Une flash-mob pour « réveiller les dirigeants »

par Isabelle Germain
flash mobParis, lundi 21 septembre 2009, midi. Une foule compacte se regroupe au pied du Sacré-Cœur, téléphones mobiles ou réveils à la main. A 12h18 précises, les mélodies du harpiste qui charme les touristes quelques marches plus bas laissent la place à un raffut de sonneries. Quatre minutes de bourdonnements ininterrompus, tandis que les voix scandent « Sarkozy, réveille-toi ! ». Quatre minutes pour une « alarme climatique », organisée sous forme de flash-mob (mobilisation éclair), à l’instar de centaines d’autres actions menées le même jour dans le monde.

 
Pourquoi 12h18 ? Un écho au 18/12, 18 décembre, jour où les dirigeants de la planète, au sommet de l’ONU à Copenhague sur le changement climatique, devront s’être accordés pour réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre.
 
A l’origine de ces rassemblements en France, l’Ultimatum Climatique, une coalition de onze ONG environnementales et de solidarité internationale (1). Sur son site internet, une horloge égrène le compte à rebours qui nous sépare de Copenhague. L’appel de la coalition attend un million de signatures pour interpeller nos dirigeants. Et sur la flash-mob parisienne, une banderole et des dizaines de T-shirts arborent le même message, à l’attention des maîtres du monde comme des simples citoyens : « On ne négocie pas avec le climat, on agit ».
 
Sur place, Annabel Hervieu coordonne la manifestation. Pour elle, chaque voix compte : « On fait du lobbying auprès des dirigeants, mais c’est important aussi que tous les citoyens se sentent concernés. Et on est très content de voir autant de monde aujourd’hui. Ca prouve bien que les gens sont conscients des problèmes climatiques, et de notre responsabilité. »

100 milliards d’euros par an

Une responsabilité qui est avant tout celle des pays riches, estime le président d’ « Oxfam France – Agir Ici ». Pour Luc Lamprière, « les pays les plus pauvres et les personnes les plus vulnérables sont les plus touchés par le changement climatique, alors qu’elles sont les moins responsables ». Les pays riches devront ainsi assumer « les dépenses considérables qui devront être faites dans les années qui viennent » afin de lutter contre le réchauffement. Des dépenses évaluées à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020. La somme peut sembler faramineuse, elle représente finalement moins du dixième des dépenses militaires mondiales.

Les occidentaux mettront-ils suffisamment la main à la poche ? Un compromis nord-sud sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pourra-t-il s’affirmer ? Ce sera là tout l’enjeu de Copenhague. La France, jusque là, s’est montrée volontariste. Les organisations de l’Ultimatum Climatique attendent maintenant « des actions et des faits ».

A deux mois et demi du sommet de la dernière chance, qui s’ouvrira le 7 décembre, les occasions de scruter les paroles et les actes ne vont pas manquer. Dès mardi 22 septembre, à New-York, le Secrétaire général de l’ONU convoque les chefs d’Etat, avec pour objectif de « mobiliser la volonté politique et la vision nécessaires pour atteindre un accord ambitieux et scientifiquement fondé » à Copenhague.

La question de l’engagement financier des pays riches sera aussi abordée à la fin de la semaine, au sommet du G20 de Pittsburgh. La crise économique ne risque-t-elle pas de servir de prétexte pour limiter les engagements financiers ?  Luc Lamprière ne veut pas le croire : « On vit tous sur la même planète. Avec les mêmes échéances, les mêmes conséquences de nos actions. Sans position commune sur les sujets qui concernent la planète, on en souffrira tous un jour ou l’autre ».

 


(1) WWF-France, Greenpeace France, Action contre la Faim, Care France, FIDH, Fondation Nicolas Hulot, Les amis de la terre, Médecins du Monde, Oxfam France Agir Ici, Réseau Action Climat, Secours Catholique. L’Ultimatum Climatique est la déclinaison française du mouvement mondial Tck Tck Tck.

 

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