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Interp’elles : le réseau féminin d’EDF qui vante l’exemplarité

par Arnaud Bihel

EDF s’engage pour l’égalité homme/femme au sein de l’entreprise… face à un tableau encore très inégalitaire.


 

Via Interp’elles, le réseau féminin du groupe EDF créé en 2004, l’entreprise tient à démontrer qu’elle prend à bras le corps le problème des discriminations liés au sexe. Environ 300 personnes, – dont 10% d’hommes – étaient réunis à ce titre vendredi 11 octobre pour une journée sous le signe de la mixité professionnelle. Avec pour mot d’ordre : « Mesdames, soyez actrice de votre carrière. » Tout pour exposer les bons points d’EDF en matière de mixité… et constater le long chemin qu’il reste à parcourir.

« Osez ! Ayez confiance en vous »

Lors d’une table ronde réunissant des dirigeant(e)s d’EDF, chacun revendique la nécessité pour les femmes d’oser dans leur vie professionnelle. « Ayez confiance en vous ! » scande ainsi Sylvie Jehanno, la toute nouvelle présidente du réseau Interp’elles. Michel Tournier, directeur de la division production et ingénierie thermique, encourage de son côté les femmes « à exprimer clairement (leurs) ambitions ».

Si tous sont unanimes pour exposer que la mixité a un intérêt collectif, qu’il est nécessaire de lutter de façon pratique contre tout ce qui pourrait constituer des freins pour les femmes, le silence règne lorsque la question « Qu’est-ce que la mixité apporte à l’entreprise ? » est posée. Avant que Sylvie Jehanno ne souligne que la mixité aide à l’élaboration d’une vision différente et enrichissante au sein d’une équipe.

Par la voix du parrain d’Interp’elles, Hervé Machenaud, Directeur de la Direction Production et Ingénierie au sein de l’entreprise, EDF vante le prochain « prix de la femme Energia » qui sera décerné à une action importante allant dans le sens de cette volonté de mixité. Arguant qu’il faut notamment prendre en compte les congés de parentalité pour les salariés, Hervé Machenaud avance qu’il ne faut « pas organiser de réunions à 7h ou 20h », qu’« imaginer un monde sans femmes n’a pas de sens », mais n’apporte pas de réponse concrète à la question posée par Emmanuelle Gagliardi, consultante pour l’agence « Connecting WoMEN Agency » : « Comment faire pour avoir une direction plus féminine ? »

« Interroger les femmes, mais aussi les hommes »

Catherine Grimaud, 52 ans, chargée d’Insertion de Personnes Handicapées chez EDF via la mission handicap, est salariée de l’entreprise depuis 27 ans. Pour elle, éviter les discriminations commence par ce genre d’initiatives. « Cela permet de comprendre des phénomènes de différence, assure Catherine Grimaud. A EDF comme ailleurs, le handicap fait peur, les gens pensent que l’on n’a pas les compétences. Il faut toujours prouver qu’on est capable, déjà en tant que femme, mais en plus en tant qu’handicapée. Ce n’est pas une discrimination venant de l’entreprise, mais de fait, par des a priori de personnes. »

Ainsi, elle considère qu’« interroger les femmes, mais aussi les hommes sur leur façon d’observer et d’agir dans leur domaine de responsabilité » est une façon de poursuivre le combat de l’égalité.

30% de femmes, deux fois moins de cadres dirigeantes

Néanmoins, si ce type d’action vise à démontrer combien EDF est exemplaire en matière d’égalité, Marianne Laigneau reste la seule femme parmi 14 hommes au Comité exécutif de l’entreprise. Si les services centraux (type secrétariat) restent composés à 60% de femmes, la part des femmes dans les effectifs totaux était de 30% en 2011. Et à ERDF, le réseau de distribution d’EDF, seules 18% de femmes figurent au tableau. Christine Goubet Millaud, DRH chez ERDF, met en avant le besoin de « facilité l’accès aux femmes aux métiers techniques, ne pas les cantonner seulement à des métiers dits « féminins ». Un rapport de la CGT EDF daté de 2011 explique que « le domaine technique, dit « cœur de métier », demeure un bastion masculin tenace. En 2011, les femmes n’y représentent encore que 11% des effectifs.

« Au-delà de cette ségrégation professionnelle, partout dans l’entreprise, qu’elles soient numériquement majoritaires ou minoritaires, les femmes sont hiérarchiquement dominées par les hommes », poursuit le rapport : elles représentent « 30,1% des effectifs totaux de l’entreprise en 2011, mais 25,7% des cadres supérieur-e-s et seulement 20% des membres des comités de direction et 15,9% des cadres dirigeant-e-s. »

 

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