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Le patriarche gardien du patriarcat

par La rédaction

Pour le patriarche Kirill, chef de l’Église orthodoxe russe, l’homme doit travailler et la femme s’occuper du foyer.


 

En quatre phrases, tout est dit. Le chef de l’Église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, revendique et définit le patriarcat en des termes on ne peut plus clairs. « Je trouve très dangereux ce phénomène appelé féminisme, parce que les organisations qui s’en réclament vantent une pseudo-liberté pour les femmes, qui devrait se manifester en premier lieu en dehors du mariage et en dehors de la famille », a déclaré le patriarche mardi 9 avril lors d’une rencontre avec une organisation féminine orthodoxe, selon des propos rapportés par l’agence russe Interfax.

Et de donner sa vision des rôles différenciés des hommes et des femmes : « L’homme s’occupe à l’extérieur, il doit travailler, gagner de l’argent. Alors qu’une femme, elle, reste à l’intérieur à s’occuper de ses enfants, de son foyer. Si l’on anéantit ce rôle exceptionnellement important de la femme, la conséquence c’est que tout s’écroulera – la famille, la patrie ».

Le patriarche Kirill est depuis longtemps déjà dans le viseur des féministes ukrainiennes que sont les Femen. L’Ukraine étant, comme la Russie, une terre orthodoxe. En juillet 2012, pendant le procès des Pussy Riot, jugées pour un happening féministe et anti-religieux dans une église de Moscou, une militante de Femen s’était jetée sur lui, seins nus, à l’aéroport de Kiev.FemenWar1_h150

Fin août, à l’issue du procès de Moscou qui a abouti à la condamnation de 3 membres des Pussy Riot, les activistes de Femen déclaraient la « guerre sainte », tronçonneuse à la main, au chef de l’Église orthodoxe et au président russe Vladimir Poutine, dont il est proche (Voir : Après les guitares de Pussy Riot, la tronçonneuse de Femen).

 

 

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jmenj 1 octobre 2013 - 08:17

Des articles de journaux ont relayé le fait que Nadejda Tolokonnikova, l’une des militantes incarcérées du groupe russe Pussy Riot, a annoncé, le 23 septembre 2013, qu’elle débutait une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention dans le camp de travaux forcés où elle est emprisonnée.
Elle purge sa peine dans la colonie pénitentiaire n°14 en Mordovie, devenue récemment la nouvelle nation fiscale de Gérard Depardieu, à 300 km au sud-est de Moscou. Le pays est rempli de « camps de rééducation par le travail » qui rappellent un peu les conditions de détention des goulags.
Selon le témoignage de la militante de Pussy Riot, dans le camp, les détenues sont forcées de travailler quotidiennement jusqu’à dix-sept heures pour coudre des uniformes de police, au rythme de 150 pièces par jour. « On a les mains piquées par les aiguilles et pleines d’éraflures, le sang se répand sur la table de travail, mais on continue à coudre », écrit-elle. Les détenues ont droit à moins de quatre heures de sommeil par nuit et jouissent d’un jour de repos toutes les six semaines. Les punitions sont cruelles et dégradantes. Ainsi, il est fréquent de laisser les détenues des heures à l’extérieur dans le froid, de les empêcher de se laver, d’aller aux toilettes, de boire et de manger. « Dans la 2e brigade, celle des invalides et des retraitées, il y a une femme qui a dû se faire amputer d’une jambe et de plusieurs doigts de la main parce qu’elle avait été trop longtemps punie dehors », écrit Nadejda Tolokonnikova.
« Il y a un an, juste avant mon arrivée, une jeune Tsigane de la 3e brigade a été battue à mort. Elle est morte à l’infirmerie.
J’espère voir aussi bientôt un article dans Nouvellesnews sur le sujet de cet enfermement dans un camp de travaux forcés, concernant les pussy riot, ou plus généralement.
Moi qui croyait que les camps étaient une spécialité du XXe siècle…

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