur 101 départements (lire : Tout juste 10 présidentes de départements).

Et, en 2021, la parité n’a toujours pas gagné la vie politique française. Si les têtes de liste sont constituées de binômes, sur les plateaux télé, ce sont, le plus souvent, des hommes qui s’expriment. Beaucoup s’en indignent sur les réseaux sociaux comme notre confrère co-rédacteur en chef du magazine Femme d’ici et ailleurs, Pierre-Yves Ginet. Il a publié sur linkedIn une photo du débat entre les candidats de Seine-Saint-Denis sur France 3 avec ce commentaire ironique: « Mais quand il s’agit de prendre la parole, de montrer qui est le vrai boss de la liste, qui est au pouvoir…. »

Et l’exemple de Seine-Saint-Denis n’est pas une exception. On retrouve des débats 100% masculins en Charente ou dans les Ardennes et dans bien d’autres départements. Et pour les élections régionales, même si le mode de scrutin est un peu différent, les prises de parole sont souvent masculines. Bien sûr, davantage de femmes sont visibles avec notamment, en Île-de-France des têtes de liste comme Valérie Pécresse, Audrey Pulvar ou Clémentine Autain ou encore, en Occitanie, Carole Delga. Mais il y a encore des plateaux 100 % masculins comme cet étrange débat de France 3 Centre-Val de Loire qui réunit cinq hommes. La chaîne précise que « deux candidates ont été interviewées en amont pour défendre leurs idées, interviews diffusées lors du débat. » Et il s’agit de Christelle de Crémiers, vice-présidente, candidate de la liste citoyenne Démocratie EcoLogique. Farida Megdoud, enseignante, militante et candidate Lutte Ouvrière. En Corse, France3 a organisé deux débats pour faire participer les 12 têtes de liste : le premier réunissait six hommes, le second cinq hommes et une femme. Le plus souvent, quand les femmes sont têtes de liste, c’est pour des partis jeunes ou peu connus. Pour les élections régionales, les têtes de liste des 13 régions de France métropolitaine se répartissent ainsi : 48 hommes et 19 femmes.

 

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