Accueil Eco & SocialBien-être et richesses La Suisse aussi pense au-delà du PIB

La Suisse aussi pense au-delà du PIB

par Arnaud Bihel

Indicateurssuisse_h150L’Office fédéral de la statistique a dévoilé, vendredi 11 mai, sa première batterie d’indicateurs complémentaires au Produit intérieur brut.


 

Parce que, « à lui seul, le PIB ne donne pas une image complète des évolutions de la société, de l’économie et de l’environnement », l’Office fédéral de la statistique (OFS) suisse a développé une série de 25 indicateurs à mettre en relation avec le produit intérieur brut. Tout en prenant soin de préciser : « Le but ne consiste cependant ni à élargir ni à remplacer la base conceptuelle du PIB. »

Le but est de « réunir des informations statistiques existantes pour les replacer dans un contexte social et économique global ». Ces 25 indicateurs englobent des données aussi variées que le taux d’épargne, le risque de pauvreté, la satisfaction dans la vie, le taux de jeunes quittant prématurément l’école ou encore la part des énergies renouvelables dans la consommation brute d’énergie.

Parmi ces indicateurs, l’OFS a également pris en compte le volume de travail non-rémunéré. Lequel est plus important en Suisse (comme en France – voir encadré ci-dessous) que celui du travail rémunéré. En 2010, ce travail (bénévole, et domestique pour l’essentiel) correspond à 22 heures en moyenne par personne pour une semaine. Près de deux tiers de ces heures ont été accomplies par des femmes :

 TnonrmunrOFS

Quel regard sur la richesse suisse ces nouveaux indicateurs permettent-ils de porter ? L’image est « globalement plutôt positive », estime l’OFS. « Dans l’ensemble, la Suisse affiche un bon bilan en matière de performance économique, de progrès social et d‘écocompatibilité, surtout si l’on compare sa situation à celle d’autres pays. »

L’OFS entend désormais approfondir et consolider cette batterie d’indicateurs et les résultats obtenus. En attendant, aussi, que cette approche alternative au PIB se développe à l’échelle internationale pour favoriser les comparaisons entre pays, et éviter la compétition croissanciste récemment dénoncée par la Royal Society.

Depuis les travaux de la commission Stiglitz, les initiatives se développent (l’OCDE doit ainsi publier le 22 mai une version actualisée de son Indice « Vivre mieux », lancé en 2011) mais manquent toujours de cohérence. C’est même « le chaos », estimait à l’automne dernier le directeur général de l’INSEE. Reconnaître les limites du PIB, ce sera aussi l’un des enjeux le mois prochain de la Conférence de l’ONU « Rio+20 » sur le développement durable.

 

L’institut statistique français poursuit lui aussi son travail sur des indicateurs complémentaires au PIB. L’INSEE devrait ainsi publier sous peu ses données 2010 sur le travail domestique. Sur les dernières données datant de 1998, Delphine Roy, chargée d’études à l’INSEE, relève que le travail domestique s’inscrit dans un volume horaire au moins égal à celui du travail rémunéré (voir aussi son intervention lors de notre dernier colloque sur le sexe de l’économie).

Selon une étude publiée par l’OCDE en mars 2011, la valeur des activités non marchandes correspond en moyenne à un tiers du PIB.

 

 

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