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La compétition sportive favorise le leadership des femmes

par Isabelle Germain
Dilma Rousseff - foto oficial 2011-01-09

Dilma Rousseff, présidente du Brésil a été championne en volley-ball

Nombre de femmes responsables de haut niveau dans le monde ont pratiqué la compétition sportive. Le sport inculque des valeurs qui ne figurent pas dans l’éducation traditionnelle des petites filles.

Dilma Rousseff, présidente du Brésil a été championne en volley-ball ; Christine Lagarde, qui dirige le FMI, en natation synchronisée ; Ellen Kullman, la Présidente de DuPont, en basketball ; Condoleezza Rice, ancienne secrétaire d’État américaine, a fait de la compétition en patinage artistique et tennis…. De sportive de haut niveau à leaders d’exception, la société de conseil Ernst & Young fait un lien direct. Elle a étudié les parcours de 20 femmes dirigeantes dans le monde et observe que 19 d’entre elles ont pratiqué un sport et fait de la compétition durant leur adolescence.

Ce ne sont certes que 19 exemples mais ils sont très significatifs. Pour Gillian Tett auteure et journaliste au Financial Times comme pour Ernst & Young, la réussite sociale des compétitrices sportives n’est pas une coïncidence. La journaliste voit deux raisons principales à cette corrélation. Tout d’abord, les vertus classiques du sport et de la compétition sportive qui peuvent aussi s’appliquer aux hommes : esprit d’équipe, discipline, motivation des troupes, organisation pour gagner ensemble…

Rendre socialement acceptable le sens de la compétition au féminin

La deuxième explication est plus subtile : « Les filles qui font du sport à l’école apprennent dès leur plus jeune âge qu’il est acceptable de se livrer à une concurrence agressive. Elles découvrent aussi que la réussite ne dépend pas seulement de leur look et que l’on peut prendre du plaisir à gagner. Cela peut sembler une évidence pour un homme adulte » explique Gillian Tett. Les jeunes filles baignent dans une culture qui fait primer le look et la passivité. « Le sport est l’un des rares moyens socialement acceptables pour les adolescentes d’apprendre le sens de la concurrence et de la compétition, sans être critiquées par leurs pairs, » ajoute la journaliste du Financial Times

Très peu de femmes arrivent à des postes à haute responsabilité alors que, depuis une vingtaine d’années, les filles sont plus diplômées que les garçons. Ce sens de la compétition qui leur ferait défaut s’explique par une éducation qui donne pour modèle aux petites filles des princesses passives puis aux adolescentes des stars sexys tandis que les garçons se voient en aventuriers conquérants.

Cherche modèles

La route est encore longue pour que les filles puissent se projeter dans des modèles de compétitrices se livrant à la « concurrence agressive » qu’exige la prise de pouvoir. Même les grandes championnes sont ramenées à leur physique par les commentateurs du sport. Dernier exemple en date, sur la BBC, commentant la victoire de Marion Bartoli à Wimbledon, un journaliste anglais faisait l’hypothèse suivante : si elle est devenue championne c’est pour compenser un physique qu’il juge disgracieux. La gagnante du tournois lui a répondu avec panache : « Je ne suis pas blonde, c’est un fait. Est-ce que j’ai rêvé de devenir mannequin ? Non, désolée. Mais est-ce que j’ai rêvé de gagner Wimbledon ? Oui. Absolument. »

Quand les médias ne massacrent pas l’image des sportives, ils les ignorent simplement. Tennis toujours : lorsque Jo-Wilfried Tsonga a laissé espérer qu’il pourrait gagner Roland Garros, les médias répétaient en boucle que la dernière victoire française dans ce tournoi était celle de Yannick Noah. Désinformation. Les Nouvelles NEWS ont rectifié : Marry Pierce en 2000. Idem en Angleterre lorsqu’Andy Murray a gagné. Pas facile, dans ces conditions d’encourager les filles à faire de la compétition. Dans la vie professionnelle, une étude de l’IMS montre qu’une femme qui a un poste à haute responsabilité est perçue comme une femme qui se masculinise. Dissuasif ! Il faut une indépendance d’esprit et un entraînement de sportive de haut niveau pour faire fi de ces représentations.

 

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2 commentaires

2 commentaires

laurence 19 août 2013 - 15:15

Pas si simple. Nombre de femmes s’engagent dans des sports de défense et non d’attaque… Mais regardez-donc la vidéo de Nicole Abar, ancienne internationale de foot. Elle a monté un programme d’éducation à la mixité et à l’égalité par le sport qu’elle nous présente avec des enfants qui y sont engagés.
http://www.interelles.com/le-chemin-des-femmes/courage-fuyons-notre-culpabilite#article-top

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laurence 19 août 2013 - 15:24

Et cliquez sur le chapitre « Ose » pour y accéder. Vous verrez, c’est très réjouissant!

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