Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Les hommes ont du mal à gagner moins que les femmes

Les hommes ont du mal à gagner moins que les femmes

par Arnaud Bihel

Les femmes consacrent un tiers de temps en plus aux tâches domestiques que les hommes, et gagnent un quart de moins. Et selon une étude belge, cette inégalité reste ancrée dans les esprits des hommes : gagner moins et en faire plus à la maison les déprime.


 

Les hommes dont la conjointe gagne davantage, ou qui partagent les tâches ménagères, ont davantage tendance à déprimer. C’est en tout cas ce que montre une étude belge de l’université de Gand, dévoilée jeudi 9 janvier, qui déplore « que la transition vers l’égalité des sexes au sein des couples connaisse encore une forte résistance chez les hommes ».

Certes, les données sur lesquelles se fonde l’étude (relevées auprès de 1054 couples belges hétérosexuels) datent de 2001. Les résistances se sont peut-être estompées depuis. « Le problème est plus prononcé dans les classes plus âgées », relève aussi le sociologue Piet Bracke, qui a conduit l’étude. On peut aussi objecter que, les couples où les femmes gagnent plus étant très minoritaires, l’échantillon concerné n’est pas hautement significatif.

Des résultats (qui ne seront pas encore publiés en détail) à nuancer, donc. Quoi qu’il en soit, les chercheurs concluent que dans les ménages où la femme gagne plus que l’homme, et ceux où les tâches ménagères sont partagées, les hommes ont davantage tendance à évoquer des symptômes de dépression. Ce qui n’est pas le cas des femmes qui gagnent moins et en font plus à la maison.

« Il reste à l’homme à ne plus se braquer sur son autonomie »

Des résultats « surprenants » pour Piet Bracke : « Nous avions commencé cette étude dans l’optique de démontrer que les mœurs avaient changé et que l’on se dirigeait doucement vers une égalité de sexes, mais les résultats tendent plutôt à montrer le contraire. »

Mais pour le sociologue – et c’est ce qu’on préfère retenir – il importe avant tout de ne pas s’arrêter à ce constat. Mais au contraire d’évoluer : « Il reste à l’homme à ne plus se braquer sur son autonomie et à accepter que, dans certains cas, il puisse se reposer sur une femme qui est plus compétente et gagne mieux sa vie que lui. »

Ce serait pourtant plutôt aux femmes de déprimer

Le chemin vers l’égalité dans les faits est encore bien long. En moyenne, les femmes passent un tiers de temps en plus aux tâches domestiques que les hommes, et gagnent un quart de moins. En France, les femmes consacrent au temps domestique 3h52 par jour, les hommes 2h24. Et elles sont 69% à déclarer en faire plus que leur conjoint, tandis que seuls 58% des hommes admettent en faire moins (Voir : Pour le partage des tâches ménagères, on repassera). Quand il s’agit de s’occuper des enfants, l’écart est encore plus marqué (Voir : Les mères consacrent aux enfants deux fois plus de temps que les pères).

Quant à l’écart de salaire, les femmes en France gagnent en moyenne 24% de moins que les hommes, un tiers relevant de discrimination pure (Voir : Un tiers de l’écart de salaire hommes/femmes reste inexpliqué).

 

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10 commentaires

Sosso 9 janvier 2014 - 20:56

c’est normal, les hommes mangent des Mars, les femmes des Nuts, c’est moins cher

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flo 10 janvier 2014 - 11:57

« … il reste à l’homme à ne plus se braquer et à accepter de se reposer sur une femme… » ah ah ah ! je ne savais pas les sociologues si comiques ! se reposer sur une femme.. n’est ce pas déjà une notion parfaitement maîtrisée par beaucoup d’hommes ?

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delandre 13 janvier 2014 - 16:27

En tout cas… j’ai plutôt l’impression d’attirer ceux qui cherchent un loyer gratuit… mais on ne fait affaire qu’avec de beaux hommes ayant un certain pouvoir d’achat.

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Lili 13 janvier 2014 - 19:00

Euh… Fallait une étude pour ça? Les hommes sont comme les femmes : gagner moins et en faire plus à la maison les déprime. Raison pour laquelle les femmes se battent pour l’égalité salariale et le partage des tâches ménagères. Visiblement à leur place les hommes en feraient autant. Heureusement !!

Heureux de voir que les hommes ne sont pas totalement stupides. Ils faudra qu’ils découvrent que les tâches ménagères c’est marrant pour personne, et qu’il doivent s’y coller aussi, et que la vie de famille, un couple équilibré, du temps pour soi ou pour autre chose que le boulot, c’est du bonheur qui mérite parfois de gagner moins.

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09 Aziza 14 janvier 2014 - 08:36

Vous avez raison, Flo, « se reposer » sur leur femme pour les tâches ménagères, administratives, les enfants, bref, tout ce qui est contrainte, les hommes sont très forts. Pour le moment, le seul résultat, quand c’est la femme qui gagne plus, c’est QU’EN PLUS de tout ça , elle paye les factures….

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derz 15 janvier 2014 - 17:42

Le problème vient surtout du fait que les femmes (dans la grande majorité des cas) ne veulent pas sortir avec un homme qui gagne moins ou qui a un statut social « inférieur ».

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tululu 15 janvier 2014 - 21:52

« derz »
Le problème vient surtout du fait que les femmes (dans la grande majorité des cas) ne veulent pas sortir avec un homme qui gagne moins ou qui a un statut social « inférieur ».

A titre personnel, j’en ai vraiment rien à faire.
Je ne sais pas dans quel monde vous vivez, mais dans le mien, je n’ai jamais vu cela (même si, je vous le concède, cela peut exister…tout comme l’inverse).
Avez-vous une étude ou des informations à ce sujet? (je ne dis pas que ce que vous dîtes est faux mais ça me paraît quand même tout à fait absurde/fou! Il faut que je sache!)

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taranis 16 janvier 2014 - 10:17

[quote name= »derz »]Le problème vient surtout du fait que les femmes (dans la grande majorité des cas) ne veulent pas sortir avec un homme qui gagne moins ou qui a un statut social « inférieur ».

Vous présentez par ce cliché, le stéréotype décrit dans l’article et comme tout dominant vous essayez d’en inverser la responsabilité sur les femmes « libérées ». Les hommes veulent le pouvoir sur leur famille et les femmes leur autonomie , résultat d’une lutte pour l’émancipation que vous n’acceptez pas. Maintenant si vous vouliez dire qu’aujourd’hui les femmes acceptent moins de vivre sous tutelle d un looser qui profite d elles et qui de surcroit utilise la violence pour maintenir son statut de mâle viril, encore heureux que par nos études et nos emplois nous sommes sorties de la dépendance à un homme. En France, dans la vie de tous les jours, on entend souvent qu’un homme se doit d’être protecteur et d’avoir une certaine autorité. Au contraire, les femmes doivent être souriantes et faire attention à leur apparence. Elle sauvera sa peau en se démontrant loyale, obéissante, utile et même fanatique au service des hommes qui l’entourent. Quelles que soient les valeurs ambiantes, elle les incarnera avec une fidélité sans faille. Les hommes respectent rarement leur part du marché tel qu’elle l’entend : la protéger contre la violence masculine. Le fait de traiter quelqu’un comme manquant d’autonomie et d’autodétermination est un déni qui implique l’idée de traiter l’autre comme un objet.

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florent cappelletti 20 janvier 2014 - 15:24

En lisant cet article, j’ai l’impression que la rédactrice oublie que les hommes de + de 40 ans sont autant touché par le chomage que les femmes. Quand aux jeunes soit ils ont du mal à trouver du travail, soit ils sont dès fois moins diplomès que leurs conjointes.
Le problème qui se pose lorsqu’il s’agit de savoir qui va rester à la maison quand nait un enfant, plus qu’un problème de sexisme ordinaire est surtout un problème pratico-pratique.
Même si l’homme souhaite s’arreter, aucun texte ne permet réellement à un père de prendre un congès paternel surtout dans le privé .
Dernièrement il y a bien eu un congès parental accordé au père..durée 11 jours !
Alors lorsque les textes permettront effectivement aux hommes de s’occuper des enfants, il y aura plus d’hommes qui se mettront après temps partiel et qui gagneront de fait 25 % de moins que les femmes.
Mais il y aura aussi plus d’hommes qui obtiendront la garde des enfants lors des divorces.

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taranis 21 janvier 2014 - 17:53

[quote name= »florent cappelletti »]lorsqu’il s’agit de savoir qui va rester à la maison quand nait un enfant, plus qu’un problème de sexisme ordinaire est surtout un problème pratico-pratique

Voila des propos de « mâle »digne d une discussion au café des sports…C’est le congés paternel, parallèle au congé maternel qui est de 11 jours accordés au père pour lui aussi profiter de ce nouveau-né qui va changer sa vie. Le congé parental s’adresse aux …..Parents indifféremment mais seuls 3,5% des pères français l’ont pris en 2012. Un déséquilibre éloquent qui révèle une série de points de blocage : faible rémunération du congé, vision traditionnelle du rôle du père toujours profondément ancrée, peur de la « placardisation »… Autrement dit, si les hommes sont si peu nombreux, en France, à prendre un congé parental, (moins d’un père sur cent, contre une mère sur quatre en 2012, cela serait dû, non pas à un dysfonctionnement du congé, mais au fait que les femmes sont « naturellement » plus aptes à s’occuper des jeunes enfants… En France, l’idée que la garde des enfants en bas âge est « une affaire de femmes » demeure persistante L’image traditionnelle du pater familias, pourvoyeur de revenus du foyer, accro à la réussite professionnelle et peu impliqué au quotidien dans la sphère familiale, est toujours présente dans les esprits. En France, le congé est un droit familial, il appartient aux parents de décider comment répartir entre eux les droits à un congé qui peut durer jusqu’à trois ans. En pratique, c’est presque invariablement la mère qui le prend (96%). Avec l’adoption de la réforme portée par la ministre française des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, ce congé évoluerait vers un droit individuel. Chaque parent sera titulaire d’un droit de six mois qu’il perd s’il ne l’utilise pas. Un mécanisme de « part réservée », inspiré du modèle allemand, qui vise à inciter les pères à prendre davantage leur congé

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