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Les Licenci’elles, toujours en lutte

par La rédaction

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Licenciées par les 3 Suisses, des salariées profitent d’une audience aux prud’hommes, jeudi 7 juin à Roubaix, pour se faire entendre. Nouvelle étape d’un long combat.


Forte présence attendue, jeudi 7 juin à 10h30, devant le tribunal des prud’hommes de Roubaix. C’est là que se tiendra l’audience de conciliation consacrée au licenciement de 70 salariées des 3 Suisses. Ces femmes, qui ont saisi les prud’hommes, font partie des 247 personnes, presque toutes des femmes, licenciées au début de l’année par le groupe de vente par correspondance. En tout, les 3 Suisses ont supprimé 247 emplois – une centaine au siège, et 149 dans 35 magasins partout en France – après avoir décidé en janvier de fermer les boutiques du groupe.

Ces salariées n’étaient pas réunies sur un même site, comme les ouvrières de Lejaby qui ont réussi à se faire entendre et ont obtenu un reclassement au printemps. Elles travaillaient chacune dans des boutiques un peu partout en France. Mais leur licenciement les a soudées. Pour unir leurs forces elles ont créé une association, Licenci’elles, et c’est ainsi qu’elles se font appeler désormais, comme elles l’arborent sur leurs T-shirts rose pétant.Licencielles2

Pertes et profits

Si elles ont saisi les prud’hommes c’est qu’elles s’opposent à un licenciement qu’elles qualifient d’abusif. Le groupe 3 Suisses France souligne qu’il affiche des pertes depuis 2005. Et que la quasi-totalité de ses ventes se fait aujourd’hui sur internet, ce qui rend ses boutiques inadaptées à la situation du marché. Mais le groupe international Otto, qui possède l’enseigne, réalise des profits annuels de l’ordre de 200 millions d’euros, rétorquent les Licenci’elles.

La société 3 Suisses met aussi en avant le plan de sauvegarde de l’emploi des 149 salariés, qui « a fait l’objet de solides et responsables mesures d’accompagnement négociées avec l’ensemble des représentants du personnel de l’entreprise ». Non : les conditions de ce plan sont inacceptables, rétorquent les Licenci’elles.

Soutiens

Tout autant que la décision des prud’hommes, c’est l’ampleur de la mobilisation devant le tribunal, et l’impact médiatique qu’elle aura, que les salariées espèrent déterminants. Sortir du silence, c’est déjà l’objectif qui les animait lors de leur première grande manifestation, le 6 mars devant l’Assemblée nationale. « On a l’impression d’être abandonnées à notre triste sort », témoignait alors Carole, 10 ans de 3 Suisses en région parisienne.

A l’issue de l’audience aux prud’hommes, jeudi 7 juin, elles solliciteront un entretien avec la maire de Lille et première secrétaire du PS, Martine Aubry. D’autres salariés en lutte, comme ceux de Goodyear à Amiens, seront présents à Roubaix pour les soutenir. Elles ont également reçu le soutien d’organisations féministes, comme Osez le Féminisme, qui rappelle que ce combat va bien au-delà de celui de ces quelques battantes : « les licenciées des 3 Suisses viennent grossir les rangs déjà très fournis de chômeuses alimentant ainsi la surreprésentation des femmes parmi les privé-e-s d’emploi. »

Pour aller plus loin :

La page Facebook des Licenci’elles.

Un reportage sur les Licencie’elles et leur apprentissage de la lutte dans le magazine Causette du mois de juin (le début à lire en ligne).

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