Accueil SagaNominations Emmanuelle Charpentier, une Française prix Nobel de Chimie

Emmanuelle Charpentier, une Française prix Nobel de Chimie

par Camille Saint-Cricq

Elle vient de recevoir ce prix en duo avec l’Américaine Jennifer Doudna. Modèle pour les jeunes filles mais pas représentative de la recherche en France.

De tous les prix Nobel attribués cette année, c’est celui de chimie qui fait le plus de bruit en France puisque – cocorico ! – une Française l’a reçu. Mercredi 7 octobre, l’académie suédoise a remis le prix Nobel de chimie à la Française Emmanuelle Charpentier et à l’Américaine Jennifer Doudna.

Les chercheuses  ont mis au point des « ciseaux moléculaires » capables de modifier les gènes humains.  Il s’agit de découper une séquence génétique et ainsi, potentiellement, supprimer un gène malade, le remplacer par une séquence saine ou étudier la fonction d’un brin d’ADN.

C’est la première fois qu’un Nobel scientifique recvient à un duo 100 % féminin. Les deux scientifiques sont les sixièmes et septièmes femmes à obtenir ce Nobel de chimie depuis 1901. Et Emmanuelle Charpentier est la troisième chercheuse de nationalité française à obtenir un tel prix, après Marie Curie en 1911 et sa fille Irène Joliot-Curie en 1935.

Elle espère apporter « un message très fort » aux jeunes filles, avec ce Nobel scientifique. Tout comme, l’an dernier, en économie, Esther Duflo se réjouissait de pouvoir être un modèle pour les jeunes filles.

Les femmes manquent en effet de modèles pour se projeter dans de grandes carrières. Ces prestigieuses récompenses sont essentielles pour élargir leur horizon quand elles donnent de la visibilité à ces grandes chercheuses. Mais en presque 120 saisons de Prix Nobel, deux tiers n’ont récompensé que des hommes. Dont les éditions 2016 et 2017 qui furent 100 % masculines  (voir : Nobel sans femme, le doublé)

Mais cette année, la moisson a été plutôt meilleure pour les femmes : outre les deux lauréates en chimie, une autre Américaine, Andrea Ghez, a reçu le prix Nobel de physique, puis pour le prix Nobel de littérature a été décerné à la poétesse américaine Louise Glück. 

Côté modèle pour la France, en revanche, Emmanuelle Charpentier est sur la réserve. Car elle a effectué l’ensemble de ses recherches à l’étranger. Elle a certes obtenu un doctorat en microbiologie de l’Institut Pasteur et de l’Université Pierre-et-Marie-Curie de Paris, mais ensuite, elle est restée près de dix-huit ans aux Etats-Unis avant de revenir en Europe. Mais pas pour retrouver des centres de recherche français. En Autrice d’abord puis direction la Suède et l’Allemagne. Elle partage son temps entre l’Université d’Umea, en Suède, et la direction du Centre de recherche Max Planck pour la Science des Pathogènes, à Berlin. Dans un entretien avec l’Express en 2016, elle regrettait qu’il soit si difficile de faire financer des recherches en France.

Sa première réaction filmée par l’agence Reuters

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