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« Droit de cuissage à la mairie » : Causette marque un point au tribunal

par La rédaction

CausetteAvril2012

Le magazine était poursuivi pour diffamation par un maire qu’il accusait d’avoir fermé les yeux sur des agressions sexuelles. Le parquet n’a requis aucune condamnation.


 

 

Mauvaise presse pour Rémi Pauvros. Le maire PS de Maubeuge (Nord) poursuivait Causette pour diffamation, pour un article intitulé « Droit de cuissage à la mairie » dans son numéro d’avril 2012 (le début de l’article ici).
Le magazine y relayait, en autres, les accusations de viols et de harcèlement sexuel d’une ancienne employée de mairie de Maubeuge à l’encontre de quatre membres du Parti socialiste. Et affirmait que Rémi Pauvros, alerté par la jeune femme, n’avait pas signalé les allégations aux autorités : « une entorse à la loi », jugeait Causette .

Le maire, qui demandait 30 000 euros de dommages et intérêts, ne s’est pas déplacé à l’audience, mercredi 24 octobre au tribunal d’Avesne-sur-Helpe. Bien lui en a pris, car l’accusation s’est retournée contre lui. La vice-procureure a confirmé la version de Causette et estimé qu’en effet Rémi Pauvros « aurait dû alerter le parquet ». Elle n’a en conséquence requis aucune condamnation. Le jugement sera rendu le 19 décembre.

« Bon, maintenant, je lis Causette »

Le magazine pourrait à son tour demander des dommages et intérêts au maire de Maubeuge pour procédure abusive. Et il en a profité pour gagner un lecteur supplémentaire. Le directeur de la publication, Grégory Lassus-Debat, s’amusait à l’issue de l’audience de ce que l’avocat de Remi Pauvros est venu lui dire : « Bon, maintenant, je lis Causette, que je ne connaissais pas avant ! ».

Comme le soulignait, à la veille de l’audience, l’Association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui accompagne l’employée de mairie, « les informations délivrées par Causette sont en tous points conformes à celles que nous avons nous-mêmes pu recueillir dans le cadre d’un travail méthodique dans chacun de ces dossiers ». Entre temps, la justice a ouvert une instruction sur ces faits présumés de violences sexuelles à la mairie de Maubeuge.

 

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Causette, d’intérêt général

 

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8 commentaires

Makach 25 octobre 2012 - 19:18

J’aimerais savoir si le Maire Pauvros était assez riche pour régler lui même l’avocat pour attaquer Causette ou s’il a eu la délicatesse de le faire payer par le service juridique de la mairie…

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Lili 26 octobre 2012 - 12:29

Un tribunal peut statuer sur la base de la vérification de la véracité des faits annoncés par un journal sans qu’il y ait eu enquête déclenchée par une plainte de la victime???
Bizarre….

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rivi 26 octobre 2012 - 13:28

La femme n’est pas assez grande pour porter plainte elle-même?

Je ne comprends pas cette puérilité et cette puérilisation des femmes.

Je suis convaincu, dès le départ, que cette histoire ne débouchera sur rien. Zéro preuves matérielles, et quatre employés ligués contre elle pour expliquer qu’elle est volage et immature, ou qu’elle cherche à se venger pour x ou y raison. Elle ne peut que perdre.

Le fait qu’elle s’adresse à la presse au lieu de s’adresser à la justice laisse d’ailleurs penser qu’elle en est consciente et que son objectif est de salir ou faire pression sur la mairie pour obtenir de l’argent. Pas d’obtenir justice.

Si la presse doit évidemment enquêter sur des affaires louches dont la justice ne s’est pas encore saisie, les termes employés par Causette me semblent racoleurs et manquer de prudence. Je ne vois pas ce que vient faire cette histoire de « droit de cuissage » ici.

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Sonia 27 octobre 2012 - 09:16

Dans les affaires criminelles, c’est le Parquet qui poursuit. Peu importe que la victime ait ou non porté plainte. La puissance publique décide de poursuivre s’il s’avère qu’il peut y avoir un trouble à l’ordre public. C’est d’ailleurs très utile dans les cas d’homicide. Sinon on pourrait tuer en toute impunité, la victime n’étant plus là pour protester…

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rivi 27 octobre 2012 - 14:04

« Connaître les procédures avant de vomir sur les victimes »

Parlez pour vous. On parle de « plaignante », pas de « victime ». Si ça se trouve cette femme est une affabulatrice. La justice, contrairement aux associations féministes, respecte la présomption d’innocence. Moi aussi.

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Sonia 27 octobre 2012 - 22:00

« rivi »
« Connaître les procédures avant de vomir sur les victimes »

Parlez pour vous. On parle de « plaignante », pas de « victime ». Si ça se trouve cette femme est une affabulatrice. La justice, contrairement aux associations féministes, respecte la présomption d’innocence. Moi aussi.

Plaignante ou victime présumée comme les médias disent maintenant, peu importe. Le fond de la question était la prétendue « puérilité et puérilisation des femmes ». Or, le parquet peut décider de poursuivre un présumé coupable, avec ou sans plainte, que ce soit un homme ou une femme.

Vous pouvez toujours vous amuser avec vos pirouettes : on a bien compris votre misogynie…

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rivi 28 octobre 2012 - 19:00

Le mot important c’est « présumé », en effet. Je ne crois pas que ce soit un simple oubli de votre part. Une bonne partie des féministes établissent de manière systématique l’équivalence accusatrice=victime.
Pour les homicides (ou suicides), le corps est là, la justice doit donc intervenir.
Pour les accusations de viol, c’est mille fois plus compliqué. Si j’étais maire, je n’irais jamais frapper à la porte de la justice 1) si je ne suis pas convaincu qu’il s’est passé quelque chose de sérieux ; 2) sans en avoir parlé avec la victime présumée.
Ici on a affaire à une femme qui a manifestement de la ressource. Le fait qu’elle lance la presse sur son histoire prouve qu’elle est assez grande pour porter plainte. Elle est mille fois mieux placée que le maire pour savoir si c’est dans son intérêt. Or elle a choisi de ne pas le faire. Le maire n’est pas son tuteur légal. Ce n’est pas un directeur d’école primaire chargé de prendre des décisions lourdes en lieu de place des enfants (comme appeler les urgences médicales ou prévenir la police pour des soupçons de maltraitance). Ici il s’agit d’une femme adulte.
En affirmant qu’il incombait au maire davantage qu’à cette femme de saisir la justice, on laisse entendre que les femmes sont mineures, passives, victimes traumatisées et tremblantes (contre l’évidence puisqu’elle mène bataille par presse interposée), incapables de savoir où se trouve leur intérêt. Pour moi on puérilise les femmes. On en fait des enfants sans autonomie, tributaires de leurs protecteurs hommes.
C’est l’éternelle aporie du féminisme, vouloir jouer sur les deux tableaux, bénéficier des protections que la société accorde aux enfants, tout en se plaignant de ne pas être prises au sérieux dans la sphère politico-économique. Les responsables politiques et économiques ne se planquent jamais derrière une passivité infantile. Ceux qui se hasardent à adopter cette stratégie signent l’arrêt de mort de leur carrière.

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Lili 29 octobre 2012 - 16:16

« rivi »

Le maire n’est pas son tuteur légal. Ce n’est pas un directeur d’école primaire chargé de prendre des décisions lourdes en lieu de place des enfants (comme appeler les urgences médicales ou prévenir la police pour des soupçons de maltraitance). Ici il s’agit d’une femme adulte.
En affirmant qu’il incombait au maire davantage qu’à cette femme de saisir la justice … on puérilise les femmes. On en fait des enfants sans autonomie, tributaires de leurs protecteurs hommes.

J’avoue que je suis assez d’accord avec vous sur le fait que les femmes n’ont pas à attendre des autres qu’on s’occupe de leurs droits.

Cependant : toute victime, femme ou homme, est traumatisée et souvent incapable de porter plainte en temps et heures, et de faire face aux procédures de justice. Or le viol est une violence qui s’exerce ultra-majoritairement à l’encontre des femmes…
De plus les violences à l’encontre des hommes sont sous-évaluées justement parce qu’ils portent encore moins plainte. Ils ont donc manifestement besoin d’aide en ce domaine.

« Le maire n’est pas son tuteur légal ». Non. Mais je me permets de vous rappeler que l’employeur est légalement responsable de la sécurité physique et psychique de ses salariés. Il est donc légitime que la personne présumée victime commence par saisir la voie hiérarchique avant la voie judiciaire.
On peut discuter du bien-fondé de ce principe qui a amené des employeurs à payer pour la surdité de salariés qui ne portaient pas de protections acoustiques alors que lesdites protections étaient fournies et rendues obligatoires par le réglement intérieur. L’argument de « je ne peux pas fliquer chaque salarié » n’a jamais fonctionné.

Donc si, cette personne était en droit d’attendre une intervention de son employeur.

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