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L’éducation à la sexualité revient sur le tapis

par La rédaction
L'exposition Zizi Sexuel

L’exposition Zizi Sexuel, par Olivier Duquesne sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

Le gouvernement veut faire le point sur la mise en œuvre effective de l’éducation à la sexualité. Une volonté déjà affichée en 2012… et qui s’était perdue dans la tourmente des débats sur le genre.


 

Le gouvernement se penche sur l’éducation à la sexualité en milieu scolaire. Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) a été chargé d’évaluer les dispositifs existants, a annoncé mercredi 12 août la secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes.

 

Depuis 2001, la loi impose trois séances annuelles d’éducation et d’information à la sexualité, de la primaire au lycée, dont la mise en œuvre a été précisée par une circulaire en 2003. Mais, faute de moyens ou parfois de volonté, ces trois séances sont loin d’être la norme.

« Lever les obstacles »

Et le constat n’est d’ailleurs pas nouveau. C’est même la deuxième fois que ce gouvernement s’en inquiète. Fin 2012 le ministère de l’Education nationale annonçait son intention « de relancer le dispositif d’éducation à la sexualité afin d’améliorer la mise en œuvre effective des séances prévues dans le code de l’éducation. »

Lire : Peillon relance l’éducation à la sexualité

Un groupe de travail devait alors présenter rapidement un « plan d’action pertinent et innovant (…) pour relancer cette éducation à la sexualité dans toutes ses dimensions. » Il était notamment prévu dans ce cadre le « lancement d’une enquête sur un échantillon représentatif d’établissements (…) sur la mise en œuvre effective de l’éducation à la sexualité ».

Quelques semaines plus tard une « convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif », conclue pour 5 ans, soulignait entre autres la nécessité de « lever les obstacles, quand ils existent, à l’effectivité des séances d’éducation à la sexualité ».

Et puis… plouf. Car entre temps s’est développé le débat autour de la question des ABCD de l’égalité et la bataille du genre. Et le gouvernement a fini par faire profil bas face aux attaques des croisés anti-genre (on se souvient par exemple des élucubrations sur la masturbation en maternelle), et par remplacer les ABCD par des « outils » moins polémiques.

« Sensibilisation »

Ironie du sort, c’est Le Figaro, l’un des porte-drapeaux de cette croisade, qui a relancé le débat sur l’éducation à la sexualité, mardi 11 août, à travers son article consacré à la hausse des plaintes pour viol en France. Le journal citait un magistrat en région parisienne : « Il y a plus de viols de mineurs sur des mineurs1. Avec, à l’évidence, un manque de respect des garçons vis à vis des filles, notamment en milieu scolaire ».

C’est ce qui a poussé le gouvernement à communiquer à nouveau sur la question. « Il y a un travail de sensibilisation à mener dans la société et auprès des jeunes pour lutter contre les violences sexuelles », déclarait Pascale Boistard le 12 août sur Sud Radio.

Les conclusions du HCEfh sont attendues avant la fin de l’année. Pour quelles actions par la suite ? La marge de manœuvre s’annonce étroite pour la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui était en première ligne de la bataille du genre alors qu’elle était ministre des Droits des femmes.

 

L’éducation à la sexualité, le magazine Causette y consacrait
un grand dossier dans son numéro #58.

 


1/ D’après les chiffres décortiqués par Les Nouvelles NEWS, le nombre d’hommes mineurs mis en cause pour violences sexuelles sur mineur(e) a augmenté de 14% entre 2006 et 2011 (de 3 290 à 3 756). En revanche, il a baissé en zone police en 2012 puis 2013. On ne dispose pas de chiffres en zone gendarmerie pour 2012-2013, en raison d’une modification des procédures.

 

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