Ingénieures : des obstacles pendant les études ?

par Juliette Sabatier
Biomedical Engineering Lab par UC Davis College of Engineering sur Flickr (CC BY 2.0)

Biomedical Engineering Lab par UC Davis College of Engineering sur Flickr (CC BY 2.0)

Moins de 30% de femmes dans les écoles d’ingénieurs. Au-delà de la – très – lente féminisation de ces cursus, il devenait indispensable d’analyser les conditions dans lesquelles elles étudient. C’est l’objet d’une enquête en cours jusqu’au 20 mars.


 

Depuis une dizaine d’années, les écoles d’ingénieurs et, dans une moindre mesure, les filières scientifiques et techniques des universités, mettent en place des actions pour attirer plus de jeunes filles… Avec des résultats mitigés. Poids des représentations concernant les métiers « masculins » ou « féminins », manque de rôle modèles, frilosités des parents ou des personnels en charge de l’orientation… Les explications sont multiples et assez largement connues des spécialistes. Mais les freins liés au déroulement des études elles-mêmes sont encore peu étudiés.

Association Femmes IngénieursUne étudiante en sociologie de l’éducation de l’université de Rennes 2 a lancé, en partenariat avec l’association Femmes Ingénieurs, une enquête quantitative et qualitative à destination des élèves ingénieures et diplômées depuis moins de 2 ans. Les items concernent notamment les choix d’orientation, la santé et le bien-être, les sexualités, les discriminations et les violences.

Les résultats, qui seront dévoilés en juillet prochain, vont-ils révéler que ces étudiantes subissent des formes de marginalisation, de dévalorisation ou de violences spécifiques dans ces cursus ? Le fait d’y être minoritaires occasionne-t-il des difficultés particulières ? Sans préjuger des résultats, ni sombrer dans le pessimisme, on sait déjà qu’être l’une des seules élèves dans une classe ou une option expose à ces risques. Il était temps de poser la question frontalement aux futures ingénieures.

Pour répondre à l’enquête, c’est ici.

 

Pour en savoir plus sur la visibilisation des ingénieures voir notre article :

Les ingénieures sortent de l’ombre

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

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AdaWeek : pour des femmes aux manettes dans les STEM

 

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5 commentaires

BriGeek 23 février 2016 - 12:56

J’ai hâte de voir les résultats. Quand mes élèves ingénieures me demandent si elles « doivent » porter une jupe lors des oraux ou des entretiens, ou qu’elles n’ont pas été prises en stage parce qu’elles sont filles, j’ai peur que ça ne soit que la partie émergée de l’iceberg.

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flo 23 février 2016 - 17:27

Les sociologues qui tentent de trouver des explications au plafond de verre devraient se pencher sur un phénomène qui n’a jamais -à ma connaissance- été étudié : le rang dans la fratrie. En étudiant le parcours de centaines de femmes célèbres, je l’ai comparé avec leur place dans la fratrie (merci internet). Le résultat est absolument bluffant : qu’elles soient cheffe d’Etat, compositrices, peintres, ministres, femmes d’Affaires, femmes influentes au classement Forbes, toutes les Prix Nobel sans exception (facile à vérifier, elles sont une poignée), femmes ayant eu un métier exceptionnel pour leur époque (chercheuse, anthropologue, physicienne, photographe…), etc etc… qu’elles soient nées au 18e ou au 20e siècle, elles ont pratiquement toutes un point commun : elles n’ont pas de frère aîné. Les sociologues devraient pouvoir en tirer certaines conclusions. Quant à Freud, qui nous a appris que le garçon devait « tuer le père » pour exister, s’il s’était intéressé à la vie des filles, il aurait peut-être découvert le pot aux roses : les filles doivent d’abord « tuer le frère » pour exister, puis accessoirement le père, l’affaire est par avance beaucoup plus ardue…

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Hélène 24 février 2016 - 10:37

merci Flo pour cette observation super intéressante ! O joie je n’ai pas de frère ainé :p

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Lora 2 juillet 2016 - 11:07

Je m’étais fait la réflexion pour les femmes politiques belges (je suis belge) dont le père est ou était politicien : elles n’ont pas de frère pour celles pour qui j’ai regardé, mais je n’ai pas fait une étude exhaustive. Donc, c’est plutôt faute de fils, poussons la fille…

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delphine 24 février 2016 - 10:06

Merci d’avoir relayé l’étude! J’ai hâte de voir les résultats.
J’ai particulièrement envie de voir la perception qu’on les étudiantes d’aujourd’hui de la culture masculine des écoles: si elles s’en accomodent, si elles la rejettent, si elles se la ré-approprient à leur sauce?

J’ai effectivement rencontré du sexisme de la part des profs en classe prépa: vieil établissement, vieux profs…
Mais en école, moins. On se tenait les coudes entre filles (toutes les activités extra-scolaires aident, notamment le sport universitaire…) et j’ai finalement gardé un très bon souvenir de ces années.

Lors de mes interventions auprès des jeunes, que je réalise pour l’association Femmes Ingénieures, je précise aux jeunes filles qu’il y a ni moins ni plus de sexisme en école d’ingénieur qu’ailleurs. Et donc que ça ne doit pas être un obstacle si elles veulent faire des sciences.
Et à titre personnel je trouve qu’on sort d’études scientifiques bien armée contre le sexisme.

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