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IVG en Espagne et en Europe : retour en arrière

par Isabelle Germain

plusjamaisçaavortementsmallL’Espagne fait un bond en arrière sur l’avortement et veut entraîner l’Europe. La résistance s’organise.


 

Rien n’est jamais acquis… sur les droits des femmes en particulier. L’Espagne en fait l’amère expérience. Bien avant la France, le gouvernement Zapatero, en 2004, fut le premier à être paritaire. Conséquence : les droits des femmes avaient considérablement progressé, l’Espagne votant en 2007 une loi cadre sur l’égalité entre hommes et femmes.

Mais depuis que le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy est aux commandes, c’est marche-arrière. Sur l’avortement, il est sur le point de mettre en œuvre ses funestes promesses de campagne (voir : « Recul sociétal » en Espagne sur l’IVG). Une loi, votée en 2010 autorisait l’avortement jusqu’à la quatorzième semaine de grossesse sans condition de motif. Un avant-projet de la loi adopté par le Conseil des ministres le 20 décembre dernier restreint l’avortement à deux cas : s’il y a eu viol et si la santé physique ou psychique de la mère est menacée. La santé psychique devant être appréciée par deux médecins différents. Même le cas de malformation du fœtus est exclu du droit à l’avortement. Ce projet de loi doit être bientôt soumis au Parlement où il a de fortes chances d’être adopté, le Parti populaire au pouvoir ayant la majorité.

Extension à l’Europe ?

Et le gouvernement espagnol n’entend pas en rester là. Le ministre espagnol de la justice, Alberto Ruiz-Gallardon, a annoncé qu’il se rendrait à Bruxelles en février pour expliquer le texte. Il estime, dans un entretien au quotidien monarchiste ABC du 27 décembre : « Nous avons fait la première loi qui reflète l’opinion majoritaire des citoyens européens »… Il est persuadé que son «  initiative aura des prolongements dans les Parlements d’autres pays européens. »

L’Espagne n’est pas, en effet, le seul pays européen à régresser. Si la France a fait un pas en avant le 18 décembre dernier en supprimant des textes officiels l’idée que l’avortement concerne les femmes « en situation de détresse » (dans la majorité des cas, il pallie les inévitables accidents de contraception), dans d’autres pays, l’IVG est sous pression en Europe. Tout récemment, le Parlement Européen a rejeté une simple proposition de résolution sur les droits des femmes (voir : Revers pour les droits des femmes au Parlement européen).

Retour aux manifestations

La mobilisation s’organise donc, en solidarité avec l’opposition espagnole et pour prévenir d’autres reculades en Europe. En France, une manifestation organisée par plusieurs associations a eu lieu devant l’ambassade d’Espagne le 27 décembre à Paris, manifestation à laquelle le PS s’est rallié. « Il est clair que si la droite espagnole s’obstine, les droits des femmes deviendront un sujet majeur des futures élections européennes » préviennent Laurence Rossignol, porte-parole du Parti socialiste et Adeline Hazan, secrétaire nationale aux Droits des femmes dans un communiqué.

Dans une tribune, Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez Le Féminisme rappelle qu’en « 2008, les féministes européennes avaient proposé que soit instaurée une « clause de l’européenne la plus favorisée », c’est à dire que dans toute l’Europe les citoyennes puissent bénéficier de la législation nationale la plus avantageuse. »

Dans une autre tribune, Annie Sugier, Présidente de la ligue du droit international des femmes en appelle à une harmonisation européenne. Elle regrette « le fait qu’aucun texte européen contraignant touchant aux droits fondamentaux de la personne, et notamment «la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne» (7 décembre 2000), ne fasse référence à l’avortement en tant que droit, signifie que l’accès à cet acte doit être considéré comme une simple question de santé relevant de la responsabilité des Etats selon le principe de subsidiarité. »… « Autrement dit le droit à l’IVG ne relève pas du droit fondamental des femmes. »

En attendant de plus vastes mobilisations, sur Facebook, Osez le féminisme invite les internautes à poster des photos « plus jamais ça » avec cintres et aiguilles à tricoter parce que « Les cintres, comme les aiguilles à tricoter font partie des méthodes extrêmement dangereuses que les femmes utilisent pour avorter dans les pays dans lesquels l’avortement est illégal. »

Le 9 janvier, une réunion unitaire est prévue à la Bourse du travail pour mettre en place d’autres actions.

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15 commentaires

Lène 3 janvier 2014 - 18:40

Outre le Parti Socialiste, le Parti Communiste, le Parti de Gauche, Europe-Écologie-les Verts ainsi que de nombreuses associations appelaient également à manifester le 27 décembre devant l’ambassade. Merci de ne pas les oublier!
À noter aussi que de tous ces partis, seul le Parti Socialiste n’a pas pris la parole au cours du rassemblement…

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flo 4 janvier 2014 - 08:37

De l’influence des religions sur la liberté des femmes… je suis consternée. Ne pourrait-on pas inventer une nouvelle religion -puisqu’il semble qu’une bonne partie de l’humanité ne puisse s’en passer – qui soit moins néfaste à la vie des femmes ?

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isabelle germain 4 janvier 2014 - 09:01

« Lène »
Outre le Parti Socialiste, le Parti Communiste, le Parti de Gauche, Europe-Écologie-les Verts ainsi que de nombreuses associations appelaient également à manifester le 27 décembre devant l’ambassade. Merci de ne pas les oublier!
À noter aussi que de tous ces partis, seul le Parti Socialiste n’a pas pris la parole au cours du rassemblement…

oui, merci de le préciser , seul le communiqué du PS a été repris par l’AFP (Les Nouvelles NEWS étaient en vacances cette semaine là. Mille excuses)

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Coco 4 janvier 2014 - 13:39

Je défie quelqu’un de me trouver des arguments tenables démontrant que l’embryon humain n’est pas un être humain. Si personne n’y parvient, j’ai du mal à comprendre qu’on puisse faire de l’avortement un droit, qui plus est un droit fondamental comme semblent le réclamer diverses associations féministes. Je peux comprendre que des femmes en détresse ne se sentent pas la capacité de porter un enfant et de l’éduquer, mais à ce problème je pense que légaliser l’avortement est une réponse hypocrite et injuste des états. En effet, excepté dans les cas de viol, la femme est coresponsable (avec le père) de l’existence de l’enfant. Il fallait y penser avant, si j’ose dire. Ce n’est pas à l’enfant de payer les frais de cette irresponsabilité parentale, qu’ils doivent assumer désormais. Bien sur, certaines femmes sont seules, et ne pourront pas compter sur le père : l’Etat pourrait plutôt organiser une aide pour ces femmes et faire en sorte de renforcer les garanties pour une femme de ne pas être abandonnée par son compagnon si elle devient mère, plutôt que de se laver les mains en promouvant l’avortement qui devient vite la seule solution pour elle. En ce qui concerne les femmes violées, heureusement un petit (mais déjà trop grand) nombre de celles qui sont concernées par l’avortement (du moins en Europe), si elles ne veulent pas, ce qui est bien compréhensible, éduquer l’enfant de ce viol, je pense que le proposer à l’adoption est une solution qui ferait que plus grand, l’enfant se dirait : ma mère n’a pas pu m’éduquer, mais elle m’a fait le grand cadeau de me laisser en vie.
Pour les enfants handicapés, l’’Etat pourrait organiser l’aide au lieu d’organiser le massacre quasi-systématique (un enfant handicapé peut être heureux quoi qu’on en dise !). Quant à tous ceux qui pensent que l’avortement est un droit et on s’en fout du petit amas de cellule dans l’utérus de la femme, je pense que soit ils devraient regarder une échographie!

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taranis 4 janvier 2014 - 13:53

La décision liberticide du gouvernement espagnol nous concerne toutes. Ce recul inacceptable des droits des femmes intervient dans un climat européen réactionnaire qui met en péril les avancées féministes dans tous les domaines et tous les pays. Le temps est venu de réaffirmer que les droits des femmes, à commencer par le droit à disposer de son corps, conquis de haute lutte au cours des dernières décennies, n’est pas négociable et doit être sanctuarisé à l’échelle européenne. Avec des promesses électorales réactionnaires dans un pays profondément lié à l’Eglise catholique, dans un pays actuellement en grandes difficultés économiques et financières, les régressions sociales s’abattent encore sur les femmes. Cette loi gravissime pour les droits et la santé des femmes espagnoles, et qui remet en question les avancées vers l’égalité femmes-hommes dans une Europe qui se veut démocratique. Il faut regarder en face la question du droit à l’avortement et y répondre au plus haut niveau, car on ne peut pas plus obliger une femme à avorter, qu’on ne peut l’obliger à enfanter : la violence exercée est la même et les équipes qui acceptent de prendre en charge les exclues des lois nationales et leurs carences n’ont pas à en supporter les conséquences. Une grossesse impossible à poursuivre, seule la femme concernée peut en décider et tout projet de société qui prétend construire l’égalité entre les hommes et les femmes a la responsabilité de légiférer pour rendre ce droit imprescriptible.

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taranis 4 janvier 2014 - 13:58

L’interdiction légale n’empêche pas les femmes d’avorter. Cela ne fait que développer leur extrême précarité et nourrit un inévitable marché parallèle, certes un recours pour les femmes qui en ont les moyens, mais aussi une source de profit parfois juteux pour ceux et celles qui réalisent ces avortements clandestins. Tout ceci sans aucune protection sanitaire pour les femmes qui avortent y comprit en payant, puisque ce n’est plus légal… donnant lieu à tous les abus et jugements de la société envers elles. Est-ce ainsi que les hommes – qui font les lois – veulent que les femmes vivent ?
L’avortement fait partie de la vie des femmes, près d’une femme sur deux y a recours dans sa vie Les Françaises font en moyenne 2 enfants et 0,4 IVG. Cela fait 2,4 conceptions, toujours en moyenne, pour toute une vie de parties de jambes en l’air ! Globalement, elles gèrent rudement bien leur contraception. Mais il ne faudrait pas oublier que la contraception n’est pas un moyen d’éviter des avortements, mais un moyen d’éviter des grossesses non désirées. Ce qui n’est absolument pas la même chose .

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taranis 4 janvier 2014 - 14:22

[quote name= »Coco »]Je défie quelqu’un de me trouver des arguments tenables démontrant que l’embryon humain n’est pas un être humain.

La croisade du mouvement pro-vie en Espagne ne connaît pas de limites. Après la loi promulguée par le gouvernement qui transforme l’avortement en délit, une association internationale tâche de criminaliser la masturbation ; parce que les spermatozoïdes sont autant d’âmes d’enfants en devenir…. L’association considère que l’homme qui se masturbe commet autant d’avortements qu’il lâche de spermatozoïdes dans la nature : « Si l’on considère qu’un embryon est un être humain, parce qu’ils ont une âme, alors d’une certaine façon un spermatozoïde représente la possibilité de cette âme, et donc, les personnes qui se masturbent doivent être reconnus comme étant coupables d’un génocide d’avortements qu’il lâche de spermatozoïdes dans la nature. Rassurez-vous Messieurs, les femmes aussi seraient implicitement et malgré elles coupables d’homicide. En effet, chaque mois elles éliminent par leurs règles un certain nombre de cellules reproductrices. Pour ne pas les pénaliser injustement, elle propose qu’on leur accorde une sorte de dérogation mensuelle. Actuellement dans les lois françaises de bioéthique, l’embryon est qualifié de « personne humaine potentielle ». Il s’agit d’ un compromis juridique car l’embryon/le fœtus n’est pas une personne humaine juridique. C’est à la naissance que la personne obtient un état civil et s’affirme alors comme personne humaine. Et c’est parce que la France est un Etat laïc que le débat doit rester sur le terrain juridique, libre à vous de croire à autre chose mais pourquoi l’imposer aux non croyants

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Lène 4 janvier 2014 - 17:40

« Coco »
Je défie quelqu’un de me trouver des arguments tenables démontrant que l’embryon humain n’est pas un être humain.

Vous faites la démonstration vous-même: vous parlez d’embryon et non d’être.

Mettre au monde une personne humaine qui n’a rien demandé à personne (et surtout pas de naître) est un enjeu extraordinaire. Il faut qu’il soit assumé librement.
Imposer une grossesse, puis imposer la responsabilité du soin de l’enfant à une femme qui ne le veut pas est tout simplement monstrueux.

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09 Aziza 7 janvier 2014 - 10:39

Si je reprends les ouvrages disponibles sur l’embryologie, un embryon de 30 jours de conception pèse 1 gramme, et mesure 2mm, 5.Il n’a aucune forme humaine. A 2 mois, dit le biologiste, « on peut se croire en présence d’un embryon de reptile: la partie postérieure est allongée en queue, et la tête et la queue se rejoignent presque. 2 saillies sont une ébauche des yeux; un seul orifice préfigurent la bouche et les narines. Ce n’est qu’à la fin du deuxiéme mois( 10 semaines d’aménorrhée) que quatre moignons apparaissent. » A ce stade, il n’existe encore ni système nerveux, ni organes sexuels. L’embryon pèse 11grammes,il mesure 3 centimètres. Il va passer au stade dit « foetal » de développement. Voilà. Il s’agit donc d’une « ébauche » ou d’une « promesse » d’être humain, mais pas davantage.

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09 Aziza 7 janvier 2014 - 11:44

@Flo :ce ne sont pas les religions en elles mêmes qui ont influencé les femmes, mais l’instrumentalisation de celles-ci par les pouvoirs et les groupes masculins. En effet, dans aucun des 3 monothéismes il n’existe de textes condamnant explicitement l’avortement.
Pour la Torah (judaïsme)jusqu’au 40 éme jour de la conception, l’embryon n’est « rien que de l’eau ». Par ailleurs, jusqu’à la naissance, le fœtus est censé être partie intégrante du corps de la mère, et s’il y a danger, il est logique de le sacrifier pour sauver la mère. Les rabbins considèrent le sujet complexe, et devant être résolu au cas par cas. L’Islam rejoint assez cette position : on y retrouve le concept des 40 jours : ce serait , pour les plus rigoristes , le moment de l’ »animation » du fœtus, mais les principaux hadiths parlent de 120 jours. Pour l’Islam, il est évident que la vie et la santé de la mère sont prioritaires ; le viol, l’inceste, et les malformations fœtales sont également reconnus comme étant des « nécessités »qui peuvent autoriser un avortement.
Dans le Christianisme, l’Eglise catholique a été la seule à proclamer cette condamnation totale de l’avortement, et c’est très récent : 1895. Contrairement aux idées reçues, le Moyen Age était beaucoup plus tolérant : le fœtus ne s »animait » qu’au quatrième mois, et jusque là, on fermait à peu prés les yeux ; les avortées déclarées recevaient de simples pénitences.

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09 Aziza 7 janvier 2014 - 11:44

L’Eglise est restée prudente et circonspecte sur le sujet , jusqu’à ce qu’elle soit appelée à la rescousse dès les années 1860 par des médecins catholiques paniqués par les conséquences possibles de l’avortement thérapeutique préconisé pour enrayer une effrayante mortalité maternelle. Un premier pape a rejeté la condamnation de l’avortement pour sauver la vie de la mère. Hélas, un deuxiéme l’a promulguée par une bulle. Mais les protestants, les anglicans, et les orthodoxes conçoivent très bien qu’il est des situations où il est impossible de mener une grossesse à terme.
Ce qui est visible, c’est que les intégristes de tout poil torturent les textes pour leur faire dire ce qu’ils ne disent pas !
Dans l’ex URSS , où les religions étaient interdites, la misogynie n’avait pas disparu !
L’IVG était certes légale, mais souvent un remplacement de la contraception, et un prétexte à une grande déresponsabilisation masculine. C’est la domination masculine le problème, et l’Inde ou la Chine où l’on peut avorter jusque pratiquement à terme, sont loin de l’avoir abolie.

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taranis 7 janvier 2014 - 12:51

AZIZA, il est en effet regrettable que la question de l’avortement puisse être réduite au seul enjeu religieux, parce que cela nous empêche de définir et de comprendre la gamme complète de motifs qui font perdurer ce conflit majeur. C’est certes largement soutenus par les intégrismes religieux, que de nombreux pays prévoient de revenir sur le remboursement de l’avortement, sur les lois l’autorisant, quand ils ne l’interdisent pas tout simplement. Les autorités religieuses ont, dans ces reculs mondiaux, une large responsabilité, démontrant leur trop grand pouvoir sur un enjeu démocratique mondial majeur. Vision traditionaliste des familles, place et rôle des femmes dans nos sociétés, domination du masculin sur le féminin sont ainsi légitimés, traduisant la peur de ce qui pourrait venir remettre en cause ce système de pensée basé sur conjugalité et maternité. Dans ce système, qui défend que l’homme serait idéalement fait pour la femme, ou plutôt l’inverse, tout ce qui pourrait être perçu comme contestant cet ordre établi est alors rejeté, comme de ce droit donné aux femmes de choisir ou non d’être mère. Quand les femmes sont considérées seules et uniques responsables de la relation sexuelle et de ses conséquences, l’avortement symbolise, dans un ultime affront, leur incapacité quant à cette responsabilité Cet enjeu continuellement remis en question est bien de redéfinir les rapports de pouvoir entre les hommes et les femmes et à qui appartient leur corps, aux hommes, conjoints, médecins, juges, évêques ou politiciens, ou à elles-mêmes ? Il faut donc se demander si l’absence d’une véritable critique de la maternité comme institution et de la contrainte à l’hétérosexualité, ces deux piliers du système patriarcal, n’est pas responsable de notre incapacité d’en finir avec la discrimination sexuelle.

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09 Aziza 7 janvier 2014 - 16:29

@taranis: j’aimerais savoir ce que vous entendez par une « critique de la maternité ». Celle de Simone de Beauvoir dans « le Deuxiéme sexe » est affligeante, bien que l’ensemble du texte soit magistral.
Dans les années 70/80 les mouvements de libération des femmes ont essayé de poser publiquement la question « qu’est ce qu’être une femme »? et les femmes ont tenté de se définir elles mêmes.
mais on les a fait taire par l’axiome stupide « une femme est un homme comme les autres ». Rideau.
Nous n’existons plus. Il faudrait reprendre vigoureusement la parole….

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taranis 8 janvier 2014 - 17:01

AZIZA, je reconnais en vous une femme attachée à ses valeurs.Pardonnez mon insolence car je n’ai pas votre culture, ni trop de structure pensante. Derrière mes mots surement empruntes, je ne cache aucune théorie. Je voulais simplement dire par mon empilement de phrases que pour vraiment mesurer le chemin parcouru, il faut se demander si nous avons réussi à remettre en question la contrainte sociale à la maternité, cette obligation d’être mère (biologique ou sociale) parce que femme, si la maternité est toujours pour nous toutes un passage obligé pour accéder au sens ultime de nos vies ? Un nombre grandissant de jeunes filles très scolarisées, qui pourraient se réaliser autrement, veulent vivre l’expérience de la maternité. La plupart des femmes s’orientent toujours vers des emplois qui sont des prolongements de leur rôle de mère et le mouvement des femmes consiste presque exclusivement en groupes de services pratiquant une sorte de maternage social (accueil, écoute, aide, encouragement, etc.). La maternité n’a pas toujours été un choix. Malgré les avancées sur la place des femmes, les représentations liant “féminité” et “maternité” continuent de peser. Le droit au plaisir sans procréation n’est toujours pas vraiment acquis. Cela explique les résistances sociales actuelles pour l’accès à la contraception comme à l’avortement.

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09 Aziza 8 janvier 2014 - 17:47

@taranis: vous avez absolument raison, l’idée selon laquelle une femme ne peut se réaliser sans faire l’expérience de la maternité est encore très prégnante….en France. Une de mes filles vit à l’étranger, et ne rencontre pas du tout ce concept de « maternité obligatoire »…mais la démographie de son pays a été qualifiée de « suicidaire » par un ministre.
Je n’ai pas du tout eu l’impression d’un « maternage social » en suivant les débats du MLF et en participant à leurs actions, mais plutôt d’un dynamisme roboratif encourageant les femmes à l’autonomie et à la réflexion. Peut être avez vous voulu plutôt parler des associations d’ aide aux femmes, (SOS Solidarité femmes, etc) ce qui n’est pas la même chose. Mais j’ai la nette sensation d’une régression de la situation des jeunes femmes sur tous les plans: aucune ne pourrait se ballader sans dommage vêtue d’une mini-jupe comme nous en portions voici 40 ans,par exemple. La régression est elle due à la crise économique ?à la solution de se raccrocher aux valeurs « sûres »?

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