Le gouvernement veut pousser les femmes à entreprendre

par Arnaud Bihel

Meilleur accompagnement, meilleur accès aux financements : c’est ainsi que le gouvernement veut développer la création d’entreprises par des femmes. Un plan surtout volontariste, qui évacue certaines questions liées aux aides.


 

 « Les femmes sont encore très minoritaires à la tête de petites sociétés : elles ne représentent que 30 % de la population des créateurs/repreneurs » de ces entreprises, rappelle le ministère des Droits des Femmes. Développer l’entrepreneuriat féminin en France, où il est particulièrement faible, c’est le sens du plan dévoilé mardi 27 août par trois ministres : Najat Vallaud-Belkacem, pour les droits des femmes Geneviève Fioraso pour  l’Enseignement supérieur et la Recherche et Fleur Pellerin pour l’Innovation et l’Economie numérique

L’objectif est ambitieux : faire progresser cette proportion d’entrepreneuses de pas moins de 10 points d’ici 2017, pour la porter à 40%. Le plan se décline en trois axes :

– « sensibiliser, orienter et informer » sur l’entrepreneuriat féminin dans l’enseignement, du collège au supérieur  ;

– « renforcer l’accompagnement des créatrices » en mobilisant les acteurs locaux et en renforçant la professionnalisation des réseaux d’accompagnement d’entrepreneuses ;

– et enfin, « faciliter l’accès des créatrices au financement », notamment par le biais de la Banque publique d’investissement. Quelques millions d’euros supplémentaires seront débloqués.

Des aides pour la technologie

Un plan suffisant pour atteindre son objectif d’accroître d’un tiers le nombre de créatrices d’entreprises en 4 ans ? Pas si sûr, quand on sait que les inégalités sont criantes, en particulier dans l’accès aux financements.

A l’heure actuelle, seulement 10 % des aides publiques à l’investissement de départ des entreprises bénéficient aux 30% de sociétés créées par des femmes. Une discrimination souvent indirecte, la principale explication étant que leurs projets n’entrent pas dans les cases prévues par ces aides.

Exemple avec les « entreprises innovantes », un concept pas vraiment défini qui compterait moins de 10% d’entrepreneuses en France. Dans ce cadre flou, « les aides publiques s’orientent vers les innovations de produits de haute technologie », regrettait récemment Frédérique Clavel, présidente de l’Agence Pour la Création d’Entreprises (APCE). « Or, il y a aussi des services innovants. Et le secteur des services est fortement créateur d’emplois. » Et plus féminisé. Pour des questions de stéréotypes, les femmes s’orientent plus vers le secteur des services que vers la haute technologie. Mais ces entreprises de services, au moins aussi utiles à la collectivité que la high tech, ne bénéficient que très peu des aides publiques.

Problème : le plan du gouvernement ne prévoit justement pas de mesure spécifique sur cette question des « entreprises innovantes ». La technologie risque donc de continuer à primer sur les services.

Barrières psychologiques

Le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) évoquait dans une note d’avril 2013 une autre explication : « une demande de financement moins forte lorsque l’entrepreneur est une femme (projets moins ambitieux) ».

Le CAS voyait une autre explication à la difficulté qu’ont les Françaises à créer une entreprise : une « intériorisation des freins à l’entrepreneuriat » particulièrement sensible pour les femmes dans l’hexagone. Sentiment de ne pas être capable, peur d’échouer… « Il existerait encore en France de réelles barrières psychologiques à la création d’entreprises, plus fortes qu’en Allemagne et bien plus fortes encore qu’aux États-Unis. »

 

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3 commentaires

De Profundis 28 août 2013 - 14:59

Moui sur ce coup là, le gouvernement soutient les femmes comme la corde soutient le pendu… taka créer une boîte high tech si tu veux être aidée : c’est le refrain d’avant qui continue

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Eric 28 août 2013 - 19:11

Des entrepreneurs qui ont besoin d’être pris par la main par des fonctionnaires…

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archichi 20 septembre 2013 - 13:34

veut surtout se faire du gras sur le dos des autres… Les hommes et les femmes devraient EXIGER MAINTENANT le départ des politicars cumulards séniles… Holande et sa clique ne font rien… sinon que s’engraisser et faire du vent…

des tas d’abruti(e)s dans les mairies, communautés de communes…

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