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Le sexe de la ville, question politique

par Isabelle Germain

Isabelle Germain 150Eclairer la face cachée de l’information, de la politique, de l’économie, du sport, c’est la vocation des Nouvelles NEWS. En posant la question du sexe de la ville le 7 mars à l’Hôtel de Ville de Paris, nous voulons faire un état des lieux : les politiques publiques se soucient-elles d’égalité entre hommes et femmes ?

Lorsque la ville de Vienne en Autriche a voulu revoir sa politique de transports de façon égalitaire, elle a fait remplir un questionnaire à ses administrés.

Programme et inscription au colloque du 7 mars
« Le sexe de la ville »

En quelques minutes les hommes avaient répondu. Les femmes écrivaient toujours une demi-heure après. Pour eux, en majorité, les transports quotidiens se limitaient à l’aller-retour au travail. Pour elles : accompagner un enfant à l’école puis un autre à la crèche, aller au travail. A midi faire des courses pour une tante handicapée, retourner au travail, puis le soir accompagner les enfants, faire des courses…

Ces réponses mettaient en évidence, outre l’inégale répartition des rôles sociaux de sexe, le fait que, la table du pouvoir étant occupée par des hommes, la politique de la ville était pensée pour eux.

A qui profitent les décisions prises en conseil municipal ? Pourquoi la plupart des grandes installations sportives bénéficient-elles en priorité aux garçons et aux hommes ? Les transports sont-ils aménagés pour les hommes et pour les femmes ? Quid de la sécurité ? Que révèlent le « gender budgeting » et le « gender mainstreaming » ?

Depuis plus de cinq ans, notre journal en ligne Les Nouvelles NEWS traite l’information à travers le prisme de l’égalité des sexes. Nos colloques veulent mettre au cœur du débat public des sujets qui ont des conséquences sur l’égalité femmes/hommes. Nous avons évoqué « le sexe des médias » puis « le sexe de l’économie ».

Aujourd’hui, « le sexe de la ville ». Ces questions sont délicates. Il faut prendre acte d’une réalité : certaines activités comme les soins aux enfants ou le ravitaillement des foyers sont entre les mains des femmes, d’autres comme les loisirs sportifs sont plus souvent le fait des hommes. Mais attention à ne pas mettre en place des politiques qui conforteraient ces inégalités. Pas question par exemple de se contenter de consacrer un euro à la danse à chaque fois qu’on met un euro pour le foot. L’enjeu est, au contraire, d’inventer des politiques qui permettent de s’épanouir dans sa ville en fonction de ses goûts, de ses envies de ses engagements professionnels et non en fonction de son sexe… De telles politiques existent. Des chartes et labels européens encouragent les villes à aller plus loin. En quoi consistent-ils ? Comment les démultiplier ? Ce sera l’objet du colloque.

Le programme du colloque

 

 

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6 commentaires

6 commentaires

Lirelle 18 février 2015 - 09:35

je ne comprends pas « Pas question par exemple de consacrer un euro à la danse à chaque fois qu’on met un euro pour le foot. » : et POURQUOI PAS ? Je veux dire pourquoi pas soutenir la danse autant que le foot ? !!! parce que la danse c’est féminin ? et alors ? C’est finalement pénaliser un sport ou un art, la danse… qui peut promouvoir au moins autant de valeurs que le foot dont les supporters se montrent assez souvent sexistes et racistes, non ? …

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HEBE 18 février 2015 - 11:01

D’accord avec Lirelle : Pourquoi ce sort particulier à la danse ? Serait-elle connotée féminine (une de ces activités « où les hommes ne se sentent pas bienvenus » ?) et pour ce infériorisée, même ici ? Qu’on donne des moyens équivalents à tous les sports et activités, et ensuite, chacune et chacun choisira « en fonction de ses goûts, de ses envies de ses engagements professionnels et non en fonction de son sexe… » ! Ceci dit, belle initiative que ce colloque ! Habitant en Martinique, à 7ooo km, je ne pourrai malheureusement pas y participer, mais je suis très intéressée à recevoir le maximum de documents à ce sujet pour la jeune association féministe « Culture Égalité » que je co-anime. Bravo et bon succès ! Huguette Bellemare

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isabelle germain 18 février 2015 - 11:24

je me suis mal exprimée, je vais songer à revoir ma copie. Je voulais dire que si on compense le sur financement du foot, qui bénéficie essentiellement aux hommes et aux garçons, par un financement de la danse qui est majoritairement pratiquée par les filles, on entretient les stéréotypes. Si dans le même temps on encourage les garçons à faire de la danse et les filles à faire du foot, on est mixte. SI on apprend aux garçons que la cour de récré n’est pas leur domaine pour jouer au foot et qu’ils doivent laisser aussi la place aux filles. Si on apprend aux filles et aux garçons que les skate parcs, financés par les municipalités, ne sont pas réservés aux garçons…

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Meg 19 février 2015 - 10:25

Les hommes font deja de la danse, le hip hop se dense en rue et ils trouvent meme le moyen de faire des battle.
En bas de chez moi il y a une place. Tous les jours elle est occuper par des pépés toujours que des hommes qui jouent a la pétanque a grand renfort de cris tels que  » oh putain d’enculé. Je t’ai niquer. » Je réfléchit souvent à ce qui pourrait convenir comme activité féminine pour prendre cette place. Qu’est ce que les femmes voudraient faire comme activité en rue ? De la danse ? Je suis certaine que les pépés de la pétanque y viendrait au speçtacle pour commenter le physique des sportives. Meme faire du jogging Ca souleve des remarques misogynes alors une activité sédentaire je ne voie pas. Pour les skatepark ils sont deja mixtes meme si tres peu de femmes y vont, les institution vous dirons que les filles sont bienvenu.
Deja a la piscine a midi il y a le cours d’aquaculture, Ca dure 45mins dans le petit bain et il n’y a que des femmes qui en font (c’est pourtant mixte) et les hommes qui ont pourtant tout le reste de la piscine font exprès de passer au milieu, soupirent, restent à regarder et commenter méchamment et tout cela n’est même pas dans la rue alors je ne voie pas trop de solution pour que les femmes ne subissent pas de harcèlement dans les espaces publiques. Et c’est pas en déclarant que les skatepark sont mixte qu’on y arrivera. Peut être qu’il faudrait que les hackeurs aient des problèmes lorsqu’ils harcèlent parceque pour l’instant c’est un délit totalement impunit.

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lirelle 3 mars 2015 - 11:57

je pense qu’apprendre aux garçons ou aux filles… ok mais il y a la loi du nombre, les habitudes et conditionnements. Pour les enfants et les jeunes, il faut pour que ça marche que ça soit organisé via des clubs, ça peut être des ateliers le soir dans les écoles, ou les mercredis après midi dans les centres de loisirs, pendant les vacances dans les stades. Il faut une présence d’adultes motivés pour veiller à cela, sinon ça ne fonctionne pas. La danse charrie des valeurs autrement plus positives et sympathiques que le foot…
On aligne tout sur les garçons et la violence…
Enorme problème concernant le sport à Paris : la natation, les grèves dans les piscines, les piscines parisiennes bondées qui détournent les nageurs et nageuses sportives. Piscines « colonisées » par l’aquagym (certes sympathique mais ne servant pas à grand chose sportivement parlant)… il faudrait construire des bassins école qui serviraient à la fois l’aquagym, l’apprentissage de la natation par les écoles, les cours de mobilité pour les personnes âgées… etc. MAIS… ça coûte des sous. Je parle de la question car elle est brûlante actuellement au niveau Mairie de Paris. Plus d’infos sur le site nageurs.com http://www.nageurs.com/forum/forum_piscines_paris
La natation est par excellence une activité très MIXTE et vraiment valable pour la santé. Oui dans les piscines il y a des hommes et des femmes…
Ce que je trouve très bien, c’est ce qui est fait pour la course à pied, il y a plein de petites courses d’organisées… et les femmes sont nombreuses à pratiquer… Je suppose qu’il y a des intérêts financiers (sponsors…) Je crois que sans intérêt financier, l’égalité ne va pas marcher… il n’y a que l’argent pour les inciter. Ex / l’aquagym dans les piscines, ça s’est beaucoup développé, ben oui mais en plus du prix du billet d’entrée en piscine, il y a le prix du cours d’aquagym… multiplié par le nombre de participantES (en général que des femmes…)

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lemarchal dominique 6 mars 2015 - 13:40

Parce que j’ai été violée par un violeur en série dans l’espace public, j’ai intériorisé la per de sortir seule sauf autour de chez moi. Jamais je n’irai courir seule à la campagne, jamais je ne m’installerai seule au soleil sur les rives de la lire pour profiter du calme. Je ne vais plus dans les parkings souterrains et préfère les PV.
LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE: Pourquoi une telle partie de l’espace public est-elle de facto interdite aux femmes. Dans certains pays anglophones il y avait des opérations « reclaim the night ». Je souhaite que nous récupérions un usage véritablement égalitaire de l’espace public et que les éducateurs de rue ne s’occupent pas que des garçons.

Mon rêve récupérer les 29 février pour communiquer sur le partage de l’espace public y compris médiatique. Une journée les Femmes reprennent leur part de l’espace public une fois tous les quatre, cela pourrait être magnifique et on a du rattrapage à faire.

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