La France pointe à la 8ème place sur les 20 pays du G20. Les femmes représentent plus de la moitié des salariés du secteur public mais n’occupent qu’un cinquième des postes de direction.
La France occupe une position moyenne dans le classement des femmes dirigeantes dans la fonction publique. Selon une étude publiée mercredi 22 mai par le cabinet Ernst&Young, la France occupe la 8ème place sur les 20 pays du G20, les plus riches du monde. Les femmes y occupent 21,4% des postes de direction, alors qu’elles représentent 51,7% des salariés du secteur public.
Ce sont les pays anglophones – Canada, Australie et Royaume-Uni – qui connaissent la meilleure féminisation des directions. Tandis que l’Arabie Saoudite obtient un zéro pointé. En moyenne, dans les pays du G20, Les femmes occupent 48,13% des emplois dans la fonction publique, mais seulement 18,7% des postes de direction. « Bien que la part des hommes dans le secteur public ne cesse de diminuer, ceux qui dirigent le secteur sont encore très largement des hommes », commente le cabinet.
Coupes budgétaires au féminin
Au-delà de la question des dirigeantes, Ernst&Young s’inquiète de l’impact des politiques d’austérité sur la situation, plus globale, des femmes sur le marché du travail : « Au Royaume-Uni, on estime que 710 000 emplois dans le secteur public vont disparaître d’ici à 2017, et cela concernera deux fois plus de femmes que d’hommes. En Espagne, au Portugal ou en Grèce, les coupes budgétaires se sont concentrées sur les secteurs les plus féminisés, comme l’éducation, la santé, le social, rendant la situation plus difficile encore pour les femmes. En Italie, 19 700 emplois de femmes ont été supprimés, et 87 000 autres devraient l’être dans les prochaines années dans le secteur de l’éducation ».
En France, toutefois, la loi devrait faire évoluer la situation. En vigueur depuis le début de l’année, la « loi Sauvadet » prévoit des quotas pour des nominations équilibrées pour les emplois dirigeants et supérieurs de la haute fonction publique : 20% en 2013, 30% à partir de 2015 et 40% en 2018.
La « loi Copé-Zimmermann » sur la féminisation des Conseils d’administration des entreprise a déjà permis à la France d’occuper la première place mondiale sur ce terrain.
A noter que le classement d’Ernst&Young prend en compte des chiffres remontant au début de l’année 2012 : il n’est comptabilisé en France que 21% de femmes à des postes ministériels, alors que depuis un an le gouvernement est paritaire.
