Le chef de file du parti Renaissance a fait parler de lui en annonçant vouloir un débat sur la « GPA éthique » en vue de l’élection présidentielle.
Probable candidat à l’élection présidentielle de 2027, Gabriel Attal veut attirer les caméras sur lui. Et il a réussi, le 21 août, en relançant une polémique sur la légalisation de la gestation pour autrui (GPA). L’ancien Premier ministre, qui dirige le parti Renaissance fondé par Emmanuel Macron, préparait sa rentrée. Et il a fait savoir à la presse, par son entourage, qu’il voulait lancer de nouvelles conventions thématiques consacrées à l’international, aux services publics, à l’éducation… et à la GPA. Et c’est ce dernier thème qui lui a assuré le plus de bruit médiatique.
Un groupe, coordonné par la députée (Renaissance) de l’Isère Camille Galliard-Minier, aurait déjà commencé des auditions avant de formuler des préconisations à soumettre au vote des adhérents dans quelques semaines pour les intégrer au programme du parti pour l’élection présidentielle de 2027.
Bruit médiatique
L’annonce a illico déchaîné une polémique entrainant des confusions sur les droits des femmes. L’extrême droite et la majorité des féministes s’opposant à cette idée pour des raisons tout à fait différentes. Les ultra-conservateurs semblent motivés par leur hostilité à l’homosexualité, tout en se cachant derrière des arguments féministes. Les féministes disant halte à l’instrumentalisation des corps des femmes.
Pour être sûr de mettre de l’huile sur le feu, l’entourage de Gabriel Attal a fait savoir que la GPA éthique faisait « vraiment partie de ses convictions personnelles très fortes » et que l’ancien Premier ministre, défendait ainsi une « mesure de natalité ».
La polémique étant d’autant plus croustillante que le chef de file de Renaissance s’opposait ainsi au président de la République qui considère que la GPA est « une ligne rouge » à ne pas franchir : « Je le redis, je n’y suis pas favorable. La GPA n’est pas compatible avec la dignité des femmes, c’est une forme de marchandisation de leur corps », affirmait-il en mai 2024, dans le magazine Elle.
Progressistes ?
Les ultra-conservateurs ont alors poussé des cris d’orfraies dans les journaux très à droite. Et certains journaux de gauche ont, du coup, fait passer les pro-GPA pour des « progressistes ».
Du coup la gauche et une partie de Renaissance se montrent divisées. Certains sont intimidées par les risques d’amalgames avec l’extrême droite, d’autres sont favorables à la GPA, en solidaité avec ceux qui ne peuvent pas avoir d’enfants, en dépit de l’impact de la GPA sur les Droits des femmes.
Débat déjà tranché par les Nations Unies
Certaines féministes ont cependant réussi à faire entendre leur voix dans les médias. Gabrielle Siry-Houari, maire-adjointe PS du 18e arrondissement de Paris a rappelé des fondamentaux sur les réseaux sociaux : « A ceux qui disent ‘pourquoi pas légaliser la GPA, ayons le débat’ les Nations-Unis vous répondent qu’il s’agit d’une exploitation des femmes qui constitue une violence envers elles et les enfants. La GPA est qualifiée de violation sérieuse des droits humains ». Elle a ensuite été invitée sur le plateau de 20 minutes sur Arte puis sur RTL où elle a notamment rappelé que la GPA est un marché très lucratif (pas pour les femmes qui mettent leur ventre à disposition mais pour beaucoup d’autres)
Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel a exprimé une position très claire : «c’est non ! » à une pratique qui « exploite les plus vulnérables »
Au sein du parti présidentiel, des voix se sont aussi élevées contre l’idée de GPA éthique. La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé a affirmé sur Europe1 /Cnews que la GPA est «totalement contraire» à «la dignité des femmes», même si, elle affirme «comprendre la douleur de celles et ceux qui n’arrivent pas à être parents»
Mais les ténors des autres partis de gauche sont restés très discrets. En envoyant son ballon d’essai dans l’opinon le candidat à l’élection présidentielle a pu s’assurer que la GPA était un bon thème pour faire du bruit médiatique. Il a ainsi réouvert une porte pour la légalisation de la GPA…