Drôle de conte de fées à Singapour

par La rédaction

Singapour_h150Le gouvernement de l’île-Etat asiatique cherche à relancer la natalité. En instaurant un congé paternité, mais aussi en jouant les entremetteurs.


 

Ces derniers temps, Singapour s’inquiétait de la chute de la natalité ces 20 dernières années : aujourd’hui, le taux de fécondité dans l’île-État asiatique est de seulement 1,2 enfant par femme. A la suite d’une consultation, le gouvernement vient de dégainer ses mesures.

On y trouve l’instauration d’un congé paternité d’une semaine. Une mesure réclamée par nombre d’associations. Partager la parentalité : « c’est ce qui peut peser le plus sur la décision d’une jeune femme active d’avoir des enfants », expliquait ainsi Corinna Lim, la directrice d’AWARE, association singapourienne pour les droits des femmes (Voir : Singapour, mauvais exemple pour la parentalité).

Mais d’autres mesures sont plus étranges. Il s’agit notamment d’une campagne de communication, sur le thème du « conte de fées moderne ». Des prospectus revisitant des contes de fées classiques, distribués autour des universités, incitent les jeunes gens à fonder une famille. Exemple : « Miroir, miroir, qui est la plus riche de toutes ? » C’est Blanche-Neige, avec ses « sept enfants ». Le tout accompagné d’une masse d’informations sur la fertilité.

« Nouvelles princesses indépendantes »

Si cette tentative humoristique est plutôt bien accueillie, c’est moins le cas du « guide des rencontres », une autre initiative soutenue par le gouvernement singapourien et qui entend donner les meilleurs conseils aux femmes pour choisir leur moitié. Des femmes présentées comme des « nouvelles princesses indépendantes ». Mais à qui il est par exemple conseillé de laisser à tout prix le prétendant payer l’addition. Ce guide « entretient toutes sortes de stéréotypes, il est déplorable que ce soit soutenu par le gouvernement », réagit Corinna Lim dans The Guardian. 

Un autre guide officiel, destiné aux plus jeunes, donne également des conseils pour réussir un rendez-vous amoureux. Que le gouvernement ressente ainsi le besoin de jouer les entremetteurs, c’est sans doute ce qui éclaire le mieux le déclin démographique de Singapour, note The Guardian. Les tests internationaux le disent : le système éducatif de Singapour est l’un des plus performants au monde pour les résultats en sciences. « Mais il ne nous donne pas les clés pour la vie en communauté ; nous sommes unidimensionnels », commente Corinna Lim.

 

 

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Lili 24 mars 2013 - 17:49

Je peux comprendre qu’un Etat s’inquiète de sa natalité mais enfin Singapour est une cité-Etat, les gens vivent empilés les uns sur les autres, certes les gens sont riches et ont sans doute d’autres préoccupations matérielles que de faire des enfants, mais pour avoir fréquenté ce genre de pays, les conditions de vie, de rythme hyper-intense, de pollution, d’absence d’espace, de logements hypers-couteux, l’hyper-compétition du système scolaire, ça ne donne pas envie d’avoir une famille…
Alors plutôt créer des conditions pour permettre à ceux qui veulent avoir des enfants de le faire (comme le congé de paternité en effet), au lieu de faire une campagne de com comme pour instaurer un « devoir national » ou une « mode des enfants »…

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