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Grandes manœuvres autour des inégalités salariales

par Arnaud Bihel

Visuel de la CGT sur le site http://www.egalite-professionnelle.cgt.fr/

La ministre du Travail veut « supprimer » d’ici 2022 la part inexpliquée des écarts de salaires entre les femmes et les hommes. Tandis que la CGT lance un site « d’action » sur l’égalité professionnelle et que le CESE va émettre des recommandations.


Si la question des violences sexistes reste au cœur de l’actualité depuis des mois, une autre facette de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes est venue s’imposer ces derniers jours, au travers des actions de femmes journalistes : l’égalité professionnelle.

Et le sujet reste sur le devant de la scène cette semaine, avec la mise en ligne par la CGT, mardi 22 janvier, d’un nouveau site internet. La plate-forme nommée « Gagner l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes » compile vidéos et documents pour expliquer les mécanismes des inégalités entre les femmes et les hommes au travail, et proposer des moyens d’action, comme cet « accord égalité type ».

Le syndicat part de ce constat : les lois sur l’égalité professionnelle existent, encore faut-il les appliquer. « C’est d’abord aux acteurs de prendre leurs responsabilités », estimait la ministre du Travail en assurant dimanche, dans un entretien au JDD, vouloir « agir pour le rattrapage salarial ». Muriel Pénicaud va réunir les partenaires sociaux pour discuter égalité professionnelle avec pour objectif d’« élaborer un plan d’action d’ici à la fin mars ».

La ministre entend « supprimer » d’ici à la fin du quinquennat la part inexpliquée de l’écart de salaire entre les femmes et les hommes, à travail égal, estimée à 9%. Vaste programme. Pour Muriel Pénicaud, il faut « perfectionner » les outils d’évaluation des salaires en entreprise. « Plus de transparence est nécessaire », assure la ministre.

Ce mercredi 23 janvier, par ailleurs, le CESE (Conseil économique, social et environnemental) doit adopter une résolution sur l’égalité professionnelle. Sa principale recommandation, selon le JDD, est de renforcer les sanctions sur les entreprises fautives. Ce qui rejoint une demande forte de la CGT. « Alors qu’il est obligatoire d’avoir un accord d’entreprise ou un plan d’action en matière d’égalité professionnelle, 59 % des entreprises (de plus de 50 salarié.e.s) n’en ont pas, et seules 0,2 % d’entre elles ont été sanctionnées », rappelle le syndicat. Dans un entretien aux Nouvelles NEWS, en août dernier, Marlène Schiappa assurait vouloir multiplier les contrôles aléatoires.

Voir : “Mettre les sanctions en cohérence avec ce qui est prévu par les lois”

Reste la question des moyens accordés aux services de l’État pour mener à bien ces contrôles. La CGT réclame un « renforcement » de ces moyens. Interrogée à ce sujet par le JDD, Muriel Pénicaud botte en touche, assurant que le nombre d’inspecteurs et contrôleurs du travail est « supérieur au plancher recommandé par l’Organisation Internationale du Travail ».

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Enfin un guide pratique pour l’égalité professionnelle

#3Novembre11h44 : ce qu’il faut savoir sur les écarts de salaires femmes/hommes

Ce que dit vraiment la loi sur l’égalité salariale en Islande

 

 

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