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Investir dans la mixité pour doper la croissance

par Isabelle Germain

FCPIParadoxe : les entreprises dirigées par des femmes ou disposant d’un taux d’encadrement féminin surperforment mais ces mêmes entreprises ont du mal à trouver des financements pour se développer.

Pour en finir avec cette absurdité, un fonds investissant uniquement dans des entreprises dirigées par des femmes vient de voir le jour. Ce serait même le premier fonds d’Europe continentale du genre. Ce fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI) géré par la banque d’investissement Bryan, Garnier & Co est lancé en partenariat avec l’association Women Equity for Growth qui se consacre à l’accompagnement des femmes cheffes d’entreprises.

Mixité = performance

Riche idée pour les souscripteurs. Les 14 entreprises du CAC 40 dont le taux d’encadrement féminin est supérieur à 35% ont des performances moyennes très supérieures aux autres en termes de croissance (+ 61%), de rentabilité (+ 96%), de productivité (+ 34%) et d’emploi (+ 157%), indique une étude réalisée par Michel Ferrary, chercheur au Centre de recherches sur le management, CERAM. D’autres enquêtes montrent que l’égalité entre femmes et hommes pourrait permettre aux Etats membres de l’Union européenne une augmentation de 15 à 40% de leur PIB.

La France à la traîne

Des cancres comme la France devraient même se situer sur le haut de cette fourchette de progression potentielle puisque notre beau pays atteint péniblement le 62ème rang mondial concernant la participation des femmes à l’économie en 2009. Un chiffre en régression : la France était au 53ème rang mondial en 2008. Et pourtant 56% des diplômés de l’enseignement supérieur sont des femmes.

Peu d’argent pour les entrepreneuses

« Malgré leurs performances, les entreprises dirigées par des femmes ont du mal à accéder au capital », observe Dunya Bouhacene, fondatrice de Women Equity. Question de préjugés souvent de la part des investisseurs qui ont du mal à voir dans une femme l’entrepreneuse ou la manager de choc. Mais aussi parfois réticence des femmes à prendre trop de risques. « Elles ont souvent besoin d’être coachées pour rendre leur discours audible par des financeurs », observe Dunya Bouhacene.

Nouveau souffle

Alors les femmes dirigeantes doivent-elles devenir des hommes dirigeants comme les autres ? Justement non. Celles qui intéressent les financeurs en herbe d’entreprises de femmes sont celles qui ne clonent pas les hommes. « Nous devons en finir avec ce gâchis », estime Greg Revenu, directeur général de Bryan Garnier, c’est précisément le nouveau souffle apporté par les femmes au management qui l’intéresse. Une certaine ouverture au monde, une autre façon de gérer les priorités.

Il se souvient qu’une réunion de travail organisée le jour de la rentrée des classes ne posait habituellement pas de problèmes à des financiers, jusqu’au jour où une femme s’en est mêlée. La notion d’efficacité dans la conduite des réunions a pris alors un nouveau visage. Mais il faut que les femmes soient nombreuses pour faire changer ces mœurs managériales. Le seuil à partir duquel elles ne se comportent plus comme « des hommes comme les autres » serait de 35%. « Nous devons aider ces femmes en affectant notre épargne à leurs entreprises mais aussi en les faisant connaître, en jouant sur l’exemplarité. »

Pour enclencher ce cercle vertueux en faveur de la croissance, il précise les critères de choix des entreprises : « Nous privilégions deux objectifs : le retour sur investissement et l’utilité sociale. » Le fonds compte investir en priorité dans les entreprises de croissance disposant d’un chiffre d’affaires d’au moins 2 millions d’euros.

 

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