L’Académie française réfute l’écriture inclusive qui mettrait en « péril mortel » la langue de Molière. Mazette !
L’Académie française a réagi officiellement à « l’écriture inclusive ». Son opposition était prévisible. La vénérable institution nie le féminin en son sein au point de demander aux académiciennes de s’appeler, entre elles, « cher confrère ». Elle a bataillé avec la dernière énergie dans les années 1990 contre la féminisation des titres et noms de métiers – seulement ceux qui tutoient les sommets… les métiers comme ouvrière ou secrétaire étaient déjà féminisés. La seule exception notable à la règle du masculin a été faite de façon alambiquée il y a trois ans. (Voir “Madame la présidente” : l’Académie française donne raison à Sandrine Mazetier)
La vénérable institution donc, ne pouvait pas admettre que des militant·e·s de l’égalité des sexes, comme le Haut Conseil à l’Égalité, puissent vouloir revenir sur une règle imposée par des grammairiens au XVIIè siècle : celle qui décrète que le masculin l’emporte sur le féminin. Une règle qui n’avait pas cours auparavant sans que la langue française n’ait agonisé.
Mais au XXIème siècle « l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde » contre l’écriture inclusive. Et même, elle « lance un cri d’alarme ». Voici ce cri : « Devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. » Pourquoi ? Parce que cette écriture rend plus complexe l’écriture de la langue, ce qui n’est pas faux.
Mais aucune piste n’est donnée pour inclure le féminin de façon plus simple. « On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs », explique-t-elle dans une déclaration affirmant qu’elle s’exprime plus en « garante de l’avenir », qu’en « gardienne de la norme ».
Et ce n’est pas tout selon les hommes (et la poignée de femmes) en vert du Quai Conti : non seulement nos enfants ne sauront plus apprendre la langue française mais c’est toute la francophonie qui est menacée par « ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète. »
Sont-ce des arguments convaincants ? Probablement pas pour les militant.e.s de l’écriture inclusive comme l’universitaire Eliane Viennot. Celle qui a récemment coordonné l’ouvrage « L’Académie contre la langue française », analyse des trois siècles et demi de lutte de l’institution pour masculinier le français, voit dans la plupart des réactions épidermiques contre l’écriture inclusive une levée de bouclier de la part de personnes qui « n’acceptent toujours pas l’idée qu’on avance vers l’égalité des sexes » (Voir Contre l’écriture inclusive, une “violence significative”).
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