Accueil Culture La Grande Collecte pour ne plus écrire l’Histoire à moitié

La Grande Collecte pour ne plus écrire l’Histoire à moitié

par Isabelle Germain

Depuis 2013 les Français.es sont invité.es par les Archives de France à communiquer des documents personnels autour de différents thèmes. En 2018 : « archives de femmes, histoire des femmes »

Les femmes vont-elles sortir des oubliettes de l’Histoire ? Elles ont très longtemps été quasiment absentes des manuels scolaires et restent encore peu visibles ou stéréotypées (voir L’égalité femmes/hommes à petits pas). Elles commencent tout juste à entrer au Panthéon. Et voici que cette année la « Grande Collecte » pourrait leur permettre de gagner encore un peu de place dans les récits du passé.

Il s’agit d’une opération nationale organisée par les Archives de France en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, appelant les Français.es à présenter ou à remettre des documents personnels ou familiaux aux institutions partenaires de l’événement.

Chaque lancement d’une nouvelle Grande Collecte est assorti d’un thème. 2013 et 2014 étaient consacrées à la Grande Guerre dont c’était le centenaire. Plus de 20 000 personnes ont répondu à l’appel et 325 000 documents ont été numérisés. La Grande Collecte 2016 s’est attachée aux souvenirs des relations entre l’Afrique et la France depuis le XIXe siècle. Et cette année, place aux femmes.

L’appel est relayé partout en France et différents services accueillent le public pour orienter les « souvenirs de la mémoire intime et familiale » qui vont enrichir « le patrimoine de notre pays, en les faisant dialoguer avec les archives officielles ».

Les documents recueillis lors de la première édition sur la Grande Guerre montraient surtout des hommes, valeureux soldats et beaucoup de correspondances de femmes amoureuses, d’épouses ou de mères éplorées. Parfois aussi des femmes travaillant dur la terre en l’absence d’un époux parti sous les drapeaux. Des femmes toujours définies par rapport à un homme. A quelques exceptions près comme cette photographie de femme à l’aiguillage du tramway.

Et si les femmes qui se suffisent à elles-mêmes n’avaient pas été si exceptionnelles que cela ? Et si elles avaient aussi combattu contre cette place subalterne qui leur était donnée ? L’archive mise à la Une du site appelant à enrichir l’histoire des femmes montre un journal de lycéennes rebelles. Si cet appel permet de mettre en évidence des figures de femmes autres que sacrificielles, l’histoire s’enrichira et donnera à voir de nouveaux modèles. L’avenir s’écrit en regardant le passé.

Pour répondre à l’appel, le site de La Grande Collecte donne une liste de services participant à l’opération dans toute la France. Chacun.e pourra remettre ainsi carnets et notes manuscrites, photographies ou enregistrements audio et vidéo, tracts, affiches, correspondances, journaux intimes … Certains de ces documents seront ensuite numérisés et mis en ligne sur le site.

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