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Des quotas de réalisatrices et des mesures contre le harcèlement

par La rédaction
Cannes 2018, mobilisation di collectif 50/50

Cannes 2018, mobilisation initiée par le collectif 50/50

Plusieurs mesures ont été annoncées contre le harcèlement et la discrimination au cinéma et dans l’audiovisuel. La directrice de France Télévisions prévoit des quotas de réalisatrices.

Lors des 2èmes Assises pour la parité, l’égalité et la diversité,  co-organisées par le Centre national du cinéma (CNC) et le collectif 50/50 le 14 novembre, plusieurs organisations ont ratifié une charte pour favoriser l’inclusion dans la production cinématographique et audiovisuelle. Mais ce sont les annonces de Delphine Ernotte, présidente-directrice générale de France Télévisions qui sont allées le plus loin dans l’engagement des chaînes de service public à favoriser la parité.

L’audiovisuel public n’en était en effet pas à sa première signature de charte, sans que la situation ne progresse vraiment. Une charte n’engageant que celui ou celle qui la signe, c’est la détermination des signataires qui compte et la présidente de l’audiovisuel public n’en manque pas, elle a d’ailleurs été la cible de violentes critiques lorsqu’elle a voulu faire évoluer la représentation des femmes et des hommes à l’antenne dès sa nomination (voir Trop de vieux hommes blancs à la télé ? Delphine Ernotte choque les réacs)  

Depuis la situation a peu évolué et le CNC constate que 82 % des auteurs-réalisateurs de séries en France sont des hommes. Pour qu’apparaisse sur les antennes un point de vue sur le monde autre que celui du « vieil homme blanc », il va falloir des actes forts. Car les dernières études ne sont pas très encourageantes. (voir : Femmes à l’antenne ? Les ondes de la parité ne se propagent pas)

 Alors Delphine Ernotte va demander à ses équipes de compter. Elle prévoit une clause de diversité contractuelle pour l’ensemble des productions du groupe.  Sont notamment prévus, dès 2020 des quotas, pour les femmes réalisatrices et ces quotas devraient, par la suite, être étendus à l’ensemble des créateurs. Puis ils concerneront les origines sociales, culturelles ou géographiques. Delphine Ernotte prévoit également la nomination systématique sur les tournages d’un «référent harcèlement sexuel» conformément à d’autres mesures annoncées le même jour.

Le Ministre de la Culture, Franck Riester a en effet annoncé plusieurs contraintes :

  • Des aides du CNC conditionnées au respect d’obligations sur le harcèlement.
  • Des obligations en matière de prévention et de détection des risques liés au harcèlement sexuel.
  • La nomination de référents « harcèlement sexuel » sur les tournages
  • Des formations sur la prévention du harcèlement destinées aux professionnels du secteur.
  • Une cellule d’alerte et d’écoute à destination des victimes de violence et de harcèlement sexuel et sexiste mise en place par une organisation d’employeurs du secteur qui devrait être opérationnelle dès le 1er janvier 2020. 
  • L’obligation de collecter des statistiques relatives à l’égalité,

Et une forte incitation pour les professionnels à se référer à  l’annuaire réalisé par le collectif 50/50 (consultable sur www.bible5050.fr) pour constituer des équipes de plateaux « plus inclusives, diverses et paritaires ». 

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