Les millions envolés de la non-parité

par La rédaction

L’UMP devra se passer de 3,5 millions d’euros par an pour ne pas avoir respecté la parité. Le PS d’un peu moins d’un million. Et, à l’avenir, les partis qui ne présenteraient pas autant de candidates que de candidats pourraient voir leurs dotations supprimées.


Ces 5 dernières années, en tant que premier parti politique représenté au Parlement, l’UMP avait droit à une dotation annuelle de l’Etat de plus de 34 millions d’euros. Mais voyait cette manne ponctionnée de près de 4 millions au titre de la loi sur la parité en politique, pour n’avoir investi que 26% de candidates aux législatives de 2007 (exemple en 2011).

Désormais minoritaire, l’UMP recevra sous la prochaine législature bien moins de subventions de l’Etat : 25,5 millions par an, selon les calculs du Figaro. Mais entre-temps les sanctions financières pour non-respect de la parité se sont durcies (1). Du coup, la retenue sera quasiment aussi lourde : près de 3,5 millions d’euros, selon nos calculs.

Vainqueur des législatives, le PS disposera désormais de la plus grosse manne de dotations publiques : près de 30 millions d’euros. Sur lesquels seront retenus un peu moins d’un million d’euros au titre de la loi sur la parité.

Aucun progrès en 5 ans

En tous les cas, le durcissement des pénalités financières n’aura pas empêché les grands partis d’ignorer, une fois encore, la parité lors de ces élections. L’UMP n’a fait aucun progrès en 5 ans. Le PS, qui s’était engagé pour la parité, n’a présenté que 45% de candidates. C’est surtout le changement de majorité qui a permis à l’Assemblée nationale de compter aujourd’hui plus de 26% de femmes, contre moins de 19% en 2007.

La situation sera-t-elle différente dans 5 ans ? La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, le rappelle dans un communiqué, lundi 18 juin : « Comme le Président de la République s’y est engagé, la parité sera rendue plus contraignante dans toutes les sphères de l’action publique. En particulier, s’agissant des élections législatives, des mesures seront adoptées pour que, à l’avenir, les dotations de l’Etat aux partis politiques qui ne contribueront pas à la parité dans l’investiture de leurs candidats soient purement et simplement supprimées. » Chiche ?

 


 

(1) Voir les explications de l’Observatoire de la parité

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