Accueil MédiasBruits et chuchotements Julien Aubert, fâché avec le français

Julien Aubert, fâché avec le français

par Isabelle Germain

Dans un texte critiquant la féminisation des noms de fonction, le député multiplie les fautes d’accord.


Julien Aubert, député UMP, n’a pas du tout apprécié que Sandrine Mazetier, députée PS, lui cloue le bec publiquement le 15 janvier lorsqu’il refusait de féminiser les titres des fonctions des femmes élues (voir Monsieur la députée (bis) )

N’y tenant plus, il a pris sa plus belle plume pour dire, dans le Huffington Post, tout le mal qu’il pensait de la féminisation des noms de fonction.

Et à deux reprises, il s’embrouille, ne parvenant pas à faire les bons accords.

« Est-ce donc ma faute si les intellectuels socialistes ont tellement souhaité la « refondation de l’Ecole » qu’elles en oublient les bases de la grammaire française ? »… Si les personnes qui oublient sont les « intellectuels socialistes », il faut écrire « qu’ils en oublient », monsieur le député.

Plus loin, Julien Aubert écrit : « C’est grâce à sa subtilité que le Français est envié depuis des siècles par tous les pays du monde et qu’elle a longtemps été la langue de la diplomatie. » Si c’est « le Français » qui a longtemps été la langue de la diplomatie, il faut écrire « qu’il a longtemps été ».. ; et non pas « qu’elle a… », monsieur le député.

C’est si perturbant que cela de voir une femme exercer une fonction prestigieuse ?

 

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11 commentaires

11 commentaires

Aubert Julien 17 janvier 2014 - 22:26

Je vois que vous avez repéré les 2 échanges de genre que j’ai glissés dans l’article pour faire réfléchir le public. J’ai effectivement parlé des intellectuels, puis féminisé. Quant au Français, c’était un clin d’oeil. Bienvenue chez les Précieuses Ridicules.

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Prune 17 janvier 2014 - 23:18

« Aubert Julien »
Bienvenue chez les Précieuses Ridicules.

Vous confondez mon cher, si quelqu’un se ridiculise c’est bien vous. Méditez donc cette citation d’un auteur de talent et faîtes-vous oublier.

« Le ridicule qu’on a augmente toujours en proportion qu’on s’en défend. »

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flo 18 janvier 2014 - 08:29

La pensée misogyne annihile l’intelligence… La pensée misogyne éloigne également les électeurs* des députés qui la véhiculent. Vous devriez y penser plus souvent Monsieur. Il semble également que vous ayez une certaine nostalgie des mœurs d’un siècle où les femmes instruites étaient tournées en dérision. Cela ne vous honore pas.

* une coquille s’est glissée dans le texte juste pour rire

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flo 18 janvier 2014 - 08:30

mon commentaire est bien entendu adressé à Monsieur LE député

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Camille 18 janvier 2014 - 09:36

C’est peut-être SON secrétaire qui a mal tapé l’article!

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isabelle germain 19 janvier 2014 - 09:41

« Aubert Julien »
Je vois que vous avez repéré les 2 échanges de genre que j’ai glissés dans l’article pour faire réfléchir le public. J’ai effectivement parlé des intellectuels, puis féminisé. Quant au Français, c’était un clin d’oeil. Bienvenue chez les Précieuses Ridicules.

Merci de venir dialoguer ici. Belle tentative pour retomber sur vos pieds. Mais je crois que personne n’est dupe. Pourriez-vous cependant laisser Molière en dehors de tout ça. Son message n’est pas celui que vous tentez de faire passer. ET si vous vous replongez dans son oeuvre, lisez Tartuffe

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BarbaraTiriou 19 janvier 2014 - 10:20

Il demeure essentiel de conserver ses privilèges (le masculin l’emporte …) et de cacher ces femmes, alors surtout ne changeons rien messieurs !

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taranis 19 janvier 2014 - 14:33

La langue contient et transmet une vision sur le monde. De ce fait, pour intervenir dans les relations de pouvoir entre les hommes et les femmes, il faut intervenir au niveau de la langue. Le « Deputeur » a une vision essentialiste des genres et des sexes, un positionnement sexiste sur les femmes et une approche de la langue quelque peu statique. De ce fait, les traits linguistiques des femmes ne sont ni appréhendés par leur plurifonctionnalité, ni mis à l’épreuve d’autres situations ou contextes culturels. Il ne voit pas un reflet de la société mais un dispositif idéologique de constitution et de segmentation des genres et des sexes. Pour délégitimer la femme politisée, on en diffuse une représentation sexualisée : la motivation pour la question politique ne peut être que sexuelle et l’action politique devient synonyme de débauche Refusons la nouvelle et subtile discrimination et la division entre les femmes, que l’on ne trouve ni au Canada, ni en Belgique, ni en Suisse francophones, mais qui est une spécificité de la France machiste: LA DICHOTOMIE SCHIZOPHRÉNIQUE ENTRE LES “MADAME LA” ET LES “MADAME LE”, SELON LE NIVEAU HIÉRARCHIQUE que nous occupons. Le combat pour les mots prête à dérision et à des agressions épistolaires de la part des hommes, qui perdent alors toute notion du ridicule, dès qu’il s’agit des femmes et de l’emploi du féminin. Si les hommes sont devenus: “assistant social” et non pas “un homme assistante sociale”, “elle a été nommée président ou directeur”. Ne voit-on pas où est le problème? Dans le refus de nous faire apparaître dans les fonctions HAUT DE GAMME

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Wanda 19 janvier 2014 - 23:45

Ben voyons, Julien Aubert voudrait nous faire porter le chapeau de ses fautes de francais ! Il nous prend vraiment pour des connes analphabetes !!

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Wanda 19 janvier 2014 - 23:47

Belle repartie de Madame la presidente ….. et de Madame la ministre ! J’adore.

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Aude Vidal 21 janvier 2014 - 08:16

Merci d’avoir noté les deux fautes d’accord dans le texte de Julien Aubert. Mais le texte entier fourmille d’usages incorrects :

La sphère politique a oublié tout d’abord qu’en France, c’est l’Académie Française qui fixe, depuis 1635, les règles de l’usage du Français (chapitre XXIV de ses statuts).

Bravo à l’étudiant-e de sciences po qui a fait la recherche sur Internet, mais en français ni les adjectifs s’ils ne sont pas antéposés au premier nom dans un titre (Les Précieuses ridicules), ni les noms de langue (« I speak English », « j’enseigne le français », vous noterez la variété des codes typographiques) ne portent de majuscule.

Ça peut être une bonne idée, sur ces questions, de s’adresser aux linguistes… ne serait-ce que pour corriger les textes qu’on publie ! Si la langue française est en danger, c’est dans le peu de cas qu’on fait d’elle, en n’employant plus de correcteurs/rices dans l’édition et en ne prisant plus les études littéraires. Prochains chantiers pour les amoureux/ses du français ? Ou c’était juste un prétexte à anti-féminisme ?

Deux références sur la question de la « féminisation » (ou volonté de cesser l’invisibilisation des femmes dans le discours) :

http://cafaitgenre.org/2013/12/10/feminisation-de-la-langue-quelques-reflexions-theoriques-et-pratiques
le texte d’une agrégée de lettre modernes féministe, avec une spécialisation en linguistique

et

http://blog.ecologie-politique.eu/post/Citoyen-ne-s-a-vos-tirets
le point de vue d’une autre diplômée de lettres modernes, cette fois avec une option d’histoire des idées.

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