Accueil Eco & Social En Europe, de « fortes divergences » d’opinions entre économistes hommes et femmes

En Europe, de « fortes divergences » d’opinions entre économistes hommes et femmes

par La rédaction

Une étude observe que les économistes femmes privilégient davantage que leurs homologues masculins l’intervention de l’État, et sont plus favorables aux politiques de protection de l’environnement.

En Europe, les économistes hommes et femmes ne portent pas le même regard sur les méthodes ni sur les politiques économiques. C’est ce qu’observe une étude menée par l’Organisation internationale du travail (OIT) et deux chercheuses de l’Université de Nebraska-Lincoln (États-Unis), dévoilée lundi 5 février.

L’étude repose sur une enquête réalisée auprès d’économistes – 520 femmes et 538 hommes – d’universités de 18 pays de l’Union européenne. Elle conclut à de « fortes divergences » d’opinions selon le genre. Les économistes femmes sont moins enclines que leurs homologues masculins à favoriser les « solutions de marché » par rapport aux interventions de l’État, et se disent plus favorables aux politiques de protection de l’environnement.

Les femmes interrogées, plus souvent que les hommes, ne jugent pas qu’une meilleure protection de l’emploi se traduit par une croissance économique plus faible. C’est sur ce point précis que la divergence est la plus forte.

« Ces résultats sont importants parce qu’ils démontrent la nécessité d’inclure les femmes et les hommes quand les politiques économiques sont débattues et élaborées », souligne David Kucera, de l’OIT, co-auteur de l’étude.

Une autre divergence d’opinion particulièrement forte selon le sexe des économistes interrogé·e·s concerne leur propre expérience universitaire. Sans grande surprise, les femmes estiment plus souvent que les débouchés favorisent les hommes. Elles ne sont d’ailleurs, parmi les universitaires interrogé·e·s, que 29% au rang de professeur titulaire, contre 53% des hommes.

Ces résultats se retrouvaient déjà dans une étude similaire menée en 2012 auprès d’économistes aux États-Unis par les mêmes chercheuses de l’Université de Nebraska-Lincoln.

Voir : Economiste homme ou femme, le grand écart

La principale autrice de l’étude, Ann Mari May, se montre toutefois optimiste : « L’évolution démographique des sciences économiques va accroître la présence des femmes dans le domaine. Notre recherche laisse augurer que les politiques économiques s’en trouveront changées ».

À noter que l’équivalent du prix Nobel d’économie n’a, en un demi-siècle, récompensé qu’une seule femme. Elinor Ostrom, co-lauréate en 2009 avec Oliver E. Williamson, soutient justement une thèse éloignée de l’orthodoxie libérale. Ses travaux ont montré que le libre accès à des ressources communes peut avoir une efficacité économique plus forte que l’appropriation des biens par un petit nombre.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Quand le genre influe sur les politiques publiques

 

 

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