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Le lobbying des pères en haut des grues

par Isabelle Germain

En se perchant en haut de deux grues, deux activistes de l’association « SVP Papa » réussissent une opération de lobbying… Fera-t-elle long feu ?

Ils sont deux pères privés de voir leurs enfants et crient leur désespoir du haut de deux grues à Nantes depuis vendredi. Emotion garantie. Illico, les médias s’installent au pied des engins et suivent, minute par minute les revendications des acrobates. Illico aussi, le premier ministre demande à la ministre de la Justice, Christiane Taubira, et à la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, de recevoir l’association « SOS Papa et d’autres associations de défense des droits des pères ». Dans quelques jours, le 20 février, « SVP Papa » organise une journée nationale de « manifestation pour les droits des pères » à Nantes, la ville du premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Apitoyer l’opinion

Lobbying réussi. « SVP Papa » soutient les deux hommes, même si l’association s’est désolidarisée quand la situation a tourné au vinaigre, le président ne voulant pas donner l’impression de soutenir un forcené… Peu importe, les escaladeurs de grues ont réussi à apitoyer l’opinion, à faire réagir le premier ministre et à poser le problème dans les termes qui les arrangent. Leur message : les pères seraient victimes d’une justice qui prendrait systématiquement le parti des mères.

Et les médias de reprendre leur refrain,  jouant sur le registre de l’émotion comme ici dans Match : « Un père au bord du gouffre » ou dans La Dépêche : « Le SOS de papas en détresse » Et certains d’en rajouter comme le Figaro qui publie un mini sondage « Divorce : pensez-vous que les pères sont discriminés pour la garde de leurs enfants ? » puis un article dans lequel il traite les membres de l’association « sos maman » de « grues ». I-télé en invite un sur son plateau… Une opération de lobbying rondement menée, donc…

Cas particuliers

Ces pères font de quelques cas particuliers injustes – ou parfois discutables – des généralités. Le premier escaladeur, Serge Charnay, perché depuis vendredi matin, « a été privé de droit de garde mais aussi de droit de visite de son fils depuis deux ans, à la suite d’une condamnation pour, notamment, ‘soustraction d’enfant’ » précise une dépêche AFP. Un article de La Voix du Nord nous apprend qu’il a commis des actes de violence. Dès vendredi soir, la préfecture de Loire-Atlantique lui a apporté « des papiers prouvant qu’il pouvait obtenir une requête expresse pour le réexamen de son dossier dès le 28 mars », une accélération exceptionnelle de la procédure… Mais ce n’était pas suffisant. Ce qu’il veut, c’est l’annulation de la condamnation dont il a été l’objet.

Celui qui l’a rejoint samedi, à l’aube, Nicolas Moreno, résidant  en Isère, a déjà fait une grève de la faim de plus de trois semaines en novembre 2012 devant le palais de justice de Valence. Il a été accueilli comme un héros en descendant de sa grue et a pu s’exprimer devant une forêt de micros.

Lire aussi : « Parents séparés : des pistes pour équilibrer droits et devoirs »

Ils n’obtiennent pas la garde parce qu’ils ne la demandent pas

Et de jeter en pâture un seul chiffre victimisant encore plus ces pères : dans 77 % des cas, les juges confient la garde des enfants aux mères. Exact… Mais  dans plus de 75 % des cas, les pères ne demandent pas la garde. « Et quand ils ne l’obtiennent pas, il y a une raison, nous dit une juge. S’ils sont déchus de l’autorité parentale, il y a aussi une raison, même si nous pouvons commettre des erreurs. » Et de faire partager son expérience : « Lorsque le père et la mère se disputent la garde, je pose la même question aux deux : votre enfant est malade et vous devez impérativement aller travailler, comment faites-vous ? Et le plus souvent, la mère a spontanément deux ou trois solutions possibles. Le père reste sec ou dit : ‘J’appelle ma mère’… Nous devons juger en fonction de l’intérêt de l’enfant… Il arrive que le père soit plus convainquant, mais c’est rare. » Autrement dit, l’absence d’égalité entre parents avant le divorce explique une partie des décisions des juges.

L’égalité à tous les niveaux

Que va-t-il se passer maintenant ? Dominique Bertinotti a fait plusieurs déclarations. L’une d’elles a retenu l’attention des médias en empathie avec les hommes des grues. « On ne peut pas vouloir à la fois l’égalité femme-homme, et en même temps, ne pas entendre les revendications des pères », a déclaré la ministre de la famille à l’AFP TV… Mais sur France Info, elle a montré quelques réserves. Elle veut que les couples qui se séparent recourent plus souvent à la médiation et souligne au passage que « nous avons aussi aujourd’hui trop de familles tenues par des femmes et qui ne reçoivent pas les pensions alimentaires… »  Elle semble donc vouloir penser la question en terme d’égalité de façon globale.

Petit à petit,  de vieux dossiers remontent, montrant que « SOS Papa » (qui va être reçu par les ministres, avec « SVP Papa » ce lundi après-midi)) par exemple n’est pas blanc blanc. Un de ses membres ayant écopé de 6 ans de prison pour avoir voulu tuer son ex-femme. En creusant un peu, il est facile de voir les dangers de la proposition de loi soutenue par les associations de pères divorcés qui manifesteront le 20 février. Cherchant à rendre obligatoire la garde alternée, cette loi peut devenir dangereuse lorsqu’il faudra fuir un ex-conjoint violent. Mais les victimes de conjoints violents ne montent pas en haut des grues…

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Le nom du père, pomme de discorde… comme en 2002

Des couples égalitaires… en théorie

Les pères restent réfractaires au congé parental

 

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50 commentaires

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Seb. 18 février 2013 - 09:21

J’ai rapidement entendu parler de cette affaire, je n’ai connaissance des détails. Seulement pour info, le délit de soustraction d’enfant peut sanctionner des réalités d’une gravité variable. Il peut s’agir du simple fait d’emmener ou que ce soit, quel qu’en soit la durée, son enfant hors des droits de garde judiciairement fixé.

Votre chiffre de 75% des pères qui demandent pas la garde m’étonnent car ils sont déjà 20% à obtenir la garde exclusive, donc nécessairement plus à obtenir la garde partagée, et encore plus à demander la garde exclusive ou partagée.

Ce qui m’étonne c’est la suspicion collective des mouvements étiquetés féministes à l’égard des associations de défense des pères. Cette affaire est l’occasion de jeter encore le doute sur ces associations.
Accusations qui ne datent pas d’hier, ici dans un article de 2008 http://sisyphe.org/spip.php?article2941 on nous explique que derrière toute revendication de droits liés à la paternité, se cache une volonté de domination des hommes sur les femmes.

Il y a un paradoxe à systématiquement dénoncer un manque d’implication des pères dans le foyer et parallèlement faire des procès d’intention à tous les pères qui voudraient pouvoir s’investir dans ce rôle.

Je ne pense pas que l’on parvienne à avancer sur ces questions tant que le féminisme mainstream persistera à se comporter en boutiquier. Il va falloir un jour ou l’autre admettre que le féminisme dépasse et transcende le seul intérêt collectif des femmes, admettre qu’il puisse indifféremment profiter aux hommes et aux femmes. Sans quoi vous aurez des groupes qui s’attacheront de plus en plus exclusivement à la défense d’un sexe, contre un autre, qui seront de plus en plus radicaux, et il y aura un blocage de part et d’autre.

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Seb. 18 février 2013 - 09:29

Pour ce qui est de rendre obligatoire la garde alternée, je n’y suis pas favorable. Soit elle est pertinente, soit elle ne l’est pas, mais forcer les choses peut aller contre l’intérêt des enfants, et par ailleurs nuire à l’un des parents. Donc le bilan n’est pas nécessairement positif.

Il sera toujours compliqué de mettre en place un texte rigide et impératif capable de répondre à la diversité des situations. Il y aura toujours des pères ou des mères qui détourneront ces droits pour nuire à leur ex-conjoint. La meilleure solution, bien qu’insatisfaisante, est encore, il me semble, de laisser au juge la liberté de décider de l’opportunité d’une garde partagée ou non. Après il est possible de mettre en place des gardes fous, d’imposer des motivations précises…

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hic 18 février 2013 - 09:35

Ce qui est « étonnant » aussi, c’est la différence de traitement médiatique entre un évenement féministe mondial tel que 1 billion rising pour lutter contre les violences faites aux femmes, évènement quasi absent des médias, et une action de deux trois tondus qui grimpent en haut d’une grue, qui se retrouvent en tête de gondole. Ça pose bcp de questions sur le champ médiatique.
Ici un billet explicatif des décisions de garde:
http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/02/18/les-papas-maltraites-par-la-justice-c-est-du-n-importe-quoi.html

« Votre chiffre de 75% des pères qui demandent pas la garde m’étonnent car ils sont déjà 20% à obtenir la garde exclusive, donc nécessairement plus à obtenir la garde partagée, et encore plus à demander la garde exclusive ou partagée. »
Pouvez vous me citer votre source, svp?

« Il y a un paradoxe à systématiquemen t dénoncer un manque d’implication des pères dans le foyer et parallèlement faire des procès d’intention à tous les pères qui voudraient pouvoir s’investir dans ce rôle. »
Et chez certains pères, il y a aussi un paradoxe à ne pas s’occuper de son enfant lorsque l’on est avec la mère, et soudainement s’en préoccuper lors d’une séparation.
Par ailleurs, il faut rappeler que ce sont les méchantes-associations-féministes-boutiquières qui militent pour la création d’un congé paternité depuis un bon bout de temps.

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isabelle germain 18 février 2013 - 10:02

[quote name= »Seb. »]

Votre chiffre de 75% des pères qui demandent pas la garde m’étonnent car ils sont déjà 20% à obtenir la garde exclusive, donc nécessairement plus à obtenir la garde partagée, et encore plus à demander la garde exclusive ou partagée.

justement me disait la juge… quand ils la demandent, ils l’obtiennent en général, mais c’est rare. Et quand ils n’obtiennent pas gain de cause, il y a le plus souvent une raison… Ce qui n’exclut pas qu’il puisse y avoir des erreurs, manipulations et saloperies diverses. Mais ce n’est pas la majorité des cas, ni une généralité

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Seb. 18 février 2013 - 10:42

Il n’est tout de même pas si fréquent que les droits des pères soient évoqués dans les médias, donc il n’est pas si choquant qu’ils en parlent, et il est assez conforme au mode fonctionnement des médias qu’ils le fassent à l’occasion d’une action spectaculaire.

Je n’ai pas lu intégralement le billet, mais je suis assez d’accord avec le fait que la réactions des politiques est pathétique. Depuis quelque temps dès qu’une décision de justice est critiquée de manière médiatique, ils se croient obligés d’intervenir. D’une part, cela fait tout de même peser sur les magistrats une forme de pression qui n’est pas conforme à la manière dont la justice doit être rendue, et par ailleurs ca ne règle pas les problèmes de tous les dossiers qui ne sont pas médiatisés.

Pour les chiffres je me suis trompés, ce n’est pas 20% qui obtiennent la garde exclusive mais 20% qui la demandent (http://www.lexpress.fr/tendances/pourquoi-les-peres-divorces-obtiennent-rarement-la-garde-des-enfants_1125688.html). Reste que ce chiffre n’inclut pas ceux qui demandent la garde partagée, qui devraient être à peu près aussi nombreux.

Si certains pères effectivement après n’avoir porté qu’un faible intérêt à leurs enfants vont exercer tous les recours pour obtenir des droits à la seule fin de nuire à leur ex-compagne, il y aussi des mères qui instrumentalisent leurs enfants au détriments de l’équilibre de ces derniers dans l’unique but de nuire à leur ex-partenaire. On peut toujours choisir de voir qu’une partie du problème. C’est d’ailleurs ce que je reproche au masculinisme comme à certaines féministes.

Pour ce qui du congé paternel, il n’a pas pour fonction de renforcer les droits paternels, il a été présenté au parlement dans un texte sur l’égalité professionnelle homme-femme commençant par une citation de Simone de Beauvoir, et dont le but clairement affiché est de rendre moins compétitifs les hommes sur le marché du travail.

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Sam 18 février 2013 - 10:42

Proposant pour ma fille, dont j’avais demandé la garde (!) une vie en province, en maison (alors que d’un dessin elle exprimait son envie d’y aller), avec un metier stable, la JAF n’a ni regardé le dessin, ni écouté mes arguments (y compris le mail de mon ex disant que notre fille serait mieux avec moi …):
La seule phrase qu’elle ait dite c’est
« on ne peut pas punir Mme deux fois ! »
La raison ?
Nous avions une autre fille, décédée trois ans avant !
On ne peut pas punir Mme ? Mais comme de juste les pères ne sont pas aimant et ne souffre pas ???
Désolé mesdames : le sexisme existe dans les deux sens !
Et pour ce qui est des enfants, il est contre les hommes, même si dans mon cas, l’instint maternel est plus important chez moi que chez la mère.
Mais je sais que personne ne me crois jamais.
Ce n’est qu’un coup de gueule dans le vide !
Les JAF appliquent leurs opinions, mais n’ont pas le temps (ou ne le prennent pas !?) de se faire une idée cas par cas !
Notre fille vit donc avec sa mère depuis 2005 …
Merci pour la punition Mme « la » « juge » .

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09 Aziza 18 février 2013 - 10:50

Franco-Québécoise, je suis absolument abasourdie par la naÏveté confondante de beaucoup de femmes et d’hommes français concernant les « mouvements de pères ». Ces mouvements ne veulent rien d’autre que le retour du patriarcat sous une nouvelle forme: le contrôle des femmes par le biais des enfants.
La revendication féministe de partage des tâches éducatives est ainsi détournée;( et j’ai vu certaines féministes françaises tomber dans le panneau!), mais la réalité qui est derrière ces mouvements et leurs adhérents est toute autre: il s’agit en général de pères condamnés pour violences, ou sur leur ex-conjointe, ou sur leurs enfants, qu’il s’agisse de violence physique ou de rapt.
Les média français, où les hommes sont en nombre et en position dominante, se précipitent évidemment pour soutenir les pauvres chéris, comme ils l’ont fait avec DSK.
Travailleur social, je confirme le chiffre de 75% de pères qui ne demandent pas la garde. Quand à la garde partagée, certains juges ont eu tendance à ne pas respecter le fait qu’elle ne pouvait être envisagée pour de trés jeunes enfants(- de 3 ans).Devant les appels de pédopsychiatres qui voyaient les ravages de nourrissons séparés de leur mère, même allaitante(oui, oui, la maman était priée de tirer son lait dans un biberon), on y a mis visiblement un bémol.
La médiation tant invoquée par la MInistre est impossible en cas de violence, et 40% des divorces conflictuels impliquent des faits de violence de la part de l’homme. Au Canada(pas seulement au Québec!) personne ne tenterait une médiation quand la mère a été obligée de fuir en foyer avec ses enfants! mais en France, c’est la panacée…
Enfin, rappelons à ces hérons perchés en haut d’une grue qu’un enfant n’est pas un objet dont on est « privé », mais une personne qui a des besoins. Mais les enfants, ici, tout le monde sans fout, en parlant sans cesse de leur soi disant intêret.

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luce44 18 février 2013 - 10:57

Les médias ont présenté ce père comme une victime, sans expliquer les raisons du jugement et les éléments graves qui ont conduit au refus du droit de visite comme des propos menaçants envers la mère de l’enfant.
Les médias profitent du sensationnel, sans explorer la question et élargissent ce cas en montrant des reportages sur les pères qui voient leurs enfants dans des lieux extérieurs. Mais ils ne parlent pas de ce qui a provoqué ces situations, certes douloureuses : violences, non conformité au jugement de divorce…
Dans certains cas, il s’agit de protéger les mères de violences potentielles du père.

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09 Aziza 18 février 2013 - 11:04

Oui, j’ajouterai seulement que les commentaires que je lis me navrent par leur aveuglement:
Si 80% des taches ménagères (y compris celles liées aux enfants) et 60% des taches éducatives sont assurées par les mères; si cela s’ajoute au fait indéniable que les femmes portent les enfants avec tout que cela implique, leur donnent naissance, les allaitent et en assument l’essentiel des soins pendant leurs premières années, on ne peut que comprendre que les magistrats aient la lucidité de voir que si un enfant aime en général autant son père que sa mère, il a DAVANTAGE BESOIN de celle-çi ; sauf bien sûr des cas de figure inverse, qui existent, et qu’ils savent apprécier. Rappelez vous le jugement de Salomon: la vraie mère était celle qui refusait qu’on coupe l’enfant en deux…

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Seb. 18 février 2013 - 11:06

Comme je le disais précédemment, je me suis trompé dans mes chiffres. C’est 20% qui demandent. Mais il s’agit de la garde exclusive, donc s’y ajoute ceux qui demandent la garde partagée.

Pour ma part, j’ai eu d’autres retours par des professionnels sur les taux d’acceptation des demandes de garde paternelle. Par ailleurs, la garde partagée va être refusée systématiquement lorsque l’enfant à moins de 7 ans, on considère en pédopsychiatrie, à tord ou à raison (je serai bien incapable d’argumenter sur le sujet même si je pense que tous les enfants ne sont peut être pas sensible aux mêmes choses), que la garde alternée est déstabilisante pour un enfant de moins de 7 ans. Cette garde alternée sera également refusée lorsque les relations entre les parents sont trop conflictuelles. Dans ces hypothèses, le parent qui n’aura pas la garde aura généralement un droit de visite et d’hébergement (1 week-end sur 2, 1/2 des vacances). Lorsque la garde partagée est refusée, la garde est très généralement confiée à la mère, pour plusieurs raisons. Il est vrai que c’est encore une réalité, ce sont généralement les mères qui s’investissent le plus dans l’éducation enfants et les pères dans le travail. Ensuite il est vrai qu’à investissement équivalent, les juges auront tout de même plus confiance en les capacités maternelles qu’en les capacités paternelles. Dans ces cas, la charge de la preuve pèsera sur le père qui devra prouver à la fois de graves carences de la part de mère et démontrer qu’il offre toutes les garanties.

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lirelle 18 février 2013 - 11:07

« Ce qui est « étonnant » aussi, c’est la différence de traitement médiatique entre un évenement féministe mondial tel que 1 billion rising pour lutter contre les violences faites aux femmes, évènement quasi absent des médias, et une action de deux trois tondus qui grimpent en haut d’une grue, qui se retrouvent en tête de gondole. Ça pose bcp de questions sur le champ médiatique. »

il faut le dire et le redire haut et fort. Ce choix déterminé des médias est tout à fait révéléteur.

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Joke 18 février 2013 - 11:17

La cause des femmes vaut mieux que cet article, dont le TON me déplaît.
Ne croyez-vous pas que si les juges – femmes et hommes – confient prioritairement la garde des enfants à la femme, c’est parce que dans notre société la vraie place de la femme c’est… à la maison pour s’occuper de ses enfants ?
Et donc de ne pas avoir d’emploi.

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Seb. 18 février 2013 - 11:22

Moi ce qui me navre c’est de voir que vous assimilez revendication paternelle et volonté de retour au patriarcat. Je ne dit pas que tous les hommes présents dans ces mouvements sont tous inspirés par de bonnes intentions, mais de là à tous les mettre dans le même panier. Par ailleurs, il y a aussi des femmes qui instrumentalisent leurs enfants pour nuire à leur ex-compagnon. Il n’y pas que de méchants papas et de gentilles mamans.

Je suis d’accord que la médiation peut se révéler problématique si elle consiste à mettre en présence deux personnes dont l’une a clairement la volonté de nuire à l’autre. Par ailleurs, il y a une pression sur celui qui refuse celle-ci, on laisse plus ou moins entendre que refuser le dialogue pourrait être mal vu. Pour autant, il faut tout de même tenter de maintenir un dialogue, mais peut être n’est il pas nécessaire de mettre les deux personnes dans la même pièce lorsque cela n’est manifestement pas souhaitable.

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Irène K 18 février 2013 - 11:31

Ce que les féministes voudraient, c’est qu’il y ait davantage de pères qui s’impliquent auprès des enfants AVANT le divorce et pas seulement après. Toutes les statistiques montrent que les mères font encore l’écrasante majorité des tâches de soins aux enfants, surtout les plus ingrates (les pères s’impliquant surtout pour jouer ou conduire à des activités externes). Et pour info : en Belgique, la revendication d’un congé de paternité OBLIGATOIRE est portée par des associations féministes. Pas par les groupes de pères !

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Vero.M 18 février 2013 - 11:37

Avant d’aller plus loin: je suis une femme, et plus que féministe.
Il ne s’agit donc pas de « trollage » ou de souscription aveugle à la « cause » de ces associations ou de ces pères, dont je ne connais en toute honnêteté absolument rien (j’ai découvert cette histoire par mon abonnement à lesnouvellesnews, et habite par ailleurs loin de la France en ce moment).

Je n’ai également aucune idée du pourcentage des pères demandant ou non la garde leur/s enfants suite à une séparation.

Mais en observant mes amies/s, leur histoire de vie, il est plus que clair que oui, indéniablement, la garde est pensée A PRIORI comme relevant de la mère et pas du père, ce même lorsque le père la demande, ou, beaucoup plus grave à mon sens, quand le bien de l’enfant le réclame (je pense notamment à un ex-couple d’amis où la mère était alcoolique, avec internement d’office réitéré 2 fois, et sans emploi, contrairement au père qui lui n’avait jamais eu aucun problème).

L’histoire à laquelle je répond me convainc totalement, parce que je l’ai rencontrée de nombreuses fois.

Les hommes qui veulent sortir, même légèrement, des schémas sexistes, en prennent, au sens propre comme a figuré, plein la tronche…. y compris de la part des féministes, ce qui me laisse profondément triste et amère.

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sab papa solo du 63 18 février 2013 - 11:37

Moi j’me pose une questions , si la mère est privilégié pour la garde des touts petits comment vas t’on gérer , maintenant avec 2 papa ou 2 maman ??? avant mêmes que ces lois soit voté ce sont’ ils posé cette questions ? il est tout à fait normal qu’une mère aimante soit privilégié à un père responsable quand les enfants sont en bas âges , mais quand la mère pêtes un Plombs ils nous faut toujours nous battres pour avoir reconnaissance de Droits. Personnellement , il a fallut que mes gosse aille en à l’école en pyjama et plus d’une fois entre autres chose comme le fait d’attrapé la tuberculose et ne pas s’en soucié plus 2 3 truc et tous sa en à peine 1ans 1/2 pour que le juge daigne reconnaitre qu’il fallait peut être envisagé de me les confié. Sans tout sa pendant plus de 6 mois tous les week end chez moi car leur mère fatigué de ne pas travaillé se reposait sur un papa qui compensait ces lacunes… 2 audience d’une durée de 10à 15 min chacune et chaques fois ont me répété : vous devez être content de les avoir plus que prévue , sans se demander pourquoi ? et c’est à la troisième audience que la Juge se retrouvant Fautive d’avoir trops attendu et se rendant compte que mes enfants était en danger de par ces décisions sans considérer les éléments apporter . il as fallut beaucoup de patience , et prendre beaucoup sur moi en priants qu’ils n’arrive pas un malheur pour avoir gain de cause . mais je suis certainement une exception sauf qu’ont leur accorde souvent le bénéfice du doutes et malgres que nous somme tous ego des fois c’est vraiment pas le cas …

ps: je ne m’aurai jamais permis de soustraire les enfants comme sa , mais quand mon docteur ma dit qu’ils pouvait avoir la tuberculose et que nous aurions du s’y prendre plus tôt , là je n’ai pas hésité et je les ai mis en séurité …

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jeanne 18 février 2013 - 11:40

Beaucoup de questions se posent sur ce sujet sensible mais il est certain qu’en enlevant un enfant on ne résout rien. Pour ma part je trouve important qu’un enfant soit en relation avec son père et sa mère. Lors de mon divorce nous avons demandé la garde alternée qui a été accepté alors que l’enfant n’avait pas encore 7 ans mais pour le moment cette garde n’est qu’une mascarade car son père dit etre trop occupé pour la faire donc depuis 4 ans il prend son fils un w.e sur 2 et la moitié des vacances, par contre depuis son remariage il pense reprendre la garde alternée, voire meme s’installer à 800km avec son fils car comme il le dit si bien « il s’est sacrifié en ne prenant pas son fils durant ces 4 dernières années » mouais j’ai tendance à penser que la garde alternée a été un bon prétexte pour ne pas payer de pension alimentaire et que maintenant il n’est pas plus dispo mais sa nouvelle femme pourra prendre le relais. Alors avant de désigner la « loi » comme fautive il serait peut etre temps de raisonner en adulte, de devenir responsable. Lorsqu’on fait un enfant à deux meme si le couple n’a pas fonctionné les deux parents devraient prendre leur role au sérieux et non plus entendre comme on l’entend si souvent « l’enfant est mieux avec sa mère et puis avec mon emploi du temps je ne peux vraiment pas » Non messieurs c’est faux car les mamans qui travaillent ont les memes contraintes et en plus sont critiquées car elles ne passent pas assez de temps avec leurs enfants j’ai juste envie de dire désolée mais pour les nourrir et les habiller il faut travailler. Dernier point à tous les papas qui prennent leur role au sérieux et qui s’impliquent comme les mamans je vous dis bravo, car papa ou maman nous assumons nos enfants et nous menons le meme combat.

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larroque florence 18 février 2013 - 12:16

« lirelle »
« Ce qui est « étonnant » aussi, c’est la différence de traitement médiatique entre un évenement féministe mondial tel que 1 billion rising pour lutter contre les violences faites aux femmes, évènement quasi absent des médias, et une action de deux trois tondus qui grimpent en haut d’une grue, qui se retrouvent en tête de gondole. Ça pose bcp de questions sur le champ médiatique. »

il faut le dire et le redire haut et fort. Ce choix déterminé des médias est tout à fait révéléteur.

1000 fois d’accord avec vous! j’ai été scandalisée de l’absence quasi totale de couverte médiatique accordée à OBR.. et là tout d’un coup quelques hommes se rappellent qu’ils sont pères et on déroule le tapis rouge médiatique.. c’est un peu comme ceux qui mettent en avant le problème des hommes battus quand on parle de violences conjugales pour montrer que non.. y’a pas que vous mesdames qui souffrez ! à mourir… de rire

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martinechene 18 février 2013 - 12:47

Encore et encore merci les Nouvelles ! On respire mieux à vous lire. Voilà un article documenté, honnête qui remet les choses en place. Heureuse d’être abonnée;

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Lili 18 février 2013 - 14:03

Un jour j’ai parcouru quelques sites de Pères en colère et oui j’y ai vu une grande rancoeur, voire violence, envers les femmes.
Puis j’ai commencé à voir mes ami-e-s se séparer et là j’ai vu des hommes victime d’une injustice dans la répartition de la garde, des femmes truquer des documents de finances, d’autres manipuler leurs enfants. Oui c’est vrai que la séparation tue la confiance et qu’une femme qui trouvait son mari « bon père de famille » devient souvent méfiante. Mais les juges ont un énorme a priori sur les qualités des hommes et des femmes.

La question du temps de travail : mes amis en effet travaillaient beaucoup et donc lors du divorce ça a été un argument de l’épouse pour refuser la garde partagée. Mais mes amis, lorsque la séparation s’est concrétisée, se sont organisés pour pouvoir être plus présents auprès de leurs enfants, puisqu’ils allaient s’en occuper seuls. Bien sûr il aurait été mieux qu’ils fassent cet effort avant. Mais je suis désolée, quand on est deux on organise différemment sa vie que quand on est seul, c’est assez logique, et ce choix est fait à deux, et certaines femmes savent mettre leur homme devant ses responsabilités. Certains couples sont plus égalitaires que d’autres. Alors oui un père placé devant la contrainte s’organise. Tout comme les femmes s’organisent lorsqu’elles sont en couple parce qu’elles y sont contraintes. C’est bien le sens des dénonciations féministes que de dire la contrainte qui pèse sur les femmes.

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meg 18 février 2013 - 14:39

« Pour les besoins d’un film documentaire (la Domination masculine), j’ai moi-même longuement enquêté sur ces associations d’hommes au Québec, où le mouvement « masculiniste » très organisé est l’inspirateur d’activistes européens. Afin de mieux les approcher, je me suis fait passer, pendant des mois, pour l’un d’entre eux. Ce qui se passe à Nantes est directement lié à ces mouvements, ainsi qu’à un récent projet de loi dont on a peu parlé. »

http://patricjean.blogspot.fr/2013/02/nantes-lescalade-des-peres-cache-une.html

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isabelle germain 18 février 2013 - 14:42

Il ne s’agit pas, dans cet article de jeter la pierre aux pères. On a tous dans notre entourage des mères manipulatrices, des mères honnêtes, des pères démissionnaires et des pères impliqués… Il s’agit de dire que la victimisation des pères est démesurée. Même SVP papa dit que celui qui ne veut pas descendre de la grue passe pour un forcené. Les stat montrent que les cas de papas privés de leurs enfants sans raison valable autre que les stéréotypes véhiculés par certains juges sont réels mais ils sont rares. La réaction des médias qui pleurent sur les gentils papas et les méchants juges est disproportionnée.

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Co 18 février 2013 - 15:06

Merci d’être un homme et de décrire la domination masculine quotidienne. Merci pour cet article aux nnews, cela fait du bien en tant que divorcée-d’un-ex-qui-se-fiche-pas-mal-du-droit-de-visite et encore plus du devoir de payer la moitié du crédit (n’est-ce pas de la violence??), qui s’entend encore et toujours dire, hommes et femmes confondus, que « le mieux c’est la garde partagée » (comment faire la garde partagée si 75% des hommes ne demandent pas la garde??), comment dans mon quotidien de divorcée le montant de ma facture de téléphone est lié à mes appels à mon avocate. Et oui, la violence est structurelle et politique!!

« meg »
« Pour les besoins d’un film documentaire (la Domination masculine), j’ai moi-même longuement enquêté sur ces associations d’hommes au Québec, où le mouvement « masculiniste » très organisé est l’inspirateur d’activistes européens. Afin de mieux les approcher, je me suis fait passer, pendant des mois, pour l’un d’entre eux. Ce qui se passe à Nantes est directement lié à ces mouvements, ainsi qu’à un récent projet de loi dont on a peu parlé. »

http://patricjean.blogspot.fr/2013/02/nantes-lescalade-des-peres-cache-une.html

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mamie 18 février 2013 - 15:15

Dans son argumentation pour le « mariage pour tous » Mme Taubira n’a pas défendu le « droit des enfants » mais le « droit pour tous à avoir un enfant »
Elle ne fait que reprendre l’orientation actuelle de notre société.
Alors pourquoi ne pas aller jusqu’au bout du raisonnement ?

Chacun, homme femme, hétéro ou homo devrait pouvoir avoir son enfant, quelque soit les moyens (IGV, don de sperme, mère porteuse) et pourrait aussi refuser la procréation (contraception, avortement)

Par conséquent, tout adulte désirant un enfant devrait être capable d’en assurer seul la subsistance et l’éducation ; l’Etat n’a pas à intervenir pour obliger un autre à verser une pension alimentaire ou la collectivité à payer des aides aux parents séparés.

Le couple n’est plus un critère de stabilité, puisque la moitié n’existe plus au bout de quelques années ; l’enfant, lui continue d’exister ; il faut donc que l’enfant soit sous la responsabilité et à la charge exclusive d’un des parents.

Dans les couples hétéro, la femme pourra être « mère porteuse » pour l’enfant de son mari et l’homme « donneur de sperme » pour l’enfant de sa femme, la déclaration du parent reconnaissant l’enfant se faisant avant la naissance.
Lors de la séparation du couple, il pourra toujours y avoir un accord devant notaire pour règler les visites et aides financières, sans intervention de la Justice.

Ainsi on peut être certain que ceux qui verseront des subsides pourront continuer à voir l’enfant élevé en commun. Sans doute les familles recomposées deviendront la règle mais il est aussi probable que le nombre de séparation diminuera.

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Co 18 février 2013 - 15:23

et rien à rajouter à vous lire

« jeanne »
Beaucoup de questions se posent sur ce sujet sensible mais il est certain qu’en enlevant un enfant on ne résout rien. Pour ma part je trouve important qu’un enfant soit en relation avec son père et sa mère. Lors de mon divorce nous avons demandé la garde alternée qui a été accepté alors que l’enfant n’avait pas encore 7 ans mais pour le moment cette garde n’est qu’une mascarade car son père dit etre trop occupé pour la faire donc depuis 4 ans il prend son fils un w.e sur 2 et la moitié des vacances, par contre depuis son remariage il pense reprendre la garde alternée, voire meme s’installer à 800km avec son fils car comme il le dit si bien « il s’est sacrifié en ne prenant pas son fils durant ces 4 dernières années » mouais j’ai tendance à penser que la garde alternée a été un bon prétexte pour ne pas payer de pension alimentaire et que maintenant il n’est pas plus dispo mais sa nouvelle femme pourra prendre le relais. Alors avant de désigner la « loi » comme fautive il serait peut etre temps de raisonner en adulte, de devenir responsable. Lorsqu’on fait un enfant à deux meme si le couple n’a pas fonctionné les deux parents devraient prendre leur role au sérieux et non plus entendre comme on l’entend si souvent « l’enfant est mieux avec sa mère et puis avec mon emploi du temps je ne peux vraiment pas » Non messieurs c’est faux car les mamans qui travaillent ont les memes contraintes et en plus sont critiquées car elles ne passent pas assez de temps avec leurs enfants j’ai juste envie de dire désolée mais pour les nourrir et les habiller il faut travailler. Dernier point à tous les papas qui prennent leur role au sérieux et qui s’impliquent comme les mamans je vous dis bravo, car papa ou maman nous assumons nos enfants et nous menons le meme combat.

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Angus 18 février 2013 - 16:12

Vous n’avez manifestement pas lu la proposition de loi (que je découvre grâce à vous). Vous dites : « Cherchant à rendre obligatoire la garde alternée, cette loi peut devenir dangereuse ». Or, en suivant le lien que vous donnez, je lis :

« À défaut d’accord, en cas d’autorité parentale conjointe, le juge examine prioritairement, à la demande d’un des parents au moins, la possibilité de fixer l’hébergement de l’enfant de manière égalitaire entre ses parents.

En cas de désaccord entre les parents, le juge entend le parent qui n’est pas favorable au mode de résidence de l’enfant en alternance au domicile de chacun de ses parents, exposant les motifs de son désaccord au regard de l’intérêt de l’enfant. La préférence est donnée à la résidence en alternance paritaire. La décision de rejet de ce mode de résidence doit être dûment exposée et motivée. »

Si je comprends bien ce que je lis (et non ce que vous en dites), il s’agit donc de donner la priorité à la garde alternée, pas de la rendre obligatoire.

Je trouve la nuance de taille.

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dandan 18 février 2013 - 17:10

« Seb. »
Il n’est tout de même pas si fréquent que les droits des pères soient évoqués dans les médias, donc il n’est pas si choquant qu’ils en parlent, et il est assez conforme au mode fonctionnement des médias qu’ils le fassent à l’occasion d’une action spectaculaire.

Je n’ai pas lu intégralement le billet, mais je suis assez d’accord avec le fait que la réactions des politiques est pathétique. Depuis quelque temps dès qu’une décision de justice est critiquée de manière médiatique, ils se croient obligés d’intervenir. D’une part, cela fait tout de même peser sur les magistrats une forme de pression qui n’est pas conforme à la manière dont la justice doit être rendue, et par ailleurs ca ne règle pas les problèmes de tous les dossiers qui ne sont pas médiatisés.

Pour les chiffres je me suis trompés, ce n’est pas 20% qui obtiennent la garde exclusive mais 20% qui la demandent (http://www.lexpress.fr/tendances/pourquoi-les-peres-divorces-obtiennent-rarement-la-garde-des-enfants_1125688.html). Reste que ce chiffre n’inclut pas ceux qui demandent la garde partagée, qui devraient être à peu près aussi nombreux.

Si certains pères effectivement après n’avoir porté qu’un faible intérêt à leurs enfants vont exercer tous les recours pour obtenir des droits à la seule fin de nuire à leur ex-compagne, il y aussi des mères qui instrumentalisent leurs enfants au détriments de
Pour ce qui du congé paternel, il n’a pas pour fonction de renforcer les droits paternels, il a été présenté au parlement dans un texte sur l’égalité professionnelle homme-femme commençant par une citation de Simone de Beauvoir, et dont le but clairement affiché est de rendre moins compétitifs les hommes sur le marché du travail.

ou les femmes plus compétitives ??

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Seb. 18 février 2013 - 17:23

Effectivement, et le l’avais pas vu non plus. Cette idée que de cette proposition de loi qui viserait à rendre la garde alternée obligatoire est largement diffusée, par les mêmes qui dénoncent la manipulation et la désinformation. Cela dit c’est extrêmement fréquent de constater, lorsque l’on va à la source, des différences entre les chiffres et faits que l’on nous annonce, et la réalité des choses. Il faut d’ailleurs être un peu paranoïaque ou délirant pour penser que des députés vont voter un texte qui rendrait la garde alternée obligatoire. C’est en soit inapplicable. Pour l’imaginer, il faut déjà être prêt à renoncer à son discernement pour croire au pire, même par l’absurde. En l’état, la proposition ne me choque pas.

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Seb. 18 février 2013 - 17:25

Je ne comprend pas la nuance que vous cherchez à introduire.

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martin dufresne 18 février 2013 - 22:11

Gilles DEVERS, avocat, sur son blog Actualités du droit: « Les papas maltraités par justice? C’est du n’importe quoi! »
http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/02/18/les-papas-maltraites-par-la-justice-c-est-du-n-importe-quoi.html#comments

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martin dufresne 18 février 2013 - 22:19

Quelques autres références Web utiles:

S. GOLDSCHMIDT: « Masculinistes: le gouvernement va-t-il vraiment céder au chantage? » http://sandrine70.wordpress.com/2013/02/18/masculinistes-le-gouvernement-va-t-il-vraiment-ceder-au-chantage/

Une opération médiatique du lobby masculiniste: « le show des grues » http://henridamien.blogspot.ca/2013/02/une-operation-mediatique-du-lobby.html#!/2013/02/une-operation-mediatique-du-lobby.html

Réclamons des télés la rediffusion d’un film de Myriam TONELOTTO et Marc HANSMANN, « In Nomine Patris » (Productions La Bascule, 2004): http://www.labascule.tv/films/films-produits/in-nomine-patris.html
et d’un autre de Claudie DEJÀ: « Drames de la séparation: Quand le père devient l’ennemi » (2004. Les deux sont présentéa entre autres sur la page http://sisyphe.org/spip.php?article1627 Parce qu’il existe, dans les situations évoquées à Nantes, et dans la majorité des cas de litige entre ex-conjoints, des violences qui risquent de devenir létales.

Beaucoup de comptes rendus de ce ressac patriarcal et de la résistance féministe et proféministe sont archivés sur les rubriques Féminisme et condition masculine et
Famille, droit et bien-être des enfants du site SISYPHE.

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martin dufresne 18 février 2013 - 22:23

Sur le « syndrome d’aliénation parentale, que le lobby des pères veut faire inscrire dans une loi pour discréditer d’avance toute demande de garde exclusive, lire entre autres Mediapart, « SAP: Constat préoccupant par le rapporteur de l’ONU (en 2002 et 2003) »: http://bit.ly/11R7fhx

Voir surtout l’article de Léo THIERS-VIDAL, « Humanisme, pédocriminalité et résistance masculiniste » dans Rupture anarchiste et trahison proféministe – écrits et échanges de Léo Thiers-Vidal, qui vient de paraître aux Éditions Bambule, de Lyon.
Rencontre-débat à ce sujet samedi prochain à Lyon: http://agendalyon.org/2013-02-23/rupture-anarchiste-et-trahison-prof%C3%A9ministe

Une anthologie innovatrice, publiée aux Éditions du remue-ménage, « Le mouvement masculiniste au Québec: L’antiféminisme démasqué », de Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, situe dans d’autres contextes le travail d’entrisme de cette idéologie. http://www.editions-rm.ca/livre.php?id=1233

Enfin, voici des hyperliens vers trois de mes propres articles, publiés dans Nouvelles Questions Féministes:
Masculinisme et criminalité sexiste ( NQF, 1998, avec Susan B. Boyd) http://www.erudit.org/revue/RF/1998/v11/n2/058007ar.pdf

Autorité parentale conjointe: le retour de la loi du père (NQF, 2002, avec Hélène PALMA)
http://www.sos-sexisme.org/infos/loi_pere.htm

Face aux conjoints agresseurs: La danse avec l’ours – Entrevue avec le psychologue québécois Rudolf Rausch (NQF, 2003)
http://sisyphe.org/spip.php?article266

L’appropriation juridique des enfants et des femmes par les pères, leur véritable enfermement autrefois physique et aujourd’hui juridique dans le « modèle de la ferme » sous autorité paternelle et étatique est un des thèmes esquissés par l’écrivaine et philosophe Andrea DWORKIN dans « Les femmes de droite » (aussi publié au Remue-ménage) et qui est déjà en réédition au Québec: http://www.editions-rm.ca/livre.php?id=1436

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enzo13005 18 février 2013 - 22:56

ce que je constate sur les forum c’est que pour une fois que l’homme fait valoir son autorité parentale et son droit à élever son enfant tous les pseudo lobby féministe qui ont gangréné la justice aux affaires familiales se déchainent pour préserver le pré carré de l’enfant automatiquement donné à la mère… C’est le fondement du début du syndrome de l’aliénation parentale…. Tous les pères pensent qu’il est normal que la garde leur soit confiée pas qu’il faille se battre contre des mur et des JAF femmes pour obtenir un week end de temps en temps…revoyez la définition de l’autorité parentale et demandez vous si les décisions importantes sont discutées avant d’être prise…..Pour le droit des pères à élever leurs enfants….

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09 Aziza 19 février 2013 - 10:28

@enzo: il n’existe pas de « lobby féministe », car les femmes n’ont ni pouvoir , ni argent; et même une association comme le Planning Familial a du mal à continuer à être subventionnée…
Il n’existe pas non plus de « syndrome d’aliénation parentale » C’est une invention d’un seul et unique auteur, Richard Gardner, et on ne cite en général pas le cadre dans lequel il introduit cette notion:Gardner prétendait que les relations sexuelles entre adultes et enfants étaient naturelles, que les enfants pouvaient être séducteurs, et qu’une agression sexuelle sur un enfant n’était pas obligatoirement un traumatisme….
Je vous laisse juge. Son étude, non corroborée par d’autres , concernait les litiges autour de la suspicion d’abus sexuel. Elle est considérée comme si peu valable qu’il est interdit de s’en prévaloir dans les litiges de garde d’enfant dans beaucoup d’états des USA, et de provinces du Canada.
baser sur cette prétendue théorie une proposition de loi serait une supercherie.

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Eric 19 février 2013 - 11:02

« il n’existe pas de « lobby féministe », car les femmes n’ont ni pouvoir , ni argent »

Lol

Tu ne connais pas le Lobby européen des femmes ?

http://www.womenlobby.org/?lang=fr

Si des centaines, ou même des milliers, de textes de lois d’inspiration féministe ont été votés depuis un demi-siècle dans les pays occidentaux, il faut bien supposer que les femmes disposent d’un certain pouvoir non ?

A commencer par le droit de vote et la majorité absolue dans la totalité des suffrages.

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Lili 19 février 2013 - 11:03

« Seb. »
Je ne comprend pas la nuance que vous cherchez à introduire.

La nuance c’est que le congé de paternité ne vise pas à rendre les hommes moins compétitifs. Il vise à rendre les femmes plus compétitives en donnant aux hommes, enfin, le droit à être aussi des pères et pas seulement des travailleurs.

Le congé maternité et paternité n’est pas un handicap, c’est la vie. Les entreprises qui disent cela sont des entreprises qui refusent de voir leurs salariés comme des humains et les réduisent à de la ressource au même titre que les matières premières.

Le congé maternité obligé ces entreprises à se confronter à l’humanité de leur personnel. Résultant, les hommes n’ont pas cette reconnaissance. Et les femmes sont discriminées.

Le congé paternité obligatoire, c’est le droit du père à être vu comme humain et le rappel à certaines entreprises d’une réalité qu’elles refusent de voir : la ressource humaine est humaine avant d’être ressource. Les hommes sont aussi des humains : pères, citoyens, malades parfois, fatigués, déprimés, ou heureux et donc la tête et l’emploi du temps ailleurs qu’au boulot.

Donc le but n’est pas de rendre les hommes « moins compétitifs » mais bien de rendre les femmes plus compétitives en instaurant l’égalité homme-femme dans le droit à une vie familiale.

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Lili 19 février 2013 - 11:10

« isabelle germain »
Il ne s’agit pas, dans cet article de jeter la pierre aux pères. On a tous dans notre entourage des mères manipulatrices, des mères honnêtes, des pères démissionnaires et des pères impliqués… Il s’agit de dire que la victimisation des pères est démesurée. Même SVP papa dit que celui qui ne veut pas descendre de la grue passe pour un forcené. Les stat montrent que les cas de papas privés de leurs enfants sans raison valable autre que les stéréotypes véhiculés par certains juges sont réels mais ils sont rares. La réaction des médias qui pleurent sur les gentils papas et les méchants juges est disproportionnée.

Merci pour la précision intéressante.
Maintenant je me demande (question ouverte) jusqu’au les stéréotypes ne poussent pas les pères (et surtout les avocats) à renoncer à demander la garde partagée au motif que « LA juge ne l’accorde jamais », ou simplement le père ne se sentant pas légitime et/ou compétent pour accueillir ses enfants seul. C’est un cercle vicieux, puisque c’est effectivement le résultat d’une moindre implication dans leurs soins lors de la vie de couple.
Dans un monde où la moitié des couples divorce, 83 % de garde confiée à la mère, c’est quand même beaucoup.

Du reste quand je vois la vie de certaines mères célibataires dont l’ex n’a effectivement pas demandé la garde, j’en viens à me dire que le juge aurait du la leur imposer, ou que la mère aurait du aussi ne pas la demander histoire de mettre le père devant sa responsabilité.

D’ailleurs, que se passe-t-il si ni le père ni la mère ne demande la garde ? Le témoignage de Jeanne est éloquent.

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hic 19 février 2013 - 13:26

« Lili »

Le congé paternité obligatoire, c’est le droit du père à être vu comme humain et le rappel à certaines entreprises d’une réalité qu’elles refusent de voir : la ressource humaine est humaine avant d’être ressource. Les hommes sont aussi des humains : pères, citoyens, malades parfois, fatigués, déprimés, ou heureux et donc la tête et l’emploi du temps ailleurs qu’au boulot.

très juste.
Et puis il faudrait savoir; d’un coté, « on » se plaint que les pauvres pères n’ont pas la garde, mais lorsque l’on leur propose de s’impliquer plus dès le départ, « on » chouine parce qu’on a peur pour leur salaire.
Ce que je vois, c’est d’abord une affaire de sous, ou comment être gagnant à chaque fois;
en ne payant pas de pension alimentaire d’un coté, et en étant sûr de bénéficier de la discrimination des femmes et donc d’avoir plus de salaire de l’autre coté. Je parle des positions politiques de ce type d’association, bien sûr, et non de la totalité des pères qui peuvent être de bonne volonté, évidemment.
Pour moi, ce n’est pas un hasard si ces associations ne militent pas pour la création d’un congé de paternité, en tout cas.

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Eric 19 février 2013 - 14:30

Il ne faut pas confondre droit et devoir. Si le congé parental du père devient obligatoire, ce n’est plus un droit, c’est un devoir. Un droit est optionnel, par définition.

Les contorsions rhétoriques pour tenter d’en faire un « droit » sont ridicules. C’est comme si un général cherchait à vendre le service militaire à ses bleus comme un « droit » à prendre part à la défense de son pays (et à cirer les bottes du général).

Des droits pour les femmes, des devoirs pour les hommes. Un bon résumé du féminisme.

Je ne suis pas sûr qu’on puisse trouver dans toute l’histoire du féminisme un seul exemple d’engagement en faveur d’un droit dont auraient profité les hommes tout particulièrement. Là comme ça, rien ne me vient à l’esprit.

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Co 19 février 2013 - 16:50

Si certains hommes veulent batailler, qu’ils bataillent sur prendre leur congé de paternité et qu’ils le prennent (90% ne prennent que quelques jours, en toute « égalité »)! Dès la naissance, qu’ils équilibrent les rôles, ensuite, la garde partagé en cas de divorce viendra naturellement. Mais faire les choses à l’envers est suspect: serait-ce que payer la pension et la moitié du crédit est… désagréable… Et ce victimisme de ceux qui ne veulent que des droits et aucun devoir…es difficile à défendre…

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Seb. 19 février 2013 - 18:35

Je l’ai lu à plusieurs reprises, ici même d’ailleurs, l’idée est bien de rendre les hommes moins compétitifs.

Contrairement aux mères, les pères n’ont aucune obligation physique, physiologique, qui les contraint à s’arrêter de travailler, ils n’accouchent pas, et quand le choix est fait d’allaiter ce n’est pas les pères qui vont pouvoir s’en charger. Après on peut effectivement voir s’il ne serait pas pertinent que les femmes aient un congé plus court et mieux rémunéré. Par ailleurs, rendre obligatoire et plus long le congé paternel va avoir un coût économique, c’est peut être de l’argent qu’il serait plus intéressant d’utiliser pour subventionner des crèches.

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Seb. 19 février 2013 - 18:48

C’est quoi cette prise d’otage ? Il y a tout de même une nuance entre un texte qui prévoit une mesure rigide qui ne sera pas nécessairement adaptée à la pluralité des situations, et une mesure qui demande seulement à ce que le juge se prononce sur la question de la garde partagée et qui pourra ensuite la prononcer ou non.

Par ailleurs, la répartition des rôles que vous dénoncez est parfois un choix du couple. Après la séparation, celui qui se sera investit dans le travail verra ses efforts distribués, en revanche il ne pourra voir ses enfants qu’un week-end sur deux et risque de peu à peu de perdre le contact avec ses enfants, surtout si l’autre ne facilite pas les choses.

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Lili 20 février 2013 - 09:24

« Seb. »
Je l’ai lu à plusieurs reprises, ici même d’ailleurs, l’idée est bien de rendre les hommes moins compétitifs.

Contrairement aux mères, les pères n’ont aucune obligation physique, physiologique, qui les contraint à s’arrêter de travailler, ils n’accouchent pas, et quand le choix est fait d’allaiter ce n’est pas les pères qui vont pouvoir s’en charger.

Les femmes non plus n’ont pas d’obligation de s’arrêter de travailler, d’ailleurs dans la plupart des pays du monde (des sous-développés aux US) elles ne s’arrêtent pas, ou alors une semaine, c’est à dire un temps qu’on peut prendre sur ses congés payés. Les femmes qui sont en libéral ou entrepreneuses non plus ne s’arrêtent pas vraiment. Le biberon existe.

Par ailleurs les pères subissent aussi les nuits blanches, les pleurs, et les premiers mois après la naissance sont durs.
Le congé maternité et parental, c’est un choix social né de la reconnaissance de la venue d’enfants comme un bienfait, du souci de permettre aux femmes de se reposer afin de réduire un risque médical, et de l’importance de créer un lien parents-enfants. Ce même souci de reconnaître la paternité comme bienfait, de permettre aux hommes de créer le lien avec leur enfant, de l’égalité dans le couple, et de réduire les accidents du travail et de la route des pères épuisés par les nuits blanches jouent en faveur du choix social du congé paternité.

Le rendre obligatoire n’est qu’un moyen rendu hélas nécessaire par la discrimination sauvage des entreprises envers tout homme qui prétend ne pas se vouer corps et âme à son boulot.

« Le vendre » comme antidiscriminatoire pour les femmes c’est utile mais personnellement je regrette qu’on utilise cet argument qui dénature complètement le congé de paternité.

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Seb. 20 février 2013 - 12:57

Toute les femmes ne sont pas capables de travailler jusqu’au terme, ne sont pas en mesure de reprendre le travail juste après l’acouchement. En cela, il y a au moins une partie du congé qui est indispensable à certaines femmes. Ensuite effectivement le choix du biberon ou de l’allaitement relève d’un choix qui s’exerce au regard de contraintes variables.

Le congé paternité a été « vendu » et défendu comme visant à rendre les hommes moins compétitifs. Il est d’ailleurs contenu dans une loi sur l’égalité professionnelle, pas dans une loi sur l’égalité familiale. Cela se resent dans l’esprit du texte, on ne propose pas d’incitation mais d’imposer une disposition qui ne sera pas nécessairement approprié à toutes les situations. Vu la manière dont le texte est pensé, je trouve qu’il y a une certaine audace à l’opposer à ceux qui réclament plus d’équité dans l’attribution des gardes d’enfant après divorce. C’est une proposition purement idéologique qui des variables du terrain. On nous dit les pères n’en veulent pas, donc il faut l’imposer. D’un point de vue démocratique on a vu mieux. On ne s’intéresse pas au coût de cette mesure et de savoir si on ne pourrait pas favoriser davantage l’égalité professionnelle pour le même prix.

(à suivre)

Répondre
Seb. 20 février 2013 - 12:58

Ensuite, on dit au père vous ne voulez pas prendre de congé paternelle, donc ne vous plaignez pas si vous n’avez pas la garde. C’est quoi cet esprit revanchard ? Et qu’est-ce permet de dire que ceux qui ne prennent pas ou ne veulent pas du congé sont les mêmes que ceux réclament la garde ? Et l’intérêt de l’enfant dans l’histoire ? N’est-il pas préférable qu’il conserve le lien avec ses deux parents ? Et les deux parents s’ils ne contribuent pas nécessairement de la même manière aux besoins de la famille, ils y contribuent généralement tous les deux. Au moment de la séparation, qui oserait dire à celui qui s’est occupé des enfants, « vous n’avez pas gagné d’argent, donc n’espérez pas une prestation compensatoire pour vous et une pension alimentaire pour vos enfants ».

Répondre
Lili 20 février 2013 - 15:30

« Seb. »
En cela, il y a au moins une partie du congé qui est indispensable à certaines femmes…. (1)

« On nous dit les pères n’en veulent pas, donc il faut l’imposer. » (2)

« D’un point de vue démocratique on a vu mieux. On ne s’intéresse pas au coût de cette mesure et de savoir si on ne pourrait pas favoriser davantage l’égalité professionnelle pour le même prix. » (3)

« c’est quoi cet esprit revanchard? » (4)

1) Oui, tout comme le congé paternité a été indispensable à certains hommes (dont mon frère) pour faire face à la fatigue des nuits blanches et de l’adaptation à l’agrandissement de la famille.

2) Non. Ce qu’on dit, c’est que les entreprises n’en veulent pas, alors il faut l’imposer pour que les pères, qui en veulent, puissent vraiment le prendre.

3)La question est celle du coût de la non-présence des pères auprès des enfants pour cause « d’obligation professionnelle », et de savoir si on ne pourrait pas davantage favoriser l’égalité familiale.

D’accord avec vous sur le fait que j’aurais préféré que cette mesure figure dans une loi sur la famille et non sur l’égalité professionnelle du reste.

(à suivre aussi)

Répondre
Lili 20 février 2013 - 15:40

4) il y a une part de « revanchard », et j’aurais tendance à dire aux femmes (hors cas de violence) « laisse donc ton ex gérer sa part de galère de parent solo, te fais pas avoir par la garde alternée ».

Mais aussi une part de logique. Un homme qui s’est peu occupé de ses enfants avant séparation et affirme s’en occuper beaucoup après, c’est un pari risqué, surtout quand la faible implication familiale de l’homme est une des raisons de la demande de divorce.

Vu le très faible nombre de ceux qui prennent un congé parental, la probabilité qu’ils figurent parmi ceux qui demandent la garde est énorme.

Quant à l’intérêt de l’enfant, c’est sympa de s’en occuper au moment du divorce. Mais pourquoi l’avoir négligé avant? Oui il est préférable que l’enfant garde le lien avec ses deux parents. Tout comme il est préférable qu’il soit pris en charge par ses deux parents lorsqu’ils sont ensemble. Là encore, soyons cohérents. Laisser sa femme faire tout le boulot tant qu’elle est là et ensuite revendiquer un droit de garde, c’est au minimum de l’hypocrisie, même s’il est vrai que certains pères vivent un tel électrochoc lors du divorce que leur investissement parental peut changer.

« Au moment de la séparation, qui oserait dire à celui qui s’est occupé des enfants, « vous n’avez pas gagné d’argent, donc n’espérez pas une prestation compensatoire pour vous et une pension alimentaire pour vos enfants ». »
Ben personne ne le dit, mais c’est bien ce qui se passe. La mère solo voit son niveau de vie baisser, ses difficultés logistiques, matérielles et professionnelles augmenter, et dans 40% des cas la prestation annoncée n’existe plus.

Je crois que les hommes sont victimes de stéréotypes, tout le temps. Mais que le divorce est le moment où ça se matérialise pour eux. Alors vivent les papas impliqués avant et après la séparation. (et merci pour l’échange)

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09 Aziza 21 février 2013 - 09:58

@ eric: les femmes ne disposent que du pouvoir de la rue…si des lois ont été votées, ce n’est pas à cause de nos moyens financiers, mais du courage de toutes celles qui ont battu la semelle pour faire valoir les revendications des femmes pour leur dignité. Ma grand’mère s’est enchaînée avec d’autres aux grilles du Palais Royal pour obtenir le droit de vote; et pour que l’IVG soit légalisée, nous avons manifesté, écrit, pétitionné…Les femmes commencent depuis quelques années à s’organiser au plan international, et c’est tant mieux. on peut citer « Femmes pour la Paix ». Mais le pouvoir économique et politique demeure aux mains des hommes: 10% de femmes chefs d’entreprise, 20% à l’Assemblée Nationale…

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luce44 26 février 2013 - 18:21

Les lois qui sont votées pour assurer l’égalité entre les femmes et les hommes vous semblent-elles injustes ?
Il est temps de rétablir un équilibre après des millénaires de domination patriarcale dans toutes les civilisations. Les hommes comme les femmes profiteront du changement vers une société où les relations entre femmes et hommes seraient équilibrées et non plus issues de représentations et structures sociales construites au paléolithique (cf F. Héritier).

Les femmes ont dû attendre de 1789 à 1945 pour avoir le droit de voter (alors que l’on parlait de suffrage universel), cela vous semble-t-il injustifié qu’elles s’organisent dans leur lutte pour l’égalité ? Pendant la guerre de 14-18, elles ont fait tourner l’économie, mais ensuite on les a priées de retourner dans leur foyer et les hommes politiques français leur ont refusé tout droit de citoyenne contrairement à la plupart des pays occidentaux, croyez vous que cela était juste ?
Il est normal que les femmes, « pas un lobby » même si le LEF s’intitule ainsi, mais la moitié de la population, s’organise pour faire aboutir ses demandes légitimes. Mais vous voyez le temps que cela prend : « à travail égal, salaire égal » était déjà inscrit dans en 1945, et malgré plusieurs lois, il y a toujours 25% de différence de salaire (en moins pour les femmes).

« Eric »
« il n’existe pas de « lobby féministe », car les femmes n’ont ni pouvoir , ni argent »

Lol

Tu ne connais pas le Lobby européen des femmes ?

http://www.womenlobby.org/?lang=fr

Si des centaines, ou même des milliers, de textes de lois d’inspiration féministe ont été votés depuis un demi-siècle dans les pays occidentaux, il faut bien supposer que les femmes disposent d’un certain pouvoir non ?

A commencer par le droit de vote et la majorité absolue dans la totalité des suffrages.

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luce44 26 février 2013 - 18:25

Tout à fait d’accord avec vous. Je n’ai rein vue sur One billion rising dans les média grand public.
Quel traitement discriminatoire et pourtant c’était aussi sensationnel et international.

« lirelle »
« Ce qui est « étonnant » aussi, c’est la différence de traitement médiatique entre un évenement féministe mondial tel que 1 billion rising pour lutter contre les violences faites aux femmes, évènement quasi absent des médias, et une action de deux trois tondus qui grimpent en haut d’une grue, qui se retrouvent en tête de gondole. Ça pose bcp de questions sur le champ médiatique. »

il faut le dire et le redire haut et fort. Ce choix déterminé des médias est tout à fait révéléteur.

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