Accueil Economie Royal, Dufourcq, la BPI : prendre des risques ou voler au secours de la victoire ?

Royal, Dufourcq, la BPI : prendre des risques ou voler au secours de la victoire ?

par Isabelle Germain

Nicolas_DufourcqSégolène_RoyalDu rififi à la BPI. Divergence de vues sur Florange ou Pétroplus entre Ségolène Royal, vice-présidente, et Nicolas Dufourcq, directeur général. Accompagnement du risque ou business ?


 

Mercredi dernier Nicolas Dufourcq, directeur général de la nouvelle Banque publique d’investissement (BPI), expliquait qu’un sauvetage de la raffinerie Petroplus, près de Rouen, ou des hauts-fourneaux de Florange, en Moselle, n’aurait pas été un « bon business » pour la BPI « on aurait perdu beaucoup d’argent » transcrit l’AFP. Le directeur général expliquait ainsi deux échecs des pouvoirs publics face à la désindustrialisation.

Si Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a affirmé avoir «réprimandé» Nicolas Dufourcq, Ségolène Royal s’est montrée aussi abrupte que le directeur général qualifiant ses déclarations de «grave dérapage (…) qui n’a aucune raison d’être et qui ne se reproduira pas ». La BPI est là pour prendre des risques  et le président Jean-Pierre Jouyet qui réunit son conseil d’administration lundi devrait rappeler que l’objectif de la banque est d’être au service de la croissance… Et non, comme un investisseur privé, au service du retour sur investissement le plus élevé et le plus rapide. Bref, il ne s’agit pas, comme pour un investisseur privé, de limiter le risque et de voler au secours de la victoire.

Les discussions risquent d’être animées. Nicolas Dufourcq, l’inspecteur général des Finances, qui a piloté pendant dix ans Wanadoo avant de rejoindre Capgemini, a acquis les réflexes  du privé qu’il disait vouloir mettre à la disposition du service public lorsqu’il a pris ses fonctions. Il affirmait d’ailleurs avoir potassé le rapport annuel du cabinet privé Axa Private Equity. « On peut reprendre leurs meilleures pratiques de gestion, leurs process ou leur management », déclarait Nicolas Dufourcq à l’Usine Nouvelle en février dernier. La vice-présidente entend lui soumettre d’autres grilles de lectures pour l’investissement public.

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4 commentaires

Alceste 20 avril 2013 - 18:15

La crédibilité de la BPI est mise à mal par Royal et Montebourg. Pour tout citoyen une peu informé il ne s’agit pas dans l’esprit de son DG de s’aligner sur le secteur privé, mais pas non plus de suivre les impulsions désastreuses des politiques. Il serait temps de voler au secours de la BPI et de la mettre à l’abri des apprentis sorciers malencontreusement placés en position d’influence.

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De Profundis 20 avril 2013 - 19:50

certes, il ne s’agirait pas d’essayer de réanimer des entreprises cliniquement mortes mais l’exemple d’Axa private equity fait peur. Espérons que la BPI saura trouver un entre-deux

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rbella24 22 avril 2013 - 11:29

j’ai confiance en Mme Royal et en son désir de faire réussir entrepreneuriat en France;elle réfléchit sur la mise en place d’une BPI au service de l’économie réelle,des PME-PMI,depuis 2006.

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économicus 24 avril 2013 - 05:14

Si la BPI a les mêmes exigences de rentabilité que des fonds privés comme Axa private equity, c’est un suicide collectif des entreprises qui s’annonce. Quand on donne aux entreprises peu de moyens pour se développer et qu’on les prive de leurs bénéfices, un jour ou l’autre elles asphyxient

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