Accueil Politique L’horizon prometteur de la recherche sur les embryons

L’horizon prometteur de la recherche sur les embryons

par Isabelle Germain

 

 EmbryonL’Assemblée Nationale a autorisé mardi 16 juillet la recherche sur les embryons humains. Les cellules souches pourraient soigner des maladies incurables, permettre de comprendre leur développement ou encore remplacer l’expérimentation animale.


 

« Quel grand jour pour la bioéthique ! » s’est exclamé le député PS Jean-Louis Touraine. L’autorisation d’utiliser des embryons pour la recherche, il l’attendait depuis 35 ans ; c’est chose faite grâce à une proposition de loi des radicaux de gauche, adoptée par 314 voix contre 223. Alors que ce type de recherche était jusque là interdit, sauf exceptions (accordées assez facilement) depuis 2004, il est désormais autorisé sous contrôle.

« Dans quelques instants, pensez à ceux de nos concitoyens malades qui attendent, qui espèrent des thérapies nouvelles » s’est réjoui Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre de la recherche et président des députés PRG. La recherche sur les embryons devrait en effet permettre de soigner des maladies aujourd’hui incurables, comme Alzheimer, Parkinson, la sclérose en plaques, certains types de diabètes…

Dans leurs premiers jours, les embryons sont formés de cellules souches pluripotentes, qui peuvent se transformer en n’importe quelle cellule du corps humain. Elles peuvent donc être utiles pour réparer un organe endommagé, voire remplacer une greffe d’organe.

L’expérimentation sur les embryons devrait également permettre de comprendre le développement de certaines maladies génétiques. Enfin, elle pourrait être utile pour prédire les risques sanitaires des médicaments et donc limiter leur expérimentation sur les animaux.

Des réticences religieuses

Cette proposition de loi a occasionné une forte résistance, notamment du côté des groupes catholiques comme le collectif « Un de nous » (dont font partie les désormais célèbres Alliance Vita, très active contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, ou Fondation Jérôme Lejeune). Ces associations se sont faites remarquer en organisant le 11 juillet un happening… curieux (filmé ici par Le Parisien). La Fondation Jérôme Lejeune s’était fait précédemment rappeler à l’ordre par le CSA pour sa communication trompeuse « pour la défense de l’embryon », laissant imaginer que la recherche concernerait des quasi-foetus, alors qu’il ne s’agit que de quelques cellules.

Le collectif a aussi lancé une initiative européenne visant à bloquer les subventions de l’UE pour ce type de recherches (50 millions d’euros entre 2007 et 2013). Si la pétition atteint le million de signatures (elle en est à 762 000) la Commission européenne devra l’examiner – sans obligation d’agir ensuite. Actuellement les lois européennes sont très contrastées sur le sujet : autorisation totale en Angleterre, par exemple, contre interdiction totale en Allemagne.

Rappelons que la création d’embryons spécialement pour la recherche reste interdite : ceux qui seront utilisés viendront des stocks surnuméraires créés pour des PMA, avec l’autorisation des parents potentiels. Ceux-ci ont le choix entre les donner à d’autres couples, à la science ou les détruire.

 

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1 commenter

NR77 18 juillet 2013 - 17:43

Dépêchons nous d’investir dans les labos de PMA. Les business qui s’alimentent et se verrouillent l’un l’autre sont durables.

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