Accueil Politique & SociétéFamilles En Belgique, la fin du nom du père tout-puissant

En Belgique, la fin du nom du père tout-puissant

par Arnaud Bihel

L’enfant pourra enfin porter le nom de sa mère, ou les deux accolés. Ce coup de griffe au patronyme choque certains messieurs.


 

La Belgique débat de la transmission du nom de famille. Un projet de loi prévoit de changer les règles, pour donner enfin sa place au nom de la mère. Car la Belgique reste à ce jour un des seuls pays d’Europe, avec l’Italie, où un enfant qui naît prend forcément le nom de son père.

Selon le projet de loi, les parents belges auront désormais le choix de donner à leur enfant le nom du père, de la mère ou des deux parents, dans l’ordre de leur choix. En cas de désaccord ou d’absence de choix, ce sera un double nom, composé du nom du père suivi de celui de la mère.

Cette mesure va « dans le sens de l’égalité entre hommes et femmes », souligne la ministre de la Justice Annemie Turtelboom.

La psychanalyse au secours du patronyme

Le texte doit encore être adopté dans les semaines qui viennent par les parlementaires, et une majorité politique y semble favorable. Mais dans plusieurs titres de la presse belge le recul du sacro-saint patronyme est perçu comme une trahison.

Et voilà la psychanalyse allègrement convoquée pour signifier « l’importance pour les pères de construire leur relation à l’enfant grâce à la transmission de leur nom de famille », comme le déplore Isabella Lenarduzzi. Les opposants à ce changement mettent également en avant les complications que cela entraînera dans les arbres généalogiques.

En France, le nom du père prime malgré tout

En France, le choix du nom par les parents est déjà la règle depuis 2002 : ce peut être le nom du père, celui de la mère, ou les deux accolés. Dans les faits, 83% des enfants nés en 2012 portent le nom de leur père, et moins de 10 % le double nom… le nom du père étant alors « plus souvent en première position », relevait l’INED en décembre, en notant que « cette possibilité nouvelle de transmettre les noms des deux parents est encore peu connue du grand public ».

La loi sur le mariage pour tous a apporté en 2013 une légère modification : en cas de désaccord, l’enfant prendra les deux noms, accolés selon l’ordre alphabétique. Mais en cas d’absence de choix des parents, le nom du père continuera à s’imposer (Voir : Mariage pour tous : petites retouches pour les noms de famille).

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Femmes mariées : le nom de naissance doit primer

 

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