Accueil Politique & SociétéFamilles La fin annoncée du « bon père de famille »

La fin annoncée du « bon père de famille »

par Arnaud Bihel

 C’est un dépoussiérage de la langue que proposent des députés dans un amendement au projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Sur le projet de loi, lire aussi :

Ces députés qui s’attaquent à l’IVG

Mise à jour, 21 janvier : l’amendement a été adopté par les députés.

Cet amendement proposé par dix-sept députés écologistes vise à supprimer des textes officiels la notion juridique de gestion « en bon père de famille ». Cette « expression désuète qui remonte au système patriarcal », écrivent-ils, est encore présente dans 15 codes en vigueur qui régissent différentes règles de bail.

Les députés proposent de remplacer la notion de « bon père famille » par celle de « raisonnable ».

Rue89 fait le lien entre cette volonté d’évolution sémantique et la disparition programmée du terme « mademoiselle » des formulaires administratifs. Ou encore la remise en cause il y a un an (mais non suivie d’effet) par la députée socialiste Sandrine Mazetier, du terme d’école « maternelle ».

Il y a au moins un député que la disparition de la notion de « bon père de famille » risque de choquer. C’est Jacques Bompard. Le député d’extrême-droite (drôle d’exemple de la gestion municipale en « bon père de famille »), a en effet déposé un amendement pour s’opposer à ce que la loi, dans ses orientations générales, évoque « des actions tendant à favoriser une meilleure articulation des temps de vie et un partage équilibré des responsabilités parentales ». Jacques Bompard s’en indigne ainsi : « Ce n’est pas à l’État de décider de ce qui se fait au sein des familles françaises. On a encore jamais vu un homme donner le sein à un enfant et il se trouve que la langue française possède le mot « materner » qui étymologiquement vient du latin « mater » et non « pater ». »

 

Laisser un commentaire