Après trois semaines d’intenses mobilisations citoyennes aux côtés des associations féministes et enfantistes, le Premier ministre annonce l’examen prochain de la loi intégrale contre les violences sexuelles. Victoire ! Mais ce n’est qu’un début.
Alors que de nouveaux rassemblements avaient lieu lundi 22 juin pour exiger la loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, le Premier ministre a enfin annoncé une avancée majeure, le lendemain, en répondant aux questions au gouvernement. Il s’est engagé à inscrire l’examen de la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles au début du mois d’octobre.
Avant le projet de loi de finances
Sébastien Lecornu a même annoncé : « Je provisionne du temps du gouvernement avant le projet de loi de finances, au début du mois d’octobre, pour permettre de discuter du texte » Et ce point est important puisque l’application de la loi nécessitera des moyens qui devront être intégrés à la discussion budgétaire. Le Premier ministre s’est aussi engagé à faire travailler sur cette loi, le Conseil d’État, le Conseil économique, social et environnemental, le Parlement et les associations.
La proposition de loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants est le fruit du travail de 150 associations réunies en 2024 au sein d’une coalition féministe et enfantiste. Elle a été portée par une coalition parlementaire de plus de 140 députés de tous les bords, (sauf le Rassemblement national (RN), l’Union des droites pour la République (UDR) et La France insoumise (LFI)).
Le Premier ministre reprend à son compte l’esprit de la loi intégrale
Depuis le meurtre de Lyhanna, une forte mobilisation citoyenne a amplifié le travail de la coalition pour la loi intégrale. Après de nombreuses manœuvres pour se défausser, le gouvernement finit donc par reconnaître que la lutte contre les violences sexuelles est une affaire d’Etat. (Lire : Une procureure en danger, une artiste en garde à vue, un rassemblement déplacé : de quoi ont-ils peur ?)
Reprenant à son compte l’esprit de la loi intégrale, Sébastien Lecornu a affirmé : la « réponse ne peut pas être seulement l’affaire du ministère de l’Intérieur ou du ministère de la Justice ». « Les violences faites aux enfants appellent une réponse systémique et globale face à une violence endémique, en mutation. C’est en cela que je crois à une réponse intégrale, à 360 degrés, qui embarque l’ensemble des acteurs, de manière peut-être complètement nouvelle dans l’approche culturelle et politique. »
Le combat continue
Si les associations ont pu crier victoire, leur soulagement a immédiatement été lié à un autre mot d’ordre : « Le combat continue. »« Cette annonce est une victoire d’étape » prévient la Fondation des femmes. « La Coalition féministe et enfantiste doit contribuer impérativement aux travaux de préparation et d’amélioration du texte. » prévient-elle.
Les féministes ne connaissent que trop les propositions de loi qui se vident de leur contenu au fil des navettes parlementaires ou sont inapplicables faute de budget dédié. Alors elles veulent maintenir le mouvement citoyen qui a conduit Sébastien Lecornu à mettre enfin la proposition de loi intégrale à l’ordre du jour.
Avec, pour commencer, une « grande marche citoyenne contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants le 4 juillet prochain, partout en France. »
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