Accueil Politique Laurence Parisot : pour l’égalité salariale, « une remise à plat de la politique familiale »

Laurence Parisot : pour l’égalité salariale, « une remise à plat de la politique familiale »

par Arnaud Bihel

ParisotLes écarts de salaire entre hommes et femmes se réduisent à pas de fourmi. Pour l’ancienne patronne du MEDEF, l’égalité doit passer par un changement d’attitude face aux responsabilités familiales.


 

Les inégalités de salaire entre hommes et femmes se réduisent. C’est ce que révèlent les derniers chiffres de la DARES, publiés lundi 7 avril. En 2011, sur le champ des salariés du secteur privé et des entreprises publiques, le salaire net (en équivalent-temps plein des femmes s’est élevé en moyenne à 1 863 euros, celui des hommes à 2 312 euros en moyenne. Le salaire moyen d’une femme à temps plein est donc inférieur de 19,4 % à celui d’un homme1 – il l’était de 20,7% en 2010.

L’écart est large, mais il se réduit lentement depuis une dizaine d’années, souligne la DARES. Surtout parce que les salaires féminins progressent davantage que les salaires masculins.

Il existe par ailleurs de grandes disparités selon les branches professionnelles. Ainsi, l’écart est deux fois plus élevé que la moyenne dans les activités financières et d’assurances, et dans les professions juridiques et comptables.

Autre chiffre peu engageant : dans le secteur de l’enseignement, santé et action sociale, où la part des femmes parmi les salariés est la plus élevée (76 % en 2011), l’écart de salaire est aussi plus élevé que la moyenne (21%), et il a même tendance à grandir.

Les responsabilités familiales pèsent sur les femmes

Globalement les progrès sont bien trop lents pour s’en satisfaire, soulignait Laurence Parisot, ce lundi matin sur Europe 1. Et l’ancienne patronne du MEDEF de plaider pour l’instauration d’un congé paternité rémunéré, ce qui suppose « une remise à plat de la politique familiale ». C’est un enjeu sociétal essentiel, selon Laurence Parisot : « le supérieur doit voir avec les mêmes yeux le jeune homme et la jeune femme qui viennent de rentrer dans son équipe. Le management doit autant miser sur l’homme ou la femme, sans envisager les absences pour congés maternité (…) Par ce congé paternité, le jeune homme doit comprendre que le partage des tâches à domicile est essentiel pour la carrière professionnelle de la jeune femme. »

De fait, une étude de l’INSEE vient montrer à quel point, dans l’esprit des Français et des Françaises, les responsabilités familiales pèsent sur les femmes : 72% des personnes interrogées pensent que pour une femme, la famille est plus importante que la vie professionnelle, alors que moins de la moitié (48%) pensent la même chose pour un homme.

En entreprise comme à l’école

Laurence Parisot appelle également à agir dans les entreprises, au quotidien : « Ce que je conseille à une femme qui se sent discriminée ? Il faut pousser la porte du supérieur hiérarchique, et au-delà s’il le faut ! Ne pas se cacher, ne pas avoir peur de dire les choses. Et si le patron lui dit que la situation est compliquée, que ça viendra mais pas tout de suite, qu’il m’appelle ! (Rires) »

L’occasion également pour l’ex-patronne du MEDEF de défendre l’enseignement de l’égalité à l’école : « La discrimination n’est pas propre au monde de l’entreprise : elle existe partout. C’est pourquoi ce qui a été envisagé – éviter qu’une petite fille bonne en maths apprenne qu’elle peut être comptable alors que le petit garçon apprend, lui, qu’il peut être directeur financier – ce qu’on a caricaturé sous l’angle de la théorie des genres – , c’est une bonne chose ! »

Lire aussi dans Les Nouvelles NEWS

 

Laurence Parisot en campagne contre le sexisme (20 juin 2011)

Congé de paternité allongé : les partenaires sociaux sont pour (13 mars 2011)

 

 

 

 

 


 

1 Le calcul de l’Equal Pay Day, ce lundi, fait état d’un écart de salaire de 27%. C’est parce que ce chiffre intègre l’ensemble des facteurs. Voir :

Pour lui 31 décembre, pour elle 7 avril : equal pay day

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