Les domestiques restent citoyens de seconde zone à Hong-Kong

par La rédaction

La justice du territoire a tranché : les travailleurs domestiques sont les seuls migrants à n’avoir pas le droit de devenir résidents officiels.


 

A Hong-Kong, les domestiques ne sont pas des immigrées comme les autres. Après deux ans de procédure judiciaire, la plus haute juridiction du territoire a rejeté, lundi 25 mars, la demande de statut de résidentes permanentes déposée par deux travailleuses domestiques.

Les autres immigrés à Hong-Kong peuvent devenir résidents officiels après 7 ans de présence. Mais ce statut ne s’applique pas aux travailleuses domestiques, a donc confirmé la justice. C’était aussi la position du gouvernement. Les deux demanderesses, originaires des Philippines, sont domestiques à Hong-Kong depuis près de 20 ans.

Le territoire, qui est une région administrative spéciale de la Chine, accueille pas moins de 300 000 domestiques, venant pour la plupart de pays d’Asie du Sud-est, et notamment des Philippines. Leur refuser le statut de résident constitue une discrimination, dénoncent les associations de défense des droits humains. Les juges « ont donné l’approbation judiciaire au traitement injuste et à l’exclusion sociale dont sont victimes les travailleurs domestiques étrangers à Hong-Kong », témoigne pour la BBC Eman Villanueva, porte-parole du Conseil des Migrants Asiatiques sur le territoire.

En 2011, une convention internationale « historique » a permis d’inscrire dans le marbre les droits fondamentaux des travailleurs domestiques – à 80% des femmes. Reste à l’appliquer : des millions de travailleurs domestiques dans le monde demeurent exclus des protections sociales dont bénéficient les autres travailleurs, relevait l’Organisation internationale du Travail en janvier.

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