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Inégaux face au coronavirus

par La rédaction

Les hommes résisteraient moins bien à l’infection. Question de biologie et de mode de vie.  D’où la nécessité d’approches différenciées dans la recherche médicale.

Les hommes et les femmes sont quasiment égaux devant la contamination au coronavirus Covid-19 mais, face à la maladie, les femmes s’en sortiraient mieux. C’est ce que révèle un rapport hebdomadaire du Centre Chinois de prévention des maladies repris dans une longue enquête du New York Times.

Le coronavirus touche désormais des dizaines de pays après avoir démarré en Chine. 51,4 % des personnes contaminées sont des hommes. Mais les taux de mortalité sont de 2,8 % pour les hommes et 1,7 % pour les femmes.

Ces chiffres sont issus de dossiers médicaux de patients en Chine et portent sur un échantillon relativement faible. Mais ils corroborent d’autres observations  faites à l’occasion de maladies également provoquées par des coronavirus :  des épidémies de syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) et de syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers). Les hommes avaient également des taux de mortalité plus élevés que les femmes.

Des expériences menées sur des souris contaminées par le Sras et le Mers ont permis de faire des hypothèses sur la nature protectrice des œstrogènes. Et des hypothèses sur le rôle des deux chromosomes X chez la femme, qui porteraient les gènes de l’immunité. Tandis que les hommes ne portent qu’un seul chromosome X.

La scientifique interviewée par le NYT , Sabra Klein, spécialisée dans les différences entre les hommes et les femmes dans les réactions aux virus et aux vaccins à l’école Bloomberg de l’université Johns Hopkins, assure que la mémoire immunitaire des femmes est mieux développée grâce à l’œstrogène

A ces facteurs biologiques s’ajoute la question des modes de vie. En Chine, plus de la moitié des hommes fument contre seulement 2 % des femmes chinoises. Or, les maladies pulmonaires chroniques dues au tabagisme ont un impact sur la morbidité et la mortalité de l’épidémie de coronavirus. En outre, les femmes sont davantage proactives dans la recherche de soins et sont dépistées et traitées plus tôt que les hommes. Et question prévention par le lavage de mains, selon Sabra Klein plusieurs études auraient montré que les hommes – même les travailleurs de la santé – se laveraient moins souvent les mains ou utiliseraient moins souvent du savon que les femmes. Autant d’éléments qui incitent à dire que la population la plus vulnérable  est celle des hommes âgés.

Le magazine Forbes explique qu’il  « existe un revers à la médaille du système immunitaire robuste des femmes : (…) elles sont plus susceptibles de contracter des maladies auto-immunes comme le lupus, l’arthrite rhumatoïde et certaines formes de maladies thyroïdiennes. » Pour les mêmes raisons elles sont un peu moins vulnérables face au coronavirus mais beaucoup plus face aux maladies auto-immunes. D’où la nécessité, pour la recherche médicale d’avoir des approches différentes selon le sexe des patient.e.s. Le CESE le disait déjà en 2010 ( voir :  Pas de parité devant la santé )

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