Accueil Politique & SociétéÉducation Éducation à la sexualité : le Défenseur des Droits dénonce les lacunes de l’Éducation nationale

Éducation à la sexualité : le Défenseur des Droits dénonce les lacunes de l’Éducation nationale

par La rédaction

L’obligation légale d’éducation à la sexualité est « très peu suivie » et les contenus ne permettent pas « de contribuer à la lutte contre les préjugés et stéréotypes », dénonce le Défenseur des Droits dans son dernier rapport, qui rejoint l’alerte émise en 2016 par le HCE.


L’Éducation nationale doit mieux assurer l’éducation à la sexualité, c’est une question de santé et de droits. Voilà un des points sur lesquels insiste le Défenseur des Droits, dans son rapport « Droits de l’enfant en 2017″ publié lundi 20 novembre, journée internationale des droits des enfants.

En France, « l’obligation de conduire des actions d’éducation à la sexualité est très peu suivie et ne développe pas suffisamment une approche globale et respectueuse des sexualités et des relations sexuelles et susceptible de contribuer à la lutte contre les préjugés et stéréotypes de sexe, d’identité, de genre et d’orientation sexuelle », dénonce le Défenseur des Droits, qui insiste : il est nécessaire de mieux former les professionnels et d’améliorer les compétences des intervenants. Le rapport préconise également de s’appuyer davantage sur les enfants et les adolescents, et d’associer les parents.

Cette thématique développée par le Défenseur des Droits s’appuie fortement sur le rapport publié en juin 2016 par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes. « Seule une toute petite minorité » des 12 millions d’élèves bénéficient de séances annuelles d’éducation à la sexualité, alors que la loi en instaure trois par an, relevait le HCE. Des lacunes qui « peuvent emporter des conséquences importantes sur le bien-être, la santé et le respect des droits des enfants et des adolescents », note le Défenseur des Droits.

« Connaître son corps est indispensable pour se protéger de comportements non désirés et prévenir les violences d’ordre sexuel »

Conséquences importantes également pour l’égalité femmes/hommes. Une fille sur 4 âgée de 15 ans ne sait pas qu’elle a un clitoris, relevait le HCE. Pire, 84% des filles de 13 ans ne savent pas comment représenter leur sexe alors que 53% savent représenter le sexe… masculin. « Or, connaître son corps est indispensable pour se protéger de comportements non désirés et prévenir les violences d’ordre sexuel », commente le Défenseur des Droits. « L’éducation à la sexualité devrait permettre, au-delà du rappel du cadre pénal qui borne les relations interpersonnelles et la condition du consentement, de questionner les normes sociales entourant la sexualité ».

Le Défenseur des Droits cite encore le HCE qui déplorait la « double injonction » pesant sur les jeunes filles : « devoir se montrer désirables mais respectables ». Tandis que les garçons doivent composer avec la valorisation d’une « norme de virilité », notamment une « appétence supposée naturelle pour la sexualité, associée à un ‘besoin sexuel’ ».

En insistant sur la nécessité de mieux former les intervenant·e·s en milieu scolaire, le Défenseur des Droits recommande aussi que le ‘guide du formateur’, destiné à ces intervenant·e·s, « soit profondément remanié dans le sens d’une approche globale de l’éducation à la sexualité en milieu scolaire et mette l’accent sur l’égalité entre les sexes, les orientations et les pratiques sexuelles et les identités de genre, ainsi que sur la lutte contre les stéréotypes de genre, les discriminations et les violences ».

Reste aussi à assurer la mise en œuvre effective des trois séances annuelles prévues par la loi. Pour l’heure, l’Éducation nationale admet qu’il est impossible d’en évaluer l’effectivité. Le Défenseur des Droits appelle le ministre à mener une « évaluation qualitative et quantitative de la mise en œuvre de l’éducation à la sexualité en milieu scolaire » à échéance 2023.

 

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire