En rencontrant des femmes ingénieures, techniciennes ou expertes du numérique, avec l’association Elles bougent les filles modifient leur regard sur les métiers scientifiques et osent davantage s’y projeter. Evitant ainsi des déperditions de talents pour l’industrie.

Depuis sa création en 2006, Elles bougent part à la rencontre des filles pour élargir la place des femmes dans les filières scientifiques, techniques et technologiques (STIM). Son réseau de « rôles modèles » plus de 15.000 marraines et relais agit dans toute la France. En rencontrant des femmes qui exercent des métiers dans ces secteurs d’activité, les filles modifient leur regard sur les métiers scientifiques et veulent s’y engager.
Déperdition de talents
La tâche est immense pour éviter les déperditions de talents qui seraient bloqués par des normes de genre écartant les filles des filières scientifiques. Alors que les filles représentent 46 % des effectifs scientifiques et technologiques, elles ne sont plus que 29 % en classes préparatoires scientifiques, 24 % dans les écoles d’ingénieurs, et à peine 20 % dans certaines spécialités.
Pire : la tech souffre d’un déficit d’ancrage, puisque 50 % des femmes quittent le secteur du numérique avant l’âge de 35 ans. Un gâchis humain et une aberration économique à l’heure où l’industrie française estime avoir besoin de 600.000 recrutements dans les prochaines années.
Un levier contre l’autocensure
Pour évaluer l’effet des actions de Elles bougent auprès des filles, l’Agence Phare a mené l’enquête auprès 2.245 marraines en entreprise, 1.314 élèves ou étudiantes et 548 professionnels de l’éducation.
Résultat : 66% des élèves et étudiantes disent avoir davantage conscience des stéréotypes de genre après leur participation, 29% envisagent davantage une orientation vers les filières STIM, et 50% se sentent plus légitimes pour viser des études ou des métiers qu’elles n’auraient pas osé envisager auparavant. L’association affirme aussi avoir permis à 93% des élèves de découvrir la diversité des métiers scientifiques, techniques et industriels.
Pour les étudiantes déjà engagées dans une filière scientifique, l’effet de réassurance est massif : 64 % d’entre elles se déclarent confortées dans la poursuite de leurs études supérieures.
Des effets dans et au-delà des établissements scolaires
L’étude montre aussi que l’impact ne se limite pas aux bénéficiaires directes. Les enseignant.es disent mieux repérer les stéréotypes de genre, les marraines gagnent en confiance et en compétences, et 71% d’entre elles estiment avoir contribué à faire évoluer les pratiques RSE de leur entreprise en matière d’égalité femmes-hommes.
Le réseau est un bouclier contre l’isolement, puisque 79 % des étudiantes scientifiques affirment appartenir à une communauté de paires grâce à l’association, et près d’un quart d’entre elles y ont décroché une opportunité concrète (stage, alternance, emploi).
Autrement dit, le modèle diffuse ses effets dans les établissements, les entreprises et les réseaux professionnels. Le message est politique autant que pédagogique : sans action collective, les stéréotypes continueront de peser sur les choix d’orientation et sur les trajectoires professionnelles. D’où l’appel d’Elles bougent à renforcer la formation des enseignants, à multiplier les rencontres avec des rôles modèles – en non mixité pour faciliter une projection sans filtre- et à soutenir des politiques publiques plus ambitieuses en faveur de la mixité dans les STIM.
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