Femme cadre cherche sponsor en entreprise

par La rédaction

« Women on board Bootcamp » hosted by Barclays, le 13/10/2011 © Women’s Forum for the Economy & Society via Flickr

Pour grimper dans la hiérarchie les femmes doivent, plus que les hommes, se rendre visibles et faire état de leurs réussites. Et compter sur des « sponsors » pour les recommander. Reste à trouver ces alliés.


 

Ses auteures, Nancy Carter et Christine Silva, y cassent le « mythe » selon lequel les inégalités de carrière et de salaire entre hommes et femmes seraient dues au fait que ces dernières sont plus effacées, moins proactives – elles oseraient moins mettre en avant leurs compétences et négocier une promotion. Les conclusions de l’étude viennent battre en brèche cette idée : les femmes, dans l’ensemble, demandent autant que les hommes ; seulement, elles sont moins entendues : « Quand les femmes ont fait tout ce qu’on leur avait dit de faire pour obtenir une promotion – en utilisant les mêmes tactiques que les hommes – elles avancent pourtant toujours moins que leurs homologues masculins, et leur salaire n’augmente pas autant », même si c’est un peu mieux que pour celles qui restent dans l’ombre.

Homophilie

Pour progresser, il ne suffit donc pas de le mériter et de le demander. La seule stratégie efficace, selon l’étude, est de savoir attirer l’attention sur ses réussites. En janvier une autre étude, menée par un think-tank new-yorkais sur la diversité en entreprise, le Center for Work-Life Policy, se penchait déjà sur cet « effet sponsor » (2). Elle relevait que « la grande majorité des femmes hautement qualifiées manquent d’alliés politiques pour les faire pousser, les inspirer et les protéger ». Et poursuivait : « Sans sponsorship il est presque impossible d’escalader les derniers barreaux, glissants, de l’échelle des carrières – là où la compétition est la plus intense. »

Reste la difficulté à trouver ces « alliés politiques ». En l’état des hautes sphères de l’entreprise, ils ne peuvent être quasi-exclusivement que des hommes, plus enclins à soutenir d’autres hommes. C’est l’homophilie, la tendance à favoriser son semblable, qu’on retrouve tout autant quand il s’agit de recrutement. S’ajoutent à cela les spéculations qui peuvent découler d’un tel partenariat entre une femme et un homme plus puissant et plus âgé. De fait, les deux tiers des hommes en position de « sponsoriser » une femme évitent de le faire pour ne pas avoir à subir de persiflages sur une éventuelle liaison… Il n’y a plus qu’à espérer que ces scrupules soient balayés par les lois sur l’égalité professionnelle, et notamment la loi Copé-Zimmermann en France qui oblige les entreprises à nommer des femmes aux plus hauts niveaux…

 


(1) « The Myth of the Ideal Worker: Does Doing All the Right Things Really Get Women Ahead ? »

(2) « Lack of Sponsorship Keeps Women from Breaking Through the Glass Ceiling », résumé ici en anglais.

 

 

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