« Rendre visible l’invisible », la Fondation Gates investit dans des données sexuées 

par La rédaction
Gates Données

Bill et Melinda Gates en 2009. Par Kjetil Ree – CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Seuls un tiers des pays du monde disposent de statistiques fiables sur le travail non rémunéré des femmes. C’est l’une des lacunes que la Fondation Bill et Melinda Gates entend combler.


 

Des fonds pour combler le fossé des inégalités des statistiques sexuées, gender data. La Fondation Bill et Melinda Gates a annoncé mardi 17 mai qu’elle va investir 80 millions de dollars sur 3 ans pour améliorer la collecte des informations statistiques sur les filles et les femmes dans le monde.

Les données sont un enjeu essentiel pour réduire les inégalités entre les sexes, insiste Melinda Gates. « Collecter et analyser les données permet de rendre visible l’invisible. » Et c’est sur les filles et les femmes que les statistiques sont les plus incomplètes dans le monde – sur l’état civil, les violences auxquelles elles sont confrontées, ou encore le travail qu’elles fournissent, en particulier le travail non rémunéré. « Il a beau ne pas être payé, c’est tout de même du travail. Il a beau ne pas être reconnu, il est à la base de toutes les sociétés et renforce toutes les économies », insiste Melinda Gates.

Voir aussi : Travail non-marchand et inégalités de genre : les calculs de l’OCDE

De fait, l’organisme statistique de l’ONU relevait en 2015 que, par exemple, moins de la moitié des pays du monde disposent de données fiables sur les violences, un tiers seulement sur le travail non rémunéré. Deux éléments qui figurent pourtant parmi les nouveaux Objectifs de développement pour 2030. Objectifs plutôt difficiles à atteindre si les chiffres manquent.

Les fonds de la fondation du couple milliardaire devraient permettre d’améliorer la façon dont les enquêtes nationales auprès des foyers sont menées. « Par exemple, pour aller frapper à la porte quand les hommes sont absents, afin que les femmes parlent plus librement », explique The Guardian.

Cette initiative en rejoint une autre, Data2X, soutenue notamment par Hillary Clinton, qui depuis 2012 développe des partenariats pour mieux prendre en compte les statistiques sexuées dans les politiques publiques à l’échelle mondiale.

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