Accueil Politique & SociétéÉducation Le cerveau des garçons, le corps des filles

Le cerveau des garçons, le corps des filles

par Arnaud Bihel

Une étude portant sur les requêtes Google aux États-Unis montre que les parents se préoccupent surtout de l’intelligence de leurs garçons, et du physique de leurs filles.


« Les Américains attendent des garçons qu’ils soient intelligents, et des filles qu’elles soient minces ». C’est le constat établi par Seth Stephens-Davidowitz à partir d’une étude des requêtes Google.

On se souvient de la campagne d’ONU Femmes qui pointait du doigt les suggestions du moteur de recherche, témoignages de misogynie ambiante. Les résultats ici sont plus précis : Seth Stephens-Davidowitz, économiste et spécialiste des données de Google, ne s’est pas penché sur les suggestions apportées par le moteur de recherche, mais sur les questions complètes formulées par les utilisateurs.

S’il n’apporte pas de précision sur sa méthodologie, il dégaine dans le New York Times des résultats sans appel : les parents « s’intéressent surtout aux cerveaux de leurs garçons et aux corps de leurs filles ».

Dans les requêtes Google, les parents sont deux fois et demi plus enclins à demander « Mon garçon est-il surdoué ? » que « Ma fille est-elle surdouée ? ». Plus globalement, les parents associent bien davantage aux garçons les requêtes liées à l’intelligence – qu’elles soient positives ou négatives.

A l’inverse, les requêtes liées à l’apparence sont bien plus nombreuses pour les filles. La question « Ma fille est-elle trop grosse ? » est posée quasiment deux fois plus souvent que « Mon fils est-il trop gros ? ». C’est d’autant plus significatif qu’aux États-Unis le surpoids concerne davantage les garçons que les filles, souligne le chercheur. La question « Ma fille est-elle moche ? » est deux fois et demie plus fréquente que « Mon fils est-il moche ? ».

Voilà une illustration des stéréotypes classiquement associés aux filles et aux garçons. Qui rappelle par exemple les bodys de la marque Petit Bateau, qui avaient fait polémique en 2011 en associant les filles à la beauté, les garçons à la force et la ruse.

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4 commentaires

Prune 20 janvier 2014 - 14:56

ça veut dire qu’il y a des parents qui demandent à « google » si leur enfant est moche…
Mais tout va bien dans cette société.

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Olivier71 21 janvier 2014 - 08:59

C’était couru d’avance… Ce n’est guère étonnant… Puisque la majorité des parents est gavée de clichés de ce genre à longueur de journée par les pubs, les a priori culturels (et le reste)…
Au moins, c’est un chercheur qui le dit (et non une chercheuse… Bah, oui, là aussi le sexisme primaire trouverait « normal » qu’une femme dénonce le sexisme… Pour la décrédibiliser). Mais, aussi, c’est un chercheur (au sens générique cette fois), donc, cela tend à donner de la crédibilité à la chose. Il ne s’agit pas d’une opinion (la mienne, par exemple… Cela fait bien longtemps que l’on peut constater dans son entourage direct, qui que l’on soit, la différence de traitement de l’information autour des enfants et petits-enfants… Pour peu que l’on soit attentif à ces questions).
Dommage, malgré tout, que ce chercheur n’explique pas les préalables méthodologiques de l’enquête, cela pose un peu problème pour la « validation ».

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flo 21 janvier 2014 - 12:08

s’il n’y avait que les parents pour s’en préoccuper… hélas toute, absolument toute l’histoire de l’humanité s’est construite autour de ce postulat : les hommes ont un cerveau et les femmes un corps. Que ce soit la théologie, la philosophie, la politique, la psychanalyse, les sciences.. je pense que le 21e siècle, et surtout les femmes, sont en train de déconstruire cette immense méprise. j’y crois !

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Lili 21 janvier 2014 - 18:50

Avec un peu de mauvaise foi, je pourrais dire aussi que les parents n’ont aucun doute sur l’intelligence de leurs filles vu qu’elles sont meilleures à l’école, alors que « être surdoué » est quand même la réponse que tout parents rêve d’avoir face à un fils turbulent et intenable en classe (les US sont aussi les champions du syndrome d’hyperactivité).
Idem, vu que l’obésité touche plus souvent les garçons, pas besoin de google pour le savoir.

J’aimerais bien avoir les chiffres bruts parce que demander à google si votre enfant est moche…. comme dit Prune, on vit dans une société malade.

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