Le Japon est, de loin, le pays développé où les femmes ont la plus faible place dans le monde du travail. Pour redresser une économie moribonde, cette situation doit changer. Mais ce n’est pas gagné…
« Le Japon remet les femmes au travail », titre La Tribune, relevant qu’il s’agit là de la seule solution pour répondre au déclin économique du pays, confronté au vieillissement de sa population.
Pas moins de 7 Japonaises sur 10 quittent le monde du travail après la naissance de leur premier enfant. Le salaire moyen des femmes ne correspond qu’à 60% de celui des hommes – principalement en raison d’un recours massif au temps partiel. Le pays se classe 101è sur 135 dans le classement de la parité du Forum Économique Mondial. « Parmi les pays développés, il possède, et de loin, le plus faible taux de femmes managers », soulignait encore une étude du Fonds Monétaire International (FMI) publiée le 15 octobre (ici en anglais).
« Les femmes peuvent-elles sauver le Japon ? » C’est la question que posait ce document, en y apportant une réponse positive et en insistant : « le Japon devrait opter pour des politiques visant à réduire les inégalités de genre dans les développements de carrière et à soutenir les mères actives ». Deux jours plus tôt la directrice du FMI Christine Lagarde faisait les mêmes recommandations lors d’une réunion à Tokyo. Déjà, en avril dernier, l’OCDE avertissait le Japon : il faut choisir entre la féminisation de l’emploi et le déclin économique.
Pourtant, pour l’heure, rien n’indique que ces conseils seront suivis. C’est en tout cas ce que souligne la dépêche de l’AFP sur laquelle s’appuie l’article de La Tribune. Une dépêche qui s’ouvre ainsi : « Dans le cadre des élections législatives le mois prochain, les politiciens – presque tous des hommes – vont expliquer ce qu’ils comptent faire pour redresser une économie moribonde. Et très peu parleront des femmes ».
Sans compter que, selon cette autre dépêche, les mentalités peinent à évoluer : « Selon une étude gouvernementale, encore près de la moitié des Japonais (et 40% des Japonaises) considéraient encore fin 2009 que la place de la femme est à la maison avec les enfants et celle de l’homme au travail à l’extérieur. La proportion est même plus forte pour les jeunes générations que pour celles qui ont connu les mouvements féministes des années 1970. »
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