Accueil International L’égalité des sexes s’invite dans la lutte contre la pandémie en Tunisie et au Maroc.

L’égalité des sexes s’invite dans la lutte contre la pandémie en Tunisie et au Maroc.

par Camille Saint-Cricq

En Tunisie, les mères de famille refusent le confinement sexué. Au Maroc, une campagne d’ONU femmes veut favoriser l’implication des hommes au foyer.

En Tunisie, le déconfinement a commencé ce lundi 4 mai. Mais samedi, dans le Journal officiel, le gouvernement prévoyait que devaient rester confinées « les retraités de plus de 65 ans », les personnes atteintes de maladies chroniques ainsi que les femmes enceintes et… « les mères dont l’âge des enfants ne dépasse pas 15 ans ».

Ce dernier point a déclenché un tollé. « Cette exception outrageante traduit la vision machiste et patriarcale des rôles et des attributs sociaux de sexe qui fait porter aux seules femmes la responsabilité des enfants », ont dénoncé dimanche plusieurs associations de défense des droits des femmes dans un communiqué commun. Elles ont rappelé haut et fort que l’égalité des sexes est inscrite dans la Constitution tunisienne adoptée en 2014, après le Printemps arabe. (Voir : Egalité, parité, dans la constitution tunisienne)

Alors le gouvernement a obtempéré. Dès le lendemain il a publié un communiqué sur les réseaux sociaux, évoquant une « erreur dans la rédaction finale du texte » et indiqué que celui-ci serait amendé et une nouvelle version publiée au Journal Officiel. Les femmes représentent officiellement environ 30 % de la population active en Tunisie, selon l’Institut national de la Statistique, un chiffre sous-évalué selon certaines associations.

« Parce que je suis un homme »

Quelques semaines avant, au Maroc, ONU Femmes avait lancé la campagne « Hit Ana Rajel » (Parce que je suis un homme) pour sensibiliser à l’égalité des sexes et au partage des tâches au foyer pendant le confinement. « ONU Femmes appelle les hommes marocains à s’engager davantage au sein de leur foyer durant cette période difficile en assumant leur part des tâches ménagères et en s’impliquant dans l’éducation et les soins des enfants », indiquait l’ONU dans un communiqué. La campagne intitulée   « Hit Ana Rajel », se décline en plusieurs courtes vidéos diffusées sur la chaîne nationale 2M et sur les réseaux sociaux d’ONU Femmes et de 2M depuis le 18 avril. On y voit des pères de différents milieux sociaux impliqués dans les tâches du foyer ou des hommes en cuisine invitant tous les hommes à faire comme eux pendant cette crise.  

 « Le confinement peut créer une opportunité pour que les hommes démontrent une implication plus active et équitable dans le milieu familial, par leur participation aux tâches domestiques et à la garde et l’éducation des enfants », espère le communiqué de l’ONU.

Cette campagne s’inscrit ainsi dans le cadre du programme régional « Hommes et Femmes pour l’égalité des sexes » mis en œuvre par ONU Femmes dans plusieurs pays : Maroc, Liban, Egypte, Jordanie, Palestine, et Tunisie, en partenariat avec l’Agence suédoise de coopération internationale au développement.

#Because_I_am_a_man  Les vidéos sont visibles sur facebook ici

 En 2018, des hommes célèbres du Maroc étaient mis en scène dans une vidéo d’ONU Femmes, dans laquelle ils expliquaient ce que voulait dire pour eux « être un homme 

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