Accueil Politique & Société Espoir de parité au goût amer chez les maires

Espoir de parité au goût amer chez les maires

par La rédaction

LREM appelle les femmes à présenter leurs candidatures aux élections municipales. Mais la fonction de maire est de plus en plus dévalorisée.

Quand un métier se féminise, il se dévalorise et vice-versa dit un dicton français. Ce regrettable constat va-t-il s’appliquer à la fonction de maire ? Coïncidence : alors que la volonté politique de féminiser les rangs des maires est enfin affichée par le parti présidentiel, les maires n’ont jamais été aussi nombreux à vouloir rendre leur écharpe.

Le délégué général de LREM Stanislas Guerini  et la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa lancent le programme  « Toutes Politiques: pour que plus de femmes s’engagent en politique. » Après avoir rappelé qu’aujourd’hui, seulement 16 % des maires sont des femmes (surtout dans les petites communes), ce programme se décline en trois actions.

D’abord «Partout où des hommes sont investis en tête de liste, ils sont invités à nommer une femme Première adjointe une fois élus » et ils devront éviter les biais stéréotypés dans les attributions de portefeuilles aux adjoints. Pour faciliter le mouvement, le parti LREM s’engage aussi à nommer des référentes partout sur le territoire. Ensuite le parti d’Emmanuel Macron veut « créer un environnement inclusif, bienveillant et tourné vers l’action » : revoir les horaires de réunion, être attentif au temps de parole des femmes, être attentif aux questions de harcèlement sexuel. Enfin pour amorcer le mouvement, le parti s’engage à proposer aux éventuelles candidates des rencontres avec des élues modèles, du coaching, du mentoring…

Un peu les mêmes méthodes que celles adoptées par les entreprises pionnières en égalité professionnelle. Seulement voilà : depuis plusieurs années maintenant, les maires sont fatigués par la charge qui pèse sur leurs épaules, le manque de moyens pour faire vivre leurs projets  et la grande majorité d’entre eux, les maires des plus petites communes, reçoivent une très faible rémunération. En novembre dernier, lors du congrès de l’Association des maires de France, une enquête du Cevipof montrait que, un maire sur deux ne compte pas se représenter en 2020 – et c’est même 55 % pour les maires des plus petites communes. Mais  9 % seulement des maires des communes de plus de 30 000 habitants.

En cause ? Outre l’envie de privilégier leur vie personnelle et familiale, une forme de dévalorisation de la fonction : ils disent ne plus arriver à satisfaire les besoins de leurs administrés, ont un sentiment de « dépossession » face aux intercommunalités et bien-sûr, doivent faire face à la baisse des dotations de l’État qui réduit leurs possibilités d’investissements. Sans compter l’alourdissement des tâches administratives et des réglementations complexes. Ayant perdu une grande part d’autonomie et le sentiment d’être les exécutants de décisions prises ailleurs, beaucoup jettent l’éponge. La parité dans un tel contexte aura un goût amer.

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