Européennes : à quoi ressemble la parité au PS ?

par Arnaud Bihel

CNPSParité sur le papier, mais les têtes de liste des deux principales circonscriptions sont des hommes. Et deux sortantes se retrouvent évincées par le jeu des courants.


 

 

Le Conseil national du Parti socialiste a proposé samedi 16 novembre ses têtes de liste dans les sept circonscriptions métropolitaines pour les élections européennes, qui se tiendront le 25 mai 2014. Un « casse-tête » qui a surtout nui à deux eurodéputées sortantes.

44,4% d’élues en 2009

Pour ce scrutin, la loi veut que les listes sont composées à parité d’hommes et de femmes, en alternance. Même si les listes sont paritaires, le choix du sexe de celui qui les conduit casse mathématiquement l’équilibre. Ainsi, si les femmes représentent théoriquement la moitié des représentants français au Parlement européen, elles n’étaient que 44,4% des 72 élus en France en 2009.

Aux dernières européennes, quatre ans plus tôt, les têtes de listes socialistes étaient 5 hommes et 3 femmes. Et 6 des 8 têtes de liste UMP étaient des hommes. Pour ce scrutin, le PS s’était engagé à assurer la parité des têtes de liste… ce qui, pour 7 circonscriptions, signifie 4 hommes et 3 femmes – la liste d’outre-mer, pas encore validée, devrait donc être conduite par une femme.

Dans le détail, Gilles Pargneaux sera la tête de liste socialiste dans le Nord Ouest, Jean-Paul Denanot dans la circonscription Centre et, comme aux dernières européennes,Vincent Peillon dans le Sud-Est et Harlem Désir en Ile-de-France. Deux hommes – deux figures du parti, pour les deux plus importantes circonscriptions.

Françoise Castex et Bernadette Vergnaud, deux sortantes évincées

Comme en 2009 également, la liste dans l’Est sera menée par Catherine Trautmann, cheffe de file des socialistes français au Parlement européen. Dans l’Ouest la conduite de la liste revient à Isabelle Thomas, élue en 2009 à la troisième place. Enfin dans le Sud Ouest la tête de liste « sera une femme, issue du PRG [Parti radical de gauche, historiquement bien implanté dans la région, NDLR]. Elle mènera la liste avec le socialiste Eric Andrieu », précise le PS.

Mais la question du Sud Ouest est loin d’être réglée. Car l’eurodéputée socialiste sortante Françoise Castex fait les frais de cet accord avec le PRG. Élue européenne depuis 2004, en deuxième place sur la liste en 2009, elle figurera cette fois en troisième position. Celle qui s’est mobilisée durant son mandat pour la défense des libertés numériques a dès lors peu de chances de retrouver son fauteuil.

Grincements de dents également dans la circonscription Ouest où « un jeu de courants et de pouvoirs politiques » a primé, dénonce Bernadette Vergnaud. Celle qui y était tête de liste en 2009 n’a pas été reconduite ; Isabelle Thomas, du courant de Benoît Hamon, ayant pris sa place, et la troisième place revenant à Françoise Mesnard, proche de Ségolène Royal.

Ces listes seront ensuite soumises au vote des militants le jeudi 21 novembre et devront être validées par la convention nationale qui se tiendra le 7 décembre. L’UMP pour sa part avait attendu fin janvier pour annoncer ses têtes de listes aux européennes en 2009, et ce sera encore tardif pour ce scrutin.

 

Photo : Conseil national du PS le 16 novembre 2013. Mathieu Delmestre / Parti Socialiste sur Flickr

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Polo 18 novembre 2013 - 23:19

Pionnière dans la lutte contre ACTA, Françoise Castex n’est même pas sur les listes !
Et apparemment Andrieu veut prendre la tête de liste à la place de la représentante PRG, ce qui ferait plus que 2 femmes ! Vive la parité au PS

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