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Développement humain : « L’exclusion et le manque d’autonomie des femmes et des filles restent des problèmes pressants »

par La rédaction

pnud2016Dans son dernier rapport sur le développement humain, le PNUD observe les progrès globaux, mais aussi les obstacles qui persistent pour beaucoup, et notamment les femmes et les filles.

Depuis un quart de siècle, « d’impressionnants progrès » ont été réalisés en matière de développement humain. Pour autant, de nombreux individus restent laissés pour compte et « doivent surmonter des obstacles systémiques rarement mesurés ». C’est ce que conclut le Rapport sur le développement humain 2016, intitulé « Le développement humain pour tous », publié mardi 21 mars par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Depuis 1990, un milliard de personnes ont échappé à l’extrême pauvreté, et le développement humain moyen a considérablement progressé dans toutes les régions du monde. Mais une personne sur trois sur la planète vit encore dans des conditions de développement humain faible selon l’indice de développement humain (IDH)1.

Les femmes et les filles, les populations rurales, les peuples autochtones, les minorités ethniques, les personnes handicapées, les migrants, les réfugiés et la communauté LGBTI font partie des groupes qui sont « systématiquement exclus par des obstacles qui ne sont pas purement économiques mais aussi politiques, sociaux et culturels », souligne le PNUD.

Dans 18 pays, une femme ne peut pas travailler sans l’accord de son mari

Dans le cas des femmes, « le plus grand de ces groupes », le rapport fait état d’un lent resserrement des écarts entre les deux sexes à l’échelle mondiale. « L’autonomisation des femmes fait aujourd’hui partie des grandes questions de société : rares dans les années 1990, les pays possédant des lois pour protéger les femmes contre la violence domestique sont aujourd’hui au nombre de 127 ». Mais « l’exclusion et le manque d’autonomie des femmes et des filles restent des problèmes pressants », tempère le rapport. Dans toutes les régions du monde, l’indice de développement humain des femmes est, en moyenne, inférieur à celui des hommes. La plus grande différence est constatée en Asie du Sud, où il est inférieur de 20 %.

Le PNUD rappelle ainsi que les femmes ont tendance à être plus pauvres, à être moins bien payées et à bénéficier de moins de possibilités que les hommes dans presque tous les domaines de la vie. Les mutilations génitales féminines et le mariage forcé continuent d’être pratiqués et de mettre les filles en danger ; 10 à 20% seulement des propriétaires fonciers des pays développés sont des femmes ; dans 100 pays, certains emplois sont légalement interdits aux femmes à cause de leur sexe ; dans 18 pays, une femme ne peut pas travailler sans l’accord de son mari.

Voir : Ces lois qui bloquent l’accès des femmes à l’emploi

Le rapport insiste par ailleurs sur la nécessité de prendre en compte l’aspect qualitatif du développement humain, pas seulement son aspect quantitatif. « Nous accordons trop d’attention aux moyennes nationales, qui occultent souvent d’énormes variations dans la vie des individus », explique Selim Jahan, auteur principal du rapport et directeur du Bureau du Rapport sur le développement humain. « Pour avancer, nous devons examiner de plus près non seulement ce qui a été accompli, mais aussi qui a été exclu et pour quelles raisons ».

Par exemple, les chiffres globaux montrent que les effectifs de filles dans l’enseignement primaire ont augmenté. Pour autant, dans la moitié des 53 pays en développement qui disposent de données, la majorité des femmes adultes qui ont suivi quatre à six ans de cycle primaire sont analphabètes.

Le rapport insiste sur l’importance du Programme de développement durable à l’horizon 2030 pour développer ces acquis et rendre le monde plus équitable. Il plaide, au-delà, pour des réformes institutionnelles mondiales, « axé sur les marchés internationaux et leur réglementation, sur la gouvernance des institutions multilatérales et sur le renforcement de la société civile mondiale. »

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1/ L’Indice de développement humain (IDH) est un indice composite regroupant trois dimensions fondamentales du développement humain. L’espérance de vie à la naissance exprime la capacité à vivre longtemps et en bonne santé. La durée moyenne de scolarisation et la durée attendue de scolarisation expriment la capacité à acquérir des connaissances. Le revenu national brut par habitant exprime la capacité à avoir un niveau de vie décent.

Pour mesurer le développement humain de manière plus complète, le Rapport sur le développement humain intègre quatre autres indices composites. L’IDH ajusté aux inégalités revoit l’IDH en fonction de l’étendue des inégalités. L’Indice de développement de genre compare les valeurs de l’IDH pour les femmes et pour les hommes. L’Indice d’inégalité de genre met en évidence l’autonomisation des femmes. L’Indice de pauvreté multidimensionnelle mesure les aspects de la pauvreté autres que le revenu.

 

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